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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 09:49

 

La grande leçon de Gérard, le handicapé

 

Je dois partir à Sète, la semaine prochaine

Pour y rencontrer plusieurs amis.

Il y a deux jours, je vais à l’agence de la SNCF

A quelques pas de chez moi.

Les clients sont nombreux et c’est à peine

Si je peux trouver un siège pour patienter.

Sur les panneaux, les numéros défilent à petits pas.

Il me faudra attendre longtemps pour être satisfait.

Chacun raconte sa vie à l’agent qui l’accueille

Sans se soucier de ceux qui doivent lui succéder.

 

Par comble de malchance, plusieurs handicapés,

Qui viennent à peine d’arriver avec leur canne,

Leurs béquilles ou leurs lunettes noires,

Passent en priorité devant tous les autres.

Pleine d’impatience, ma voisine quitte la salle.

De mon côté, je prie le ciel de nous envoyer des gens normaux,

Qui s’inscriront derrière moi, dans la file d’attente.

 

Mon numéro finit par s’afficher
Et je suis convoqué au bureau D.

Mais qu’ai-je fait au bon Dieu ?

C’est un handicapé qui me reçoit.

C’est certain, il va me faire perdre mon temps.

En m’asseyant, je suis à peine aimable.

Pour m’accueillir, l’agent me fait un grand sourire.

« Alors, que puis-je pour vous ? »

Je décline mes souhaits.

« Je vais vous arranger tout ça, vous ne serez pas déçu. »

 

Il se met alors en quatre pour me faire plaisir,

Se démultipliant pour aller plus vite.

Ses doigts se déplacent sur le clavier de l’ordinateur

Comme les doigts d’un artiste sur les touches d’un piano.

Il joue entre TER et TGV, entre réductions normales

Et réductions exceptionnelles.

Chez lui, c’est le client qui est roi.

Non content de réduire mes dépenses

Il réduit aussi mes délais d’attente.

Je ne vois pas le temps passer.
Sans doute cinq minutes au plus

« Vous en aurez pour 31 euros, aller et retour », dit-il,

En me tendant mes deux billets.

J’ai l’impression qu’il me fait un cadeau.

Il sait simplement jouer avec les règles

Pour le bénéfice du client d'abord
Et celui de la SNCF ensuite.

Décidément, Gérard, le handicapé, est un véritable magicien.

Médusé, je le quitte avec un grand sourire

En le remerciant vivement.

Mais déjà, il appelle un autre client.

 

Finalement, c’est moi le plus grand handicapé des deux.

Lui, il sait qu’il est handicapé, il sait qu’il manque.

Or ce handicap et la perception de son manque

Le font passer à un niveau supérieur 

En lui permettant de sauter des marches.

Ils le propulsent vers un plus d’humanité,

Vers un plus de gratuité et de créativité.

Sans autre recherche, il comprend tout naturellement

Le miracle de la multiplication des pains.

Et, dans son cas, ce ne sont pas des pains qu’il multiplie

C’est lui-même qu’il démultiplie pour le bénéfice des autres.

 

En définitive, Gérard me révèle mon handicap profond.

Comme tout homme, je suis un être qui n’est pas fini,

Un être qui manque de soi-même.

Il m’aide à me retrouver et à me trouver,

En faisant le saut du handicap,

C’est-à-dire le saut du manque.

Manque veut dire qu’il me manque une main.

Gérard m’aide à retrouver ma seconde main

Pour être à même de multiplier les pains

Et de me démultiplier moi-même.

Etienne Duval

 

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commentaires

V
Eh bien, riche créativité et surtout une belle source d'infos, merci à vous et continuez de nous enrichir, belle journée à vous
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J
Grand merci pour tes textes si personnels qui me font aussi avancer .
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E
Merci de tes encouragements.
J
Manque veut dire qu’il me manque une main.<br /> Gérard m’aide à retrouver ma main<br /> Pour être à même de multiplier les pains<br /> Et de me démultiplier moi-même.<br /> <br /> En vacances à Cambo les bains, pour voir la maison de tonton, j'approuve ton texte, plus simple, id mieux écrit.<br /> Ma correction renvoie à l'aujourd'hui de Dieu du prieur de Taizé.<br /> Bienn à Toi.<br /> denis
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E
Merci, Denis, pour cet encouragement.
E
REPONSE A MARIE-CLAUDE CHRISTOPHE<br /> <br /> Oui Marie-Claude, l'important est de porter des jugements bienveillants sur les plus jeunes. Sinon les jugements malveillants pourront perturber des existences entières, en créant de véritables handicaps .... D'accord aussi pour l'illettrisme.<br /> Bonne continuation dans ta réflexion.
Répondre
G
En lisant le titre de ton dernier Blog, j'ai eu peur : « Le handicap de Gérard » . Mes handicaps seraient-ils l'objet de ta réflexion ? Ton texte, une fois lu, a du moins été l'objet de la mienne sur quelques uns des miens.<br /> Je vois, dans notre attitude à l'égard du handicap – et des « personnes handicapées » - un cas particulier et significatif de notre rapport à « l'identité ».<br /> Cela, d'abord par expérience personnelle. Je suis, ici, étiqueté, par d'aucuns, « le Breton-qui-joue-de-la cornemuse-dans-les-bois ». Quelques uns aimeraient, sans méchanceté, me réduire à cette caractéristique inoffensive (aux fausses notes près). Ce à quoi je me refuse !<br /> J'ai accroché ici quelques essais de gravures, invité les amis. J'ai une série de têtes, inspirées de pierres ramassées sur le plateau. Les pierres sont immobiles, compactes, comme mortes, vouées à la désagrégation, en tout cas à la permanence, à l'immobilité. De même, me disais-je, l'identité qui est assignée, acceptée, revendiquée : elle devient un enfermement, un motif d'oppositions stériles. Bref : un handicap.<br /> Le hasard de mes aquatintes et des tirages a produit, dans le lot, très fortuitement, une « identité » à la fois nette et floue, susceptible d'une grande quantité de regards, de lectures. Elle a donné lieu à plusieurs interprétations, souvent contradictoires. C'est celle que je préfère.<br /> J'ai trouvé chez Bourdieu, au hasard des lectures, cette remarque : l'identité provient de ce jugement qui dit - sans le dire - à autrui : « Tu n'es qu'un…. » (la suite au choix : arabe, breton, catho, débile, etc.) avec le comportement associé. Puis on y colle une essence sacrée, hors du temps, d'autant plus réductrice. La personne étiquetée est ainsi handicapée, mais peut-être plus encore l'étiqueteur, qui s'interdit de reconnaître en autrui ce qui fait de celui-ci un homme comme les autres (étiqueteur compris) .<br /> Je ne vais pas rabâcher : le culte de « l'identité nationale française » produit volontiers ces attitudes-là. Il y en de bien pires, on le sait, qui produisent des étiqueteurs forcenés et, de ce fait, handicapés profonds.<br /> Je dois nuancer. Identifier permet aussi de distinguer, donc de connaître, de comprendre, voire d'aimer. Il reste que c'est la peur primaire de l'autre et du réel extérieur qui pousse, dès l'enfance, à resserrer les rangs autour d'éléments souvent fantasmés, supposés communs et fondamentaux, protecteurs, dans une « identité » qui sépare, oppose, enferme, exclut. L'âge adulte porte au contraire à une connaissance raisonnable du réel. Je construis alors, dans le temps, ma liberté, autant que possible. C'est elle qui me relie à tout autrui, mon semblable.<br /> Gérard Jaffrédou<br /> 6 septembre 2015
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E
Merci Gérard pour tes réactions souvent très pertinentes. Ici j’ai pris le parti de m’en tenir à l’expérience et de rester dans la simplicité. Cela m’oblige à fonctionner dans le symbolique. Gérard prend alors une sorte de dimension universelle et son cas peut faire réfléchir tout le monde, quel que soit le niveau intellectuel de chacun.<br /> Comme toi, je suis très circonspect par rapport à la notion d’identité, qui voudrait caractériser quelqu’un par un aspect particulier de l’individu (le breton à la cornemuse) . Je préfère la notion de sujet qui renvoie à l’autre et à une histoire personnelle. Dans cette optique, il est bien évident que le sujet ne peut se définir par le handicap, qui est tout à fait accidentel et aléatoire. Mais en un autre sens, il y a, dans le sujet un handicap fondamental : à sa naissance, l’homme est le plus dépourvu de tous les animaux car il n’est pas fini et doit se construire au fil de son histoire en surmontant et en dépassant cette non finition. Et le handicap particulier, pour être dépassé, doit se greffer sur le handicap fondamental, en le réactivant, afin de trouver en lui l’énergie dont le handicapé a besoin pour vivre.
S
salut Etienne, une fois n'est pas coutume mais je voulais te dire que les blogs où tu es impliqué dans ton affect, résonnent pour moi avec plus de force. Tu y es authentique et c'est vrai que le handicap est un sujet qui me tient à coeur. Lorsque j'étais au Québec je passais deux voire trois journées par semaine à l'Atelier FSPN qui recevait en journée des handicapés de tous ordres, certains très atteints. Cela a duré au moins 6 ans. Et je dois dire que j'ai beaucoup reçu de ces gens qui ne rechignaient pas, étaient heureux qu'on s'occupe d'eux et il y avait une ambiance très porteuse pour tout le monde. On en parlera à l'occasion. simone
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E
Merci Simone de tes réactions pleines de vérité parce qu'elles sont aussi soutenues par une profonde et longue expérience. C'est avec plaisir que j'en parlerai de vive voix avec toi. Bien amicalement.
B
Merci pour cette superbe leçon.<br /> amitié<br /> <br /> Brigitte Butruille
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E
Merci pour ce merci ! En fait, c'est Gérard qu'il faudrait surtout remercier.
P
Merci Gérard et Etienne,a bientôt !
Répondre
P
Merci Paule de tes encouragements et à bientôt !
G
Orphelin des mots (parution septembre 2014)<br /> Les mots, c’est toute l’histoire de Gérard Louviot. Chaque semaine, dans la région de Morlaix, cet homme de 46 ans, père de quatre enfants, rejoint une association qui accompagne les illettrés. Il est devenu « fou de mots », dévore le dictionnaire, écrit des poèmes… Gérard n’a pas grandi avec ses parents. Enfant, il a été placé dans une famille d’accueil et s’est retrouvé dans une école spécialisée où, incapable de retenir une leçon, tétanisé par la difficulté, il a connu l’humiliation du bonnet d’âne. Sa vie ne sera alors qu’une suite de tours de passe-passe pour cacher son illettrisme. Il se heurte au monde des autres, les gens normaux qui savent déchiffrer une pancarte, se diriger, vivre et travailler. Il apprend par cœur des centaines de chansons, de Brel, Brassens, Renaud, pour deviner le sens des mots. Jusqu’au jour où son patron lui offre une formation. Gérard a 33 ans. Il apprend enfin à lire et à écrire. Ce bonheur des mots, Gérard Louviot le partage dans ce livre avec une joie et une poésie magnifiques. Un bonheur contagieux. En France, près de 3 millions de personnes sont illettrées, handicap « invisible » qui ferme les portes et marginalise. Grande cause nationale en 2013, la lutte contre l’illettrisme est non seulement un enjeu d’intérêt général mais une question de dignité individuelle.<br /> <br /> Appuyer sur Gérard Louviot
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M
Tu évoques là l'effet contraire à l'effet Pygmalion?<br /> "Enfin, je suis d'accord avec toi, nous ne sommes pas tous égaux par rapport au handicap. Mais il faut faire attention aux jugements qu'on émet. Parfois on dit : ""Qu'est-ce qu'il est intelligent cet enfant !" Quelques années après, on finit par s'apercevoir que son intelligence est devenue très commune. On lui a fait croire qu'il avait une supériorité de nature par rapport aux autres si bien qu'il n'a pas cultivé son intelligence pour la développer."?<br /> <br /> J'ai plutôt eu des exemples d'enfants à qui l'on a fait sentir qu'ils n'arriveraient jamais à rien....et qui ont fabriqué des êtres plus privés de considération que d'autres (si tu appelle çà un handicap) . <br /> Telle, cette personne qui aurait plus de 110 ans maintenant dont l'enfance a été bercée des "doux" termes de "grand, fort et bête!". Sa vie fut une longue lutte inconsciente, il en bégaya toute sa vie, ce fut çà son handicap que personne ne chercha à soulager sinon une instirutrice qui ayant lu les classiques en avait tiré qu'il fallait mettre des cailloux dans la bouche d'un bègue.<br /> Le reste fut créé et entretenu par la société au sein de laquelle il vivait...cette société ambiante vis à vis de cet homme fut elle aussi "grande, forte.... et bête".<br /> <br /> "Il faut" en effet" faire attention au jugements qu'on émet", mais puisqu'il parait que "nous sommes tous fondamentalement handicapés", il y a tant à faire alors déjà pour soi-même.<br /> <br /> A propos de l'ilettrisme on mélange souvent celui qui résulte d'un non apprentissage de la lecture, avec celui qui provient d'une incapacité due à un handicap intrinsèque* à la personne. Et ceux qu'on a aggravé par effet Pygmalion...Si l'enfant ne rencontre ni personnage qualifié, ni techniques de substitution (exemple logiciels de lecture ou autre)<br /> oui on aura une personne illettrée mais selon son environnement culturel aura-t-on pour autant un inculte ? <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Lorsqu'un enfant dysgraphique a la chance de pouvoir écrire (et donc lire) via un clavier, là Oui, on comprend ce qu'est le miracle de la fin du handicap , c'est à dire de la restauration de ce que tu évoque sous le terme de "main manquante".<br /> *********************************************************<br /> *Ce qu'on appelle les dys en tous genre: lexie, praxie, graphie, phonie, orthographie, calculie....
E
Souvent, les meilleurs psychanalystes sont ceux qui ont eu à résoudre personnellement des problèmes psychiques importants.
P
Je connais bien un handicapé, agent à la SNCF qui correspond à la description que tu donnes mais il ne s’appelle pas Gérard !<br /> Amicalement.<br /> <br /> Paul
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E
Gérard est un prénom fictif. Pour le reste, je n'ai rien inventé.<br /> Bien amicalement.
H
Très beau l,’histoire de l’handicapé.
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E
Merci pour ta bienveillance !
E
Je réponds ici au second commentaire de Marie-Claude Christophe. Tout d'abord, le handicap est constitutif de l'homme. L'homme n'est pas fini. Il lui reste à aller jusqu'au bout de ce qu'il est, en tout cas, essayer d'y aller. C'est même ce qui fait sa grandeur par rapport aux autres êtres vivants.D'une certaine façon le handicap fondamental permet à l'homme d'aller au-delà de lui-même et de participer à sa propre création. Sans doute le handicap de l'handicapé est-il d'une autre nature. Mais, en même temps, il va souvent provoquer un sursaut pour être dépassé et développer des compensations. L'élan créateur est toujours là.<br /> En ce qui concerne le livre libérateur, je ne me situais pas par rapport à des problèmes personnels que tu aurais, mais par rapport à l'effet de l'écriture pour libérer sa propre parole intérieure.<br /> Enfin, je suis d'accord avec toi, nous ne sommes pas tous égaux par rapport au handicap. Mais il faut faire attention aux jugements qu'on émet. Parfois on dit : "Qu'est-ce qu'il est intelligent cet enfant !" Quelques années après, on finit par s'apercevoir que son intelligence est devenue très commune. On lui a fait croire qu'il avait une supériorité de nature par rapport aux autres si bien qu'il n'a pas cultivé son intelligence pour la développer..
Répondre
O
Merci à Olivier de référencer, une fois encore cet article dans son blog de blogs.<br /> <br /> Appuyer sur Olivier Schmidt-Chevalier.
Répondre
J
Bonsoir,Etienne,<br /> Je viens de lire ton blog "Gérard, le handicapé". Tu viens de me faire faire une découverte: Manifestement, je suis un handicapé qui s'ignorait jusqu'à ce jour. Je regrette donc de ne pouvoir participer au débat que tu organises. J'espère que beaucoup de tes correspondants vont pouvoir répondre positivement et que toi et eux serez satisfaits.<br /> Amicalement.<br /> J.P.
Répondre
E
Jean, nous sommes tous des handicapés, et c'est ce qui fait notre force lorsque nous l'acceptons, parce que nous sommes propulsés à un autre niveau.
M
J'espère Etienne que tu avais compris depuis longtemps que l'agacement, sinon mal-être que certains<br /> éprouvent devant une personne "porteuse de handicap" (qui est alors titrée de " LE" ceci ou le cela) n'est que reflet intérieur du double miroir<br /> - de la propre projection de la propre personne qui se pose comme "normale" mais qui pourrait ne pas l'être et donc d'une sournoise crainte.<br /> -de sa toute -puissance mise à mal, ressenti à ne savoir que faire pour n'a- voir qu'un monde bien normé, et de la naissance de la peur de l'image de son Un et (m'auto) IM puisance.<br /> <br /> Il existe les mêmes terreurs devant les personnes âgées. Chassez ces vieux que l'on ne saurait voir que de temps à autre et que de bonnes âmes iront assister en fin de vie.<br /> Un monde de case ou de castes? qu'on cherche à effacer sinon nier en mettant en exergue des exploits qui n'en sont pas en réalité.<br /> Tu vois Etienne, j'ai trop vu de gens dont inconsciemment des membres de notre Société-bien-pensante<br /> arrive à en faire des gens plus handicapés encore, soit par déni du handicap (c'est à dire des différentes manières d'aborder le monde pratique), soit par excès d'enthousiasme envers ce que" LE handicapé" peut faire., alors que ce qu'il fait n'a rien a voir avec l'incapacité spécifique à son handicap!<br /> <br /> Ne pas confondre manque et handicap... C'est pourtant ce qu'on est en train de faire, subrepticement, comme amalgame. <br /> <br /> Bien pire que de reconnaitre ses limites face aux limites qu'imposent le handicap brut , il y a la catégorisation , la "normatisation", cette boîte qui risque enferme les gens dans leur handicap, quant elle n'a pas en plus fabriqué "Des handicapés".<br /> <br /> Les limites de l 'ici et maintenant de mon humanité (handicapée ou pas) sont toujours à dépasser, et à laisser dépasser,<br /> <br /> Comme toujours ceci en un jet, en attendant mon livre! (Loll)
Répondre
E
Merci Marie-Claude pour tes réactions qui sortent de tes entrailles comme si elles étaient les prémices d'un enfantement. Tu me parles, en effet, d'un livre à venir. Il faut l'écrire ou le laisser sortir de toi-même. Sans doute, il te libérera. Je vois bien des critiques dans ce que tu dis sur ce que j'ai pu écrire. En fait, je n'ai pas essayé d'enjoliver les choses. J'ai été mis devant le fait accompli...
G
L'article sur Gérard est maintenant référencé par Google.
Répondre
M
Etienne, avant de poursuivre la lecture de ce post, va à ces toutes dernières lignes auparavant, s'il te plaît..<br /> <br /> Nous sommes tous handicapés? Nuance!<br /> Nous risquons tous et chacun de passer pour le handicapé de quelqu'autre personne. <br /> Fondre le handicap dans la foule de gens qui ne le sont pas et se découvrent ou se déclarent comme tel n'est-ce pas <br /> -l'auto-absolution de son propre regard négatif ou perverti ?<br /> - minimiser la réalité de la part que telle ou telle personne vit dans sa chair réellement comme handicapante ?<br /> <br /> Pour ce qui est de la libération que me procurerait l'écriture d'un livre à ce sujet ("sans doute il te libérera " sic) cela m'apparait ici comme ton jugement sur ma personne qui serait brrrr (je n'ose employer un terme)! ..... A moins qu'en plus de faire tous partie de gens porteurs de handicaps, nous soyons tous esclaves à libérer. cf alors clairement le nouveau testament.<br /> <br /> Nous ne sommes pas tous égaux en matière de handicap.... faisons en sorte de ne pas le banaliser pour continuer les recherches et les initiatives (qu'elles proviennent de personnes ayant un handicap ou de ceux qui ont de l'empathie ou du goût de la recherche du mieux vivre) le rendre plus vivable aux personnes qui en sont atteintes. <br /> Se déclarer handicapé face au handicap est peut-être un palier...un palier nécessaire.... mais n'y pas stationner. Sinon, ce serait à mon avis mésestimer le handicap et la personne qui en est porteuse pour un temps, ou à vie... Le contournement des divers handicaps, leurs détournement par différents stratèges , ne peuvent continuer à émerger dans une société qui les noieraient dans un "nous sommes tous des handicapés"! Et je crains bien qu'une telle "philosophie" aussi tentante soit-elle n'aboutisse au manque de respect de la spécificité de chaque personne.<br /> <br /> Il me semble qu'on avance et à tâtons qu'avec une image la plus clairement empathique possible, avec de la bienveillance, de l'amour, attentifs autant que possible aux aspirations humaines vers le mieux être dans la vie au milieu de ces humains de semblables chacun avec sa montagne de vie tout en aléas parfois emprisonnants<br /> et emprisonnés.<br /> <br /> Les risques sont les extrémités du mouvement pendulaire où se trouvent, à l'une, le "nous sommes tous handicapés" et à l'autre le "supprimons la vie DES handicapés " . des civilisations y arrivèrent un temps, hélas!<br /> ******************************************************<br /> Sois bien assuré que ni mon post précédent , ni celui-ci ne cherchent à te critiquer toi, J'aime ton article en ce qu'il montre, bien sûr, que le handicap n'est bien souvent ni comme on le fantasmait, ni où on le croyait.
A
Alexandre Jollien <br /> 39 ans - écrivain et philosophe <br /> Né le 26 novembre 1975 à Savièse. A cause d'un étranglement par cordon ombilical à sa naissance, il est atteint d’un grave handicap cérébral-moteur.<br /> Il a séjourné plus de dix-sept ans dans une institution spécialisée et a suivi des études commerciales. Il découvre la philosophie, par hasard, en entrant dans une librairie.<br /> Éloge de la faiblesse, son premier ouvrage, publié en 1999, à reçu le prix Mottart de l’Académie française et le prix Montyon 2000 de littérature et de philosophie. <br /> En 2004, il obtient une licence en lettres à l’Université de Fribourg, il a fait également des études du grec ancien au Trinity College de Dublin de 2001 à 2002. C’est aussi à Dublin qu’il rencontre Corine, valaisanne, avec qui il se marie ; ils ont trois enfants. <br /> Devenu spécialiste de philosophie grecque, il fait par ailleurs des conférences dans le cadre du rapport au handicap. <br /> Son œuvre a été couronnée par le Prix Pierre Simon « éthique et société ». <br /> En 2005, Eloge de la faiblesse a été mis en scène en par Charles Tordjman au théâtre Vidy-Lausanne et au théâtre de la Manufacture à Nancy. Il a été le conseiller de Bernard Campan dans l’écriture du scénario de "La face cachée". <br /> « Être vrai, me dépouiller des masques, oser l’abandon plutôt que la lutte, voilà qui me guide dans le périple de l’existence, où jamais nous ne pouvons nous installer. »<br /> <br /> APPUYER SUR ALEXANDRE JOLLIEN
Répondre
J
Etienne, <br /> <br /> il semble, que tu sois l'auteur du texte mentionné : "chapeau" ! Un très beau texte, qui force à la réflexion ! <br /> <br /> Josette
Répondre
E
L'expérience que j'ai vécue avec Gérard m'a en effet forcé à la réflexion.

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