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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 17:08
23 janvier 2015
 

Allusion au roi Midas et à ses oreilles d'âne

 

La nécessité de sortir de la spéculation pour sauver l’homme et redonner sa place à la création
 

Avec la crise monétaire ce n’est pas simplement l’économie, c’est l’homme lui-même qui est en danger. L’argent n’est pas mauvais en soi. Au contraire il favorise les échanges. Mais lorsqu’il quitte sa fonction de service pour devenir le maître à qui tout est référé, il est comme un virus destructeur qui inverse tous les processus conduisant à la construction de l’homme et du sujet.

Les ravages de la spéculation et tout particulièrement des « hedge funds »

Normalement, la finance est au service de la production et c’est de cette manière qu’elle contribue à engendrer de la richesse. Or pour produire il faut investir. En fait, il se trouve, aujourd’hui qu’il n’existe plus suffisamment de fonds disponibles pour l’investissement : il est plus facile de faire fructifier son argent en spéculant qu’en produisant. Grâce à l’appui des traders, il est possible parfois de gagner en quelques jours plus d’argent que l’entreprise ne peut le faire en une année de travail. Mais une telle richesse nouvelle est un leurre, elle est fictive, elle est en quelque sorte déréalisée. L’argent qui est un moyen est devenu une fin. Il est comme un roi qui organise toute la société autour de lui, mais, en voulant la développer, il finit par la déconstruire. C’est ainsi que le nouveau système complètement perverti met en place d’énormes fonds dont la seule fonction est de spéculer en jouant sur la fluctuation des prix. On les appelle des « hedge funds ». Aussi, sur les marchés, une bonne partie des négociants n’ont-ils rien à vendre ;  ils sont là pour jouer, y compris avec les matières premières et les produits de grande nécessité, comme les denrées alimentaires. Ils finissent par empocher les bénéfices à la baisse et à la hausse des cours, qu’ils provoquent sournoisement.
 

Une dissociation entre l’économie réelle et la sphère financière

Il devrait y avoir un jeu dialectique positif entre l’économie et la sphère financière. Or entre les deux il s’est produit une rupture ; le jeu ne fonctionne plus. L’économie manque d’oxygène parce qu’elle manque d’investissement. Les spéculateurs sont de plus en plus riches et les plus pauvres s’engouffrent dans la spirale du surendettement. Le système agonise et il est temps de redresser la barre. Dans le mythe grec de Midas, le roi avait demandé à Dionysos, qui voulait le remercier d’un service rendu, de faire en sorte que tout ce qu’il allait toucher se transformât en or. Comme nos financiers actuels, il faisait un absolu de ce qui devait rester un pur moyen. Mal lui en prit car il fut très vite enfermé dans un piège, se condamnant ainsi à mourir de faim ; sa nourriture se transformait en or avant qu’il n’ait pu l’absorber. Très vite il s’en fut voir le dieu pour sortir de l’impasse. En fait c’était sa mauvaise appréciation de l’harmonie du monde qui était en cause. Il préférait le jeu du dieu Pan sur sa flûte à celui d’Apollon sur sa lyre. Il fallait des oreilles bien exercées pour apprécier la différence. C’est pourquoi il ressortit de l’épreuve avec des oreilles d’âne.
 

L’inversion des processus et la désymbolisation de l’argent

Le parcours de l’homme consiste normalement en un processus de symbolisation, qui vise à intégrer et à mettre à sa place, dans un ensemble cohérent, chaque réalité du monde jusqu’à la mort elle-même. C’est ainsi que peut se construire progressivement le sujet. Si l’argent est retiré de l’ensemble pour être considéré pour lui-même comme un absolu, il sort de la symbolisation et provoque une inversion de tous les processus d’humanisation. Aussi, au lieu de libérer l’homme, il provoque sa régression et son aliénation.
 

Une désymbolisation en chaîne

Avec la désymbolisation de l’argent, c’est le ver qui se met dans le fruit de la vie : la vie se défait et la désymbolisation atteint toutes les autres réalités humaines, comme la rémunération, la technique et le travail... Il faut choisir entre la Vie et Mammon. C’est un phénomène perçu intuitivement, depuis longtemps, par les penseurs, les philosophes  et plus particulièrement les sages de tous les temps. La rémunération est perçue non pas comme un profit pour la collectivité, mais comme une dépense qui vient grever les bénéfices de l’entreprise ; elle n’est même pas considérée comme ce qui doit assurer la survie du travailleur, nécessaire à la production des biens et des services. De son côté, la technique se trouve progressivement privée du souffle qui doit provoquer son bon fonctionnement ; la machine finit par jouer contre l’homme lui-même en provoquant progressivement son éviction. Enfin le travail perd son sens, parce qu’il tend souvent à devenir répétitif ou simplement technique, en se dénouant de sa dimension créatrice.
 

Une nouvelle aristocratie qui contrôle les forces politiques

« Lutter contre les vieux ennemis de la paix - le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse, l'esprit de clan. Ceux-là considèrent le pouvoir [...] comme un simple appendice de leurs affaires privées. Jamais dans toute notre histoire ces forces n'ont été aussi unies contre un candidat, unanimes dans leur haine à mon endroit. Et leur haine me fait plaisir." François Hollande en meeting, chauffé à blanc par des militants socialistes ? Non. Nicolas Sarkozy dans une figure de rhétorique électorale ? Toujours pas. L'auteur de ce discours prononcé au Madison Square Garden en octobre 1936 s'appelle Franklin Roosevelt, candidat sortant à la présidence des Etats-Unis. » (En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/les-lobbies-qui-tiennent-la-france_1409758.html#M1dM0zth95cpvu15.99) Depuis 1936, les lobbies n’ont fait que se multiplier, à Washington, à Paris, à Bruxelles et dans toutes les capitales. Ils sont l’émanation d’une oligarchie économique, qui tend à contrôler insidieusement  les forces politiques de gauche comme de droite.
 

Le triomphe de la pensée unique

Bien souvent nous croyons penser, mais c’est l’idéologie ambiante qui le fait pour nous. Sous l’effet de l’argent, elle uniformise les modes de réflexion, allant jusqu’à imposer la langue de la finance (l’anglais) pour tous les échanges, qu’ils soient économiques, culturels ou même scientifiques. Sans doute la réalité est-elle plus complexe, et les uns et les autres nous sommes prêts à réagir, mais nous le faisons avec les outils que la pensée unique a préfabriqués pour nous, si bien que nous finissons par tourner en rond. Il nous devient très difficile et presque impossible de changer de perspective pour inventer un nouvel avenir.
 

Un phénomène de décréation

Comme nous l’avons déjà suggéré, la désymbolisation du monde joue contre la vie qui invente la vie. Elle détruit la vision du réel et écarte les visionnaires qui pourraient nous entraîner à transformer le monde. Non seulement la création devient presque impossible, mais nous nous enfermons dans une spirale de décréation comme dans une sorte de descente aux enfers. Alors qu’il faudrait de véritables sujets, créateurs de différences,  pour affronter la mondialisation, c’est l’assujettissement qui nous guette à chaque instant, uniformisant les individus au point d’en faire des clones engendrés par le dieu argent et apparemment heureux de fusionner ensemble.
 

La solution passe par une progressive suppression de la spéculation et l’interdiction des « hedge funds »

Il faut revenir aux causes de la crise dans laquelle nous nous enfonçons : la principale est la spéculation qui trouve son accomplissement dans les « hedge funds ». Dans l’immédiat, il semble indispensable d’interdire ces fonds qui écartent les ressources financières, nécessaires à l’investissement, pour introduire le mensonge dans l’économie. Ils donnent naissance à des richesses fictives, qui enrichissent un petit nombre et finissent par appauvrir tous les autres, en commençant par les classes moyennes. C’est ainsi qu’il sera possible à terme de supprimer la spéculation, qui contribue à inverser le sens de l’argent en provoquant sa désymbolisation.

P.S. Cet article a bénéficié d’un travail commun avec Marie-Louise Fleckinger. Il s’est appuyé sur la réflexion de Paul Jorion dans son blog et de Michel et Monique Pinçon dans « La violence des riches » (La découverte/poche). Il a également bénéficié des intuitions de Charles Péguy dans son ouvrage « L’argent ». Par ailleurs, le mythe de Midas est aussi à l’arrière-fond de ce qui est ici proposé.

Etienne Duval

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commentaires

A
Profondément d'accord avec ton analyse mais je m'interroge sur les moyens à mettre en oeuvre pour aboutir à la progressive suppression de la spéculation et à l'interdiction des "hedge funds".
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R
CE QUE VEUT L’ALLEMAGNE DANS LA CRISE GRECQUE<br /> La Tribune du 19 février, par Romanic Godin<br /> La position de l'Allemagne est logique : son coup de force de lundi a fonctionné, Athènes a cédé en premier. Elle veut que sa victoire soit complète. Alexis Tsipras a commencé à nouer autour de son cou la cravate que lui a offert Matteo Renzi le 3 février dernier et Berlin juge bon que l'on serre le nœud jusqu'au bout. L'enjeu pour le ministre allemand des Finances est central : il s'agit de prouver qu'aucune élection ne peut modifier les règles fixées auparavant et que la zone euro est prête pour cela à aller jusqu'au bout. Ainsi les électeurs espagnols tentés par Podemos ou irlandais tentés par le Sinn Fein devront y réfléchir à deux fois avant de placer leur bulletin dans l'urne. Le résultat sera que la démocratie en zone euro deviendra une démocratie encadrée par des règles destinées à appliquer certaines politiques économiques plutôt que d'autres. Wolfgang Schäuble est sur le point de réussir son pari.<br /> Dans la réunion de l'Eurogroupe de ce vendredi 20 février, Athènes va devoir décider si elle refuse d'aller plus loin dans les concessions, ou si elle place l'urgence financière avant toute chose. Dans le second cas, elle devra céder à la logique allemande. Mais maintenant qu'elle a cédé la première, rétablir l'équilibre sera difficile. A moins que l'Eurogroupe décide de se dresser contre le maximalisme de Wolfgang Schäuble. Ce que les ministres des finances de la zone euro ont refusé de faire lundi...<br /> <br /> Appuyer sur le titre.
G
SWISSLEAKS ET LUXLEAKS, de bonnes nouvelles pour la démocratie<br /> <br /> Gilles Bridier<br /> <br /> Appuyer sur le titre pour avoir l'article dans son contexte.<br /> Economie<br /> 10.02.2015 - 0 h 00 <br /> mis à jour le 10.02.2015 à 7 h 51<br /> <br /> <br /> L’évasion fiscale n’est plus seulement dénoncée; elle est matérialisée. Ce qui fait beaucoup plus mal aux fraudeurs.<br /> Les scandales révélés par les SwissLeaks et autres LuxLeaks auparavant sont une bonne nouvelle pour la démocratie. Car, enfin, la lutte contre l’évasion fiscale entre dans le concret. Et avec elle, on peut espérer que ce fléau pour la démocratie, qui permet à certains contribuables de se soustraire à l’impôt, va enfin reculer.<br /> Acquitter l’impôt est le premier des actes citoyens, car c’est la contribution de chaque citoyen au bon fonctionnement de la démocratie. Mais en contradiction totale avec cet axiome de base, les gouvernements ont très longtemps fermé les yeux sur des pratiques bancaires totalement couvertes et protégées par des Etats laxistes comme le Luxembourg ou la Suisse. Résultat: un trou de 1.000 milliards d’euros en Europe dans les caisses publiques, à cause de l’évasion!<br /> En réalité, comme tous les pays participaient peu ou prou au phénomène, aucun n’avait véritablement intérêt à s’y attaquer, sauf à balayer d’abord devant sa porte. Le plus invraisemblable étant que des géants bancaires ayant pignon sur rue comme HSBC ou UBS (ils ne sont pas les seuls à proposer des filières d’évasion) aient pu inciter leurs clients à transgresser les lois en vigueur, en se plaçant eux-mêmes hors-la-loi et sans craindre d’éventuels retours de bâton.<br /> Sans équité fiscale, la démocratie dépérit<br /> Ainsi, depuis les années 70 et la libéralisation des mouvements de capitaux dans le monde, l’idée selon laquelle l’un des devoirs du citoyen vis à vis de la collectivité est de payer ses impôts, s’est considérablement altérée. On ne s’étonnera pas que, parallèlement, le sentiment d’appartenance à la collectivité se soit distendu.<br /> Car en laissant s’instaurer une fuite de capitaux qui se traduit par exemple pour la France par un manque à gagner de quelque 60 milliards d’euros par an, on arrive vite à diviser les contribuables en deux catégories: ceux qui paient leurs impôts et supportent la charge du financement des services publics et des investissements de la collectivité. Et ceux qui se dérobent au fisc et profitent des services publics sans contribuer eux-mêmes à ces divers financements publics. Totalement inéquitable. Et sans équité, pas de collectivité soudée possible. On comprend vite pourquoi.<br /> Par exemple, pour compenser le manque à gagner de l’évasion, les gouvernements ont dû accroître la pression fiscale, de 38,8% du PIB de l’Union européenne en 2011 à 39,4% en 2012, selon une enquête d’Eurostat. Pour la seule zone euro, la charge fiscale globale (impôts et cotisations sociales) est passée de 39,5% à 40,4% en 2012, et a continué à croître en 2013. La France, pour sa part, s’inscrivant dans le mouvement de hausse globale pour atteindre 45% de pression fiscale en 2012.<br /> Mais surtout, on constate que la taxation du travail est en réalité la principale source de recettes fiscales dans presque tous les Etats membres; elle est même deux fois plus élevée que la taxation sur le capital. Ainsi en moyenne, les impôts sur le travail ont représenté en Europe 51% des recettes fiscales contre 20,8% pour les impôts sur le capital. Et alors que le capital va se loger dans des paradis fiscaux, la fiscalité sur le travail augmente plus vite que la fiscalité sur le capital, contrairement à une idée reçue. En France par exemple, 52,3% des recettes fiscales proviennent du travail, contre 23,6% pour le capital – le reste venant de la ponction sur la consommation.<br /> Quand le travail est à ce point plus imposé que le capital et que, en plus, le capital s’expatrie pour échapper au fisc, les déséquilibres deviennent trop flagrants. Car ces inégalités de traitement favorisent les inégalités de revenus, dont certains sont imposés alors que d’autres ne le sont pas. Les limites de la démocratie sont atteintes. Car lorsque des milliards sont détournés et font défaut aux Etats, c’est sur les contribuables qui paient leurs impôts que la charge est reportée, d’une façon ou d’une autre. Insoutenable.<br /> La Grèce, illustration en grandeur réelle<br /> On voit, en grandeur réelle, le problème que l’évasion fiscale peut poser à un pays avec le cas de la Grèce. <br /> L’évasion fiscale y aurait atteint 12 à 15% du PIB, soit 40 à 45 milliards d’euros! «Si nous pouvions en récupérer ne serait-ce que la moitié, le problème de la Grèce serait résolu», avait déclaré le directeur de la brigade grecque des contrôles fiscaux Nikos Lekkas, en 2012, au quotidien allemand Die Welt. Avec, par exemple dans le collimateur, la profession des armateurs qui profite d’un système dérogatoire, menaçant de délocaliser tous les bateaux battant pavillon grec au cas où elle perdrait ses avantages.<br /> Depuis, les Grecs ont dû consentir de lourds sacrifices mais les armateurs ont conservé leurs avantages, ralentissant la remise à flots de l’économie grecque. Au point que de nombreux grecs, écœurés par la corruption et les passe-droits, ont été séduits par les discours populistes du parti néonazi Aube dorée, fort aujourd’hui de 17 députés au Parlement grec. La démocratie grecque a été la première victime de l’évasion fiscale pratiquée à grande échelle dans le pays.<br /> La dérive démocratique a été enrayée avec les dernières élections: l’électeur a donné la parole au contribuable. Le triomphe du parti de gauche anti-austérité Syriza qui a porté Alexis Tsipras au poste de Premier ministre, impose maintenant au gouvernement grec de mener au pas de charge la réforme fiscale qui devra rétablir une certaine équité fiscale pour restaurer les comptes du pays et desserrer l’étau de l’austérité. Pour redonner un peu d’oxygène à la démocratie tout en rassurant les créanciers d’Athènes. <br /> Argent et politique, liaisons dangereuses<br /> On mesure ainsi le caractère vital pour les pays de disposer d’une classe politique indépendante du pouvoir de l’argent, non pour le combattre mais pour maintenir une égalité de traitement entre tous les citoyens et acteurs économiques. Certains intérêts particuliers comme ceux des armateurs grecs et de l’Eglise, deuxième propriétaire foncier du pays, dussent-ils en souffrir.<br /> En prenant les opinions publiques à témoin, les révélations du consortium international de journalistes d’investigations ont obligé les Etats à réagir pour contraindre les plus laxistes d’entre eux à coopérer dans la lutte contre l’évasion fiscale. L’année 2015 pourrait être celle d’un véritable virage, notamment en Europe dans le sillage des Etats-Unis, a assuré Pierre Moscovici, commissaire européen en charge de la fiscalité.<br /> Il ne s’agit pas d’empêcher la circulation des capitaux ni d’interdire l’ouverture de comptes à l’étranger, mais de rendre impossible de se soustraire au fisc. L’instauration du transfert automatique de données devra obliger tous les détenteurs de comptes à l’étranger à s’acquitter de leurs impôts pour les sommes déposées. La médiatisation des noms des contrevenants, qui s’ajoute à l’amende, rend l’évasion encore plus dissuasive. Non pas pour que la démocratie se transforme en dictature, mais pour qu’elle retrouve ses valeurs originelles.<br /> Gilles Bridier
J
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J
GRECE, COUP D'ENVOI D'UNE NEGOCIATION A HAUT RISQUE<br /> <br /> • Home ECONOMIE Conjoncture <br /> • <br /> o Par Jean-Jacques Mevel<br /> o Publié le 10/02/2015 à 19:08 <br /> Les ministres des Finances de la zone euro ont convoqué une réunion extraordinaire pour entendre leur homologue grec.<br /> Les Américains, du moins les amateurs de sensations fortes, parlent du «jeu de la poule mouillée»: deux bolides foncent l'un vers l'autre et le premier qui donne un coup de volant pour éviter le choc frontal a perdu. Chacun reste maître de son destin, à la différence de la roulette russe. Mais cela peut finir aussi mal.<br /> À deux doigts de la faillite, la Grèce et son nouveau pilote, Alexis Tsipras, sont lancés sur une trajectoire de collision avec l'Europe. L'accrochage peut se produire dès ce mercredi soir, lors d'un rendez-vous d'urgence des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe). Pour un maximum d'effet, il peut attendre jeudi et le sommet européen. Un second Eurogroupe, lundi, servira de filet de sécurité. En tout cas, le choc ou la dérobade devront avoir lieu avant le 28 février à minuit, heure à laquelle l'UE sera en droit de couper les vivres au Trésor d'Athènes.<br /> L'impatience monte<br /> La dramaturgie compte autant que la substance dans ces heures tendues. Les autres pays de l'euro, à commencer par l'Allemagne, veulent circonscrire le débat à l'intérieur des règles de la discipline économique existante: pas de rallonge de crédit sans que la Grèce se plie aux conditions de ses créanciers. «Nous ne sommes pas en train de négocier un nouveau programme» avec la Grèce, a insisté mardi le grand argentier allemand Wolfgang Schäuble. Ce sont les créanciers qui ont obtenu la convocation ce mercredi d'un Eurogroupe extraordinaire, avec l'espoir ténu de déminer le rendez-vous des chefs.<br /> Le contestataire Alexis Tsipras entend au contraire porter la bataille sur le terrain politique. C'est-à-dire au sommet, face à Angela Merkel, incarnation impériale de l'austérité aux yeux de beaucoup de Grecs. Dans le huis clos, il n'est pas sûr qu'il obtienne gain de cause. Les «grands» veulent parler de la Russie, de l'Ukraine et de lutte contre le terrorisme. «La Grèce n'est pas à l'ordre du jour de ce sommet, lâche sèchement un organisateur. Si j'étais conseiller de M. Tsipras, je lui recommanderais le plus grand doigté.»<br /> Crédit-relais jusqu'à l'été<br /> En public, la fermeté du premier ministre reste intacte. Il refuse en bloc un plan de sauvetage avec ses contreparties, la retenue budgétaire et la présence à Athènes de la troïka des créanciers. L'impatience, pourtant, est chaque jour plus manifeste. Le temps passe, l'argent va manquer. D'un débat tapageur sur l'annulation de la dette, le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, est passé en peu de jours à la recherche insistante de financements à très court terme. «Ce que la Grèce veut maintenant, c'est un crédit-relais jusqu'à l'été, mais nous ne lâcherons rien sans condition», insiste à Bruxelles le représentant d'un grand pays créancier. Pour éviter le choc, qui pourrait être très lourd de conséquences financières pour la Grèce, qui donnera le premier coup de volant?<br /> http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/02/10/20002-20150210ARTFIG00360-grece-coup-d-envoi-d-une-negociation-a-haut-risque.php
F
SWISSLEAKS par Fabrice Lhomme et Gérard Davet (Le monde)<br /> <br /> « SwissLeaks » : révélations sur un système international de fraude fiscale<br /> LE MONDE | 08.02.2015 à 21h56 • Mis à jour le 09.02.2015 à 07h56 | Par Fabrice Lhomme et Gérard Davet <br /> Abonnez-vous<br /> à partir de 1 € Réagir Classer <br /> Partager facebook twitter google + linkedin pinterest <br /> Les chiffres donnent le vertige. Le Monde publie le premier volet d’une enquête à la fois spectaculaire et inédite. Fruit d’investigations hors norme, menées entre Paris, Washington, Bruxelles ou Genève, elle dévoile les dessous d’un vaste système d’évasion fiscale accepté, et même encouragé, par l’établissement britannique HSBC, deuxième groupe bancaire mondial, par l’intermédiaire de sa filiale suisse HSBC Private Bank.<br /> Le Monde, qui enquête sur l’affaire HSBC depuis son origine, est entré début 2014 en possession de données bancaires mondiales, portant sur la période 2005-2007 et établissant une gigantesque fraude à l’échelle internationale. Nous avons partagé ces données avec une soixantaine de médias internationaux, coordonnés par l’ICIJ, consortium de journalistes d’investigation. Leur révélation est susceptible d’embarrasser de nombreuses personnalités, de l’humoriste français Gad Elmaleh au roi du Maroc Mohamed VI en passant par l’acteur américain John Malkovich, mais surtout d’ébranler les milieux bancaires internationaux.<br /> Selon les enquêteurs, 180,6 milliards d’euros auraient transité, à Genève, par les comptes HSBC de plus de 100 000 clients et de 20 000 sociétés offshore, très précisément entre le 9 novembre 2006 et le 31 mars 2007. Une période correspondant aux archives numérisées dérobées chez HSBC PB par Hervé Falciani, ancien employé de la banque.<br /> En effet, à la fin de l’année 2008, cet informaticien français avait fourni aux agents du fisc français les données volées chez son employeur. Saisie de ces faits en janvier 2009, la justice française enquête depuis sur une toute petite partie des « listings Falciani », à savoir les quelque 3 000 ressortissants hexagonaux suspectés d’avoir dissimulé leur argent chez HSBC PB, et ce avec la complicité de la banque – de ce fait mise en examen comme personne morale pour « démarchage bancaire et financier illicite » et « blanchiment de fraude fiscale ».<br /> Lire aussi : « SwissLeaks » : le dossier d’instruction vertigineux contre HSBC <br /> Plus de 5,7 milliards d’euros auraient été dissimulés par HSBC PB dans des paradis fiscaux pour le compte de ses seuls clients français… Bercy a saisi la justice de soixante-deux cas seulement (dont celui de l’héritière de Nina Ricci, dont le procès doit s’ouvrir dans quelques jours à Paris), la plupart des contribuables hexagonaux « démasqués » par les listings Falciani ayant, il est vrai, régularisé entre-temps leur situation fiscale.<br /> Le 28 janvier 2014, sous le titre « Listes HSBC : la saga d’une enquête explosive sur l’évasion fiscale », Le Monde publiait une première série d’articles dévoilant les dessous de l’enquête judiciaire française. Mais il manquait l’aspect mondial…<br /> Quelques jours plus tard, une personne se présentait à l’accueil du journal, boulevard Auguste-Blanqui, à Paris. Cette source, dont nous protégeons l’anonymat, nous remit une clé USB contenant la totalité des fichiers établis à partir des « données Falciani », dans le plus grand secret, à compter de 2009, par les services fiscaux français, parfois en dépit des réticences du pouvoir politique.<br /> Qui trouve-t-on sur ces listings – transmis par Bercy à plusieurs administrations étrangères –, et dont nous révélons les noms lorsqu’ils présentent un intérêt public ? Des trafiquants d’armes ou de stupéfiants, des financiers d’organisations terroristes, des hommes politiques, des vedettes du showbiz, des icônes du sport ou des capitaines d’industrie… Désireux, dans leur grande majorité, de cacher leur argent en Suisse. Et cela, bien sûr, très souvent, à l’instar des clients français, dans la plus parfaite illégalité. La disparité des profils des détenteurs de comptes est assez frappante. Les chirurgiens français désireux de blanchir leurs honoraires non déclarés y côtoient des diamantaires belges, des protagonistes de l’affaire Elf ou de nombreuses familles juives dont les avoirs avaient été mis en lieu sûr, en Suisse, au moment de la montée du nazisme en Europe…<br /> Le paravent de structures offshore<br /> Nombre d’entre eux ont été illicitement démarchés en France par les gestionnaires de comptes de la banque. Tous ont été encouragés par le comité exécutif d’HSBC PB à mieux camoufler leur argent derrière le paravent de structures offshore, généralement basées au Panama ou dans les îles Vierges britanniques, et ce afin d’éviter certaines taxes européennes, notamment la taxe ESD, instituée en 2005. Les enquêteurs disposent désormais d’éléments matériels attestant ces différents délits.<br /> Lire aussi : « SwissLeaks » : HSBC, la banque de tous les scandales <br /> A affaire exceptionnelle, traitement exceptionnel : destinataire exclusif de ces informations explosives, Le Monde a décidé, au printemps 2014, afin d’en assurer le traitement le plus exhaustif et le plus rigoureux possible, de les partager avec des médias internationaux grâce à l’ICIJ, basé aux Etats-Unis, qui avait déjà collaboré avec Le Monde notamment lors des opérations « Offshore Leaks » (en 2013) et « LuxLeaks » (en 2014). Au total ont été mobilisés, dans la plus grande discrétion, 154 journalistes de 47 pays travaillant pour 55 médias (Le Guardian en Grande-Bretagne, le Süddeutsche Zeitung en Allemagne, l’émission « 60 minutes », de CBS, aux Etats-Unis…).<br /> HSBC Private Bank comme les autorités politiques et judiciaires suisses contestent depuis le début de l’affaire aussi bien les chiffres établis par le fisc et la justice française que l’utilisation de ces données, au motif que ces dernières sont le produit d’un vol. Son auteur, Hervé Falciani, qui tenta de revendre ses fichiers avant de se raviser et de les fournir aux autorités françaises, a d’ailleurs été mis en accusation par le ministère public de la Confédération helvétique, le 11 décembre 2014, pour « espionnage économique », « soustraction de données » et « violation du secret commercial et bancaire ».<br /> La Suisse, qui voit d’un très mauvais œil les investigations menées par la justice et le fisc français, considère surtout que les données initiales ont été trafiquées, ce que dément formellement l’enquête judiciaire française – de même que les investigations du Monde. Le 27 février 2014, les deux juges d’instruction français chargés de l’affaire concluaient d’ailleurs à propos des listings que leur « authenticité [avait] été vérifiée par les auditions de nombreux titulaires de comptes qui ont du reste transigé avec l’administration fiscale sur la base de ce fichier ». De son côté, HSBC PB semble prête à en faire de même avec la justice française afin d’éviter un procès ruineux – et pas seulement en termes d’im<br /> <br /> En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/02/08/swissleaks-revelations-sur-un-systeme-international-de-fraude-fiscale_4572319_3234.html#MSqj3yhFzcYUGYkv.99<br /> <br /> Appuyer sur le titre
B
Oui, il faut effectivement tenir les deux bouts : la conversion intérieure et le travail politique qui d’ailleurs ont une influence l’un sur l’autre.<br /> Bien amicalement.
E
Merci Bernard de tes réactions. Comme toi je pense que la suppression des Hedge Funds ne suffira pas pour transformer la situation. Mais les individus ne sont pas conscients de ce qui se passe. Ma seule ambition est de faire apparaître le mécanisme qui nous amène à entrer dans un vol généralisé au détriment des plus pauvres. Ceux qui l’organisent savent très bien de quoi il s’agit mais ceux qui suivent ne le voient pas forcément. Le premier temps est donc celui d’une prise de conscience qui peut aider à changer les comportements. Les hommes ne sont pas si mauvais que certains ne le pensent.<br /> <br /> Ensuite la pulsion pour le partage est déjà présente. Il faut la stimuler pour consolider et développer la transformation intérieure. Malheureusement la morale ne suffit pas : le travail politique est indispensable. Et c’est aussi à ce niveau que nous avons aussi à nous situer.<br /> <br /> Je retiens le titre de ton livre que j’achèterai probablement. Je suis en train de lire, de mon côté, le livre de Jean Ziegler « Destruction massive – Géopolitique de la faim », Le Seuil 1911. Il est très éclairant notamment sur la spéculation concernant les terres et les denrées alimentaires.<br /> <br /> Bien amicalement.
B
Ton article est très bien et j’en partage toutes les idées.<br /> Simplement, je pense que si la suppression des Hedge funds, qui s’affichent clairement comme des fonds spéculatifs, ne pourrait qu’être bénéfique et freiner un peu la spéculation, je pense que ce n’est évidemment pas suffisant et qu’il faut s’interroger sur cette propension qu’ont beaucoup de nos contemporains à chercher à avoir toujours plus sans s’inquiéter des conséquences qu’a ce comportement sur les plus faibles, car il s’agit en fait dans la spéculation organisée, ni plus ni moins d’un vol dans la chaine de production de valeur, car aux sommes gagnées, ne correspondent aucune richesse produite. Ce vol de richesse, outre le fait qu’il appauvrit sans cesse davantage les plus pauvres, empêche toute action de long terme, ce qui est catastrophique pour le bien vivre futur sur la planète.<br /> En fait la raison profonde de ce comportement n’est autre que le refus du partage et la voracité pour toujours plus d’avoir qui nous ronge tous à des degrés divers et contre lesquels il faut lutter sans cesse à l’intérieur de nous-même ; le danger c’est que plus nous avons plus nous voulons avoir….Ce comportement individuel devient dans nos sociétés occidentales riches, mais de plus en plus inégalitaires, trop souvent la référence sociale, à laquelle chacun a tendance à vouloir se conformer, ce qui contribue à accélérer l’individualisme ambiant et la prééminence de l’avoir sur l’être.<br /> Sur les dérèglements de la finance, je te conseille, si tu ne le connais pas, un livre intéressant ,Illusion financière, de Gaël Giraud, un brillant jésuite économiste.<br /> Avec toute mon amitié. <br /> <br /> Bernard Beaudonnet
E
Merci Juliette pour ce beau texte que je pourrais cosigner presque sans nuance. Ce que je constate, c’est que nous partons d’horizons différents et nous finissons par nous rejoindre. De mon côté je dois beaucoup au marxisme qui m’a en partie structuré intellectuellement grâce surtout aux écrits de Marx ; j’ai même traduit et abondamment commenté « La question juive » dans le cadre de l’Ecole pratique des Hautes Etudes. Althusser m’a aussi beaucoup marqué avec sa théorie sur l’idéologie et j’ai assisté à l’un de ses cours très important à l’Ecole Normale Supérieure. Mais j’ai été influencé par un assez grand nombre d’autres auteurs. Nous partons tous d’une sorte de lingot encore imparfait que nous sommes appelés à purifier au cours de nos réflexions et de nos actions. Même la Bible reste encore très imparfaite dans sa présentation actuelle. Si nous sommes animés par une constante recherche de la vérité nous finissons par nous rejoindre quel que soit notre point de départ. J’ai beaucoup travaillé avec des musulmans. Sans trop s’en rendre compte l’Islam a fini par enfanter un monstre. Or ce que je constate, c’est que les meilleurs écrits porteurs d’un véritable prophétisme pour faire face à ce poison qui nous menace, viennent d’intellectuels eux-mêmes musulmans. Animés par une authentique recherche de la vérité, ils rejoignent les meilleurs des chrétiens, des juifs, des athées, des marxistes ou des bouddhistes… La lettre tue mais l’esprit vivifie. Et il n’y a pas besoin d’être chrétien pour savoir que la toute-puissance de la finance finit par désymboliser l’homme et l’humanité tout entière. Nous en avons la preuve dans la crise actuelle : 1% des hommes, les plus riches, se sont appropriés autour de 50% des richesses de l’humanité tout entière… Nous sommes menacés par les toutes-puissances de toute nature. Mais, en même temps, nous pouvons nous apercevoir qu’une même recherche de la vérité conduit les hommes, quel que soit leur point de départ, vers un point de rencontre où ils finissent par donner naissance aux contre-poisons dont ils ont besoin.
G
J’ai reconnu dans vos analyses, Etienne et les autres, beaucoup des grandes lignes de la pensée marxiste d’aujourd’hui. Cela ne m’étonne pas vraiment car, pour moi, chrétiens et marxistes, s’ils ne partagent pas forcément la croyance en Dieu, partagent les valeurs de justice et de fraternité. Je crois même qu’ils partagent plus que bien d’autres la notion d’une égalité non nivelante et qui serait plutôt l’équité : le meilleur aux plus démunis. Toutes ces notions que le monde a, depuis longtemps, jeté aux oubliettes.<br /> La recherche de la domination par l’argent conduit l’être humain à l’acceptation de ce qu’il y a de plus mauvais en lui, à accepter comme des qualités l’égoïsme, la compétition exacerbée, l’élimination des plus faibles, à devenir un prédateur constant :<br /> - Exploitation de l’autre par toutes sortes de moyens sans penser les échanges équitables<br /> - Exploitation de la Terre, voire du cosmos jusqu’à dénaturer, polluer paysages, sols, rivières… pour en tirer toutes les ressources jusqu’à expiration, se les appropriant par tous moyens (impérialisme, entretien des conflits…)<br /> - Disparition accélérée de civilisations pastorales ou agricoles, appropriation des semences<br /> - Villes devenues monstrueuses, pensées comme des infrastructures pour l’économie, traversées d’autoroutes, de véhicules polluants… qui emportent, si le travailleur doit aller travailler, à des centaines de kilomètres de chez lui<br /> - Exaltation de la consommation, comme but et sens de la vie alors même que les moyens d’y accéder diminuent. <br /> La lutte pour la vie devenant de plus en plus prégnante, chacun campe sur son égoïsme, se replie sur sa famille, s’isole. Chacun doit trouver seul le mode d’emploi pour vivre, sans les structures collectives qui pouvaient donner des repères. La société se dissout, devient fragmentée, et chacun devient vulnérable.<br /> Chacun est sommé d’être le plus performant, le plus malin, risquant sans cela la marginalisation, l’exclusion. Or l’exclusion fonctionne très bien et très vite.<br /> Les acquis sociaux dénoncés comme des charges sont détruits pour financer la finance et les rentiers et chacun est sommé de parer individuellement aux accidents de la vie. <br /> L’éducation, la santé… deviennent à vitesses multiples et variables, accentuant même des inégalités à l’intérieur d’un même groupe. Chacun cherche le meilleur filon (ou le moins cher) pour vivre ou survivre, faisant une société toujours plus fragmentée, frustrée, où le conflit et la haine servent d’exutoire à ce que l’on comprend mal.<br /> En conclusion, et bien que cela n’épuise pas le sujet, je tirerai cette remarque puisée dans l’ouvrage des sociologues Pinçon-Charlot « les héritiers » et ce n’est pas pour les excuser.<br /> La dureté et la froideur des riches face à cette situation pourraient s’expliquer ainsi. Leurs avantages leur apparaissent comme des avantages naturels, conséquences de leurs qualités et mérites personnels. Ils se pensent beaux, intelligents, talentueux, par essence et parce qu’ils entretiennent et protègent tout cela personnellement avec constance.<br /> Ils nous apparaissent d’ailleurs souvent ainsi, nous en imposent par leurs vêtements, leur langage, leur prestance (jusqu’aux objets dont ils se parent, qui semblent partie intrinsèque de leur personnalité).<br /> Comme ils ne se posent pas de questions sur leur légitimité, ils ne s’apitoient pas sur le reste du monde. <br /> C’est cependant une construction culturelle collective, véritable machine de guerre qui organise, éduque, entraîne, dès leur plus jeune âge ceux qui seront appelés à dominer les autres. Eux ont des repères communs et se soutiennent, et se protègent, grâce à de puissants réseaux.<br /> Les pauvres, eux, se battent entre eux.
M
MOODY'S dans la ligne de mire de la justice américaine<br /> <br /> Boursorama avec AFP le 02/02/2015 à 07:55<br /> <br /> L'agence de notation Moody's aurait surévalué des produits financiers adossés aux prêts immobiliers &quot;subprime&quot; à l'origine de la crise financière.<br /> <br /> Après Standard &amp; Poor's, c'est Moody's qui est soupçonnée d'avoir surévalué des produits financiers adossés aux subprime. ( AFP / EMMANUEL DUNAND, AFP )<br /> Selon les informations du &quot;Wall Street Journal&quot; (WSJ), la justice mène une enquête contre Moody's Investors Service. Les autorités américaines reprochent à Moody's son évaluation déficiente des titres de dettes émis entre 2004 et 2007 comprenant des prêts immobiliers &quot;surprime&quot;, qui ont fait vaciller le système financier en 2008-2009, assure le WSJ. Elles l'accusent d'avoir manqué d'objectivité pour ne pas perdre des clients.<br /> Si cette investigation est confirmée, Moody's deviendrait la deuxième grande agence de notation dans la ligne de mire du département américain de la Justice (DoJ) après Standard &amp; Poor's (S&amp;P). Selon plusieurs sources proches du dossier, un accord entre le DoJ et S&amp;P, comprenant une amende 1,37 milliard de dollars, pour mettre fin aux poursuites est imminent. Ni Moody's ni le DoJ n'étaient joignables dans l'immédiat dimanche.<br /> L'enquête concernant Moody's est elle encore au stade préliminaire, affirme le WSJ citant des sources non identifiées. Des rencontres entre des dirigeants de l'agence de notation et des responsables du ministère de la Justice se seraient déroulées lors des derniers mois, croit savoir le quotidien des milieux d'affaires américains.<br /> Les investisseurs se reposent sur les notes des agences de notation, censées évaluer la qualité d'un produit financier et les risques d'insolvabilité d'un emprunteur, pour acheter ou investir dans un actif.
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LES SUBPRIMES DANS LE CREDIT IMMOBILIER AUX ETATS UNIS<br /> <br /> LA DEFINITION de &quot;subprime&quot;<br /> Les crédits dits Subprime sont des crédits accordés à des emprunteurs présentant un risque de défaillance supérieur au risque normal , celui qui correspond au &quot;prime rate&quot; et à la notation comme investment grade.<br /> Il n'y a pas de définition précise d'un emprunteur subprime mais on considère généralement qu'il s'agit d'emprunteurs qui présentent un risque trop élevé dans le système de score de crédit FICO (un score de crédit entre 500 et 620 , les scores allant de 300 à 850, 723 étant le score moyen, le score median étant de 678). Un prime borrower , tel que celui ci est défini par Fannie Mae, a un bon score de crédit, ne supporte pas des charges de crédit supérieures à 75% et ne finançe pas plus de 90% de la valeur de son bien immobilier.<br /> Ces crédits subprime sont principalement des crédits hypothécaires, mais aussi des crédits par cartes ou des crédits pour l'achat d'automobiles. Les crédits hypothécaires sont des crédits à taux variables.<br /> LE DEVELOPPEMENT des subprime<br /> Le marché immobilier américain se situant en période de boom immobilier, les établissements de crédit ont accordé des prêts sur la base de la valeur des actifs immobiliers hypothéqués à des emprunteurs dont les revenus étaient faibles par rapport aux échéances des prêts, d'autant plus qu'en raison du risque de crédit élevé les taux d'intérêt étaient très élevés (jusqu'à dix ou douze pour cents en taux variable).<br /> L'octroi de crédit à ces emprunteurs subprime est encouragé par les autorités américaines. Le Community Reinvestment Act de 1977 , dont la mise en oeuvre est suivie par la FFIEC fait obligation aux établissements de crédit dépositaires de prêter à des personnes à revenus modestes ayant des scores de crédit insuffisants. Il s'agit de satisfaire les demandes de crédit dans les zones à revenus modérés ou faibles. Certains établissements de crédit se sont spécialisés dans les prêts subprime. La réglementation financière était laxiste parce que la politique laxiste de crédit immobilier permettait en fait aux autorités américaines de ne pas mettre en place un financement public de l'accession sociale à la propriété. Entre 1994 et 2003 neuf millions d'américains sont devenus propriétaires de leur résidence principale, et la moitié d'entre eux sont issus des minorités ethniques.<br /> La politique laxiste de crédit a pendant un temps amplifié la hausse des prix de l'immobilier. Elle a nourri l'optimisme des ménages et ainsi alimenté la consommation. et alimenté ainsi l'emploi, donnant l'impression d'un dynamisme de l'économie. Elle a dérapé avec la création de la bulle immobilière qui entrainait une disparition des normes caractérisée par le slogan d'une grande banque américaine qui faisait la promotion de ses prêts avec le slogan &quot;qualifié dès la naissance&quot; (&quot;qualified at birth&quot;) , ce qui traduisait par ailleurs la politique de prêt &quot;no doc&quot;. C'était les prêts aux NINJA (no jobs, no income)<br /> La baisse des taux d'intérêt sur les emprunts d'Etat entrainait une baisse des taux hypothécaires : les taux proposés aux ménages américains ont diminué de 9,4% à 6,7% en moyenne entre 2001 et 2006, alors que les taux des prêts hypothécaires sont restés stables lorsque les taux d'intérêt sur les emprunts d'état ont augmenté en 2005 et 2006 . La politique monétaire n'avait donc pas d'effet stabilisateur, elle ne servait que d'accélérateur.<br /> Le développement des subprimes s'est amplifié de façon considérable avec le développement du marché des titres des crédits subprimes. L'assouplissement des critères d'attribution est lié à l'essor de la titrisation. La hausse des prix des logements garantissait l'endettement de l'emprunteur, la hausse du prix venant d'un financement de plus en plus aisé, avec un prix qui validait un crédit...fondé sur ce prix. <br /> Il convient de souligner que le moteur de l'économie en particulier aux Etats Unis est la consommation, et celle-ci a été particulièrement favorisée par le développement des subprimes. Ces dernières années 1.500 milliards de dollars avaient été empruntés sur la valeur des logements déjà acquis, et la majeure partie avait été dépensée dans les produits de consommation. En créant un boom immobilier la politique de prêt, a créé un effet de richesse qui a été le moteur de la consommation aux Etats Unis depuis 2000. Les analyses des économistes indiquent qu'à un dollars d'augmentation de l'effet de richesse correspond une augmentation de la consommation de cinq dollars, démontrant l'effet multiplicateur considérable. <br /> La politique laxiste de crédit permettait par ailleurs aux entreprises de réduire les demandes d'augmentations salariales, ce qui par ailleurs permettait d'éviter des tensions inflationnistes.<br /> LE MARCHE des subprime<br /> Les prêts subprime ont été utilisés pour créer des produits financiers dans le cadre des montages dits adossés à des actifs ( asset backed securities ). Ces montages transfèrent le risque et donnent lieu à des mortgage backed securities (MBS) et des collateralized debt obligations (CDO)<br /> Compte tenu de la garantie qu'étaient supposés fournir les actifs immobiliers, ces produits étaient présentés comme offrant à la fois des taux élevés de rentabilité et un niveau de risque faible. Ils ont été offerts à des détenteurs de liquidités.<br /> A partir de 2001 le marché des subprime a changé de dimension et de nature. Entre 2001 et 2006 le marché subprime est passé de 94 à 685 Milliards $. Les emprunteurs subprime qui ne représentaient que 9% des emprunteurs immobiliers en 2000 est passé à 20% en 2006.<br /> Les caractéristiques des prêts ont par ailleurs énormément évolué, avec une très forte augmentation des emprunts à taux variables (qui passent de 1% à 13%), alors que les emprunts à taux fixes tombent de 41% à 26%, et par ailleurs des prêts hybrides, avec les premières années un taux fixe, et ensuite un taux variable, et les prêts ballons, avec le remboursement d'une part importante du prêt à la dernière échéance.<br /> Le montant moyen des crédits accordés aux emprunteurs subprime a sensiblement augmenté pour représenter 90% du montant moyen des crédits accordés aux emprunteurs prime.
E
Monique, tu fais bien de me dire que le blog « parasité par la pub ne fait que sautiller ». Heureusement, ce n’est pas ce que je vois de mon ordinateur. En fait, il y a toujours la possibilité de me confier par mail ce que les participants veulent mettre sur ce blog. C’est pour moi un jeu d’enfant de le mettre à sa bonne place.<br /> <br /> Tu poses la question : que faire ? Je ne suis pas assez naïf pour considérer que le remède est simple. Mais, en tout état de cause, il faut commencer par bloquer la spéculation en s’attaquant, au départ, à ses formes les plus monstrueuses comme les « hedge funds » ou à toutes celles qui leur ressemblent. Il faut aussi contrôler le fonctionnement des fonds de pension qui, en imposant une rentabilité de plus de 10%, contraignent les entreprises à spéculer. Le président Roosevelt a eu le courage de s’attaquer à des problèmes semblables aux nôtres et il a réussi. Pourquoi ne pourrions pas l’imiter ?<br /> Votre commentaire a été publié.
M
Bonjour Etienne,<br /> Je te laisse le soin de publier l'intervention sur le blog, si tu le juges.<br /> <br /> Ce blog parasité par la pub ne fait que sautiller, j'ai dû le rouvrir 4 ou 5 fois ! Pénible.<br /> Merci tout d'abord à Charles Peguy de nous avoir fait l'honneur de révéler sur ce blog, en termes parfaits, une réalité si actuelle. ;-)<br /> Je ne suis pas assez experte en économie et finance pour apporter ma pierre à ce débat, encore moins faire des propositions. Le texte de synthèse proposé par Etienne m'a paru clair, les citations de Jorion et des Pinçon-Charlot aussi. La référence au mythe bienvenue ! J'ai toujours du mal à croire que les mythes si anciens peuvent vraiment illustrer l'essentiel de ce que nous sommes en train de vivre. Et pourtant... <br /> Après comment en sortir ? Payer les dettes grossies des intérêts (voire pénalités) indus ou ne pas payer parce que le système de l'argent est une fiction qui n'abuse que ceux qui y croient. (Tiens, le conte de l'empereur nu.) Pour moi, ces deux stratégies se défendent, mais il faudrait arrêter, dans tous les cas, la course à la dépense et au gaspillage des ressources ! Et sur ce terrain... il y a moins de &quot;suiveurs&quot;. Nous avons pris de drôles d'habitudes...
E
Merci Danièle de poser l'interrogation sur la légitimité de la dette de la Grèce ? La réponse n'est pas facile car il existe un mélange de légitimité et d'illégitimité.
D
LA DETTE DE LA GRECE <br /> Symbole de la dette légitime ou Symbole de la dette odieuse ?<br /> <br /> <br /> LA DETTE ODIEUSE<br /> Selon Alexander Sack<br /> <br /> « Si un pouvoir despotique contracte une dette non pas selon les besoins et les intérêts de l’Etat, mais pour fortifier son régime despotique, pour réprimer la population qui le combat, cette dette est odieuse pour la population de l’Etat entier (…) Cette dette n’est pas obligatoire pour la nation : c’est une dette de régime, dette personnelle du pouvoir qui l’a contractée ; par conséquent, elle tombe avec la chute de ce pouvoir » (Alexander Sack, 1927 théoricien de la doctrine de la dette odieuse)<br /> <br /> <br /> LA DETTE ODIEUSE<br /> Selon Wikipedia :<br /> <br /> La dette odieuse est une jurisprudence avancée par certains auteurs en matière de droit international relative à une dette contractée par un régime, et qui sert à financer des actions contre l'intérêt des citoyens de l'État et dont les créanciers avaient connaissance. On parle aussi de « dette odieuse » lorsqu'elle a été contractée par une dictature et qu'elle doit être remboursée lors de la transition démocratique.<br /> Dans cette optique, ces dettes sont considérées comme des dettes du régime qui les a contractées, et non pas de l'État en entier.(Wikipedia)<br /> <br /> L’étatisation des dettes privées est interdite selon la Constitution de l'Équateur (Art. 290 point 7)<br /> <br /> A partir de là je reprends les arguments de Jean-Jacques Chavigné et Gérard Filoche <br /> La dette publique contractée par les colonels grecs entre 1967 et 1974 est-elle légitime ?<br /> La dette publique contractée pour les J.O. d’Athènes de 2004, alors que les coûts initiaux ont été multipliés par 10 pour le plus grand profit des spéculateurs, est-elle légitime ?<br /> La dette publique contractée pour financer le plan de sauvetage des banques grecques en 2008 et 2009, dont le montant est, comme dans tous les pays européens, un véritable secret d’État, est-elle légitime ?<br /> La dette publique (les 140 milliards de prêts de l’UE et du FMI), contractée en 2010 et 2011 pour sauver les grandes banques européennes de la faillite, est-elle légitime ?<br /> L’augmentation des déficits publics et donc de la dette publique, due au refus de diminuer le montant des dépenses d’armement pour satisfaire les marchands de canon américains et européens, est-elle légitime ? Est-elle légitime alors-même que le Premier ministre turc, avait essuyé un refus définitif lorsqu’il s’était rendu, début 2010, à Athènes pour proposer une réduction de 20 % du budget militaire de chacun des deux pays ?<br /> <br /> Danièle Petel le 31 janvier 2015
C
CHARLES PEGUY &quot;L'ARGENT&quot;<br /> <br /> « Pour la première fois dans l’histoire du monde, les puissances spirituelles ont été toutes ensemble refoulées non point par les puissances matérielles mais par une seule puissance matérielle qui est la puissance de l’argent. Et pour être juste, il faut même dire : Pour la première fois dans l’histoire du monde toutes les puissances spirituelles ensemble et du même mouvement et toutes les autres puissances matérielles ensemble et d’un même mouvement qui est le même ont été refoulées par une seule puissance matérielle qui est la puissance de l’argent. Pour la première fois dans l’histoire du monde toutes les puissances spirituelles ensemble et toutes les autres puissances matérielles ensemble et d’un seul mouvement et d’un même mouvement ont reculé sur la face de la terre. Et comme une immense ligne elles ont reculé sur toute la ligne. Et pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est maître sans limitation ni mesure. Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est seul en face de l’esprit. »
M
LA VIOLENCE DES RICHES DE MICHEL Pinçon ET MONIQUE Pinçon-Charlot (FIN DE LA CONCLUSION)<br /> La découverte/proche <br /> <br /> Une nouvelle aristocratie s’est constituée à partir de l’emballement de la finance. Les titres de noblesse assuraient autrefois la continuité de la caste. Aujourd’hui, les fortunes visibles et les magots mis à l’abri dans les paradis fiscaux assurent la succession au sommet des générations dynastiques. Cette noblesse oligarchique a pris le contrôle de l’essentiel des forces politiques, à gauche comme à droite. La pensée unique triomphe, au-delà des coquetteries, pour amuser la galerie et justifier la coexistence de partis d’accord sur l’essentiel : le marché, la libre circulation des capitaux, le moins d’État, le chacun-pour-soi. Le tableau est incroyablement archaïque, renvoyant au régime des ordres, voire des castes. Le Tiers État comprenait la bourgeoisie naissante. Aujourd’hui, c’est aux intouchables que les plus démunis font penser. Pourtant, la machine infernale du néolibéralisme connaît les premiers soubresauts de la panne fatale. Les crises se succèdent, le chômage augmente, le bateau pris dans la tempête voit ses structures gémir sous les coups des scandales, de la mise au grand jour de la malhonnêteté intrinsèque de la pompe à profits du capitalisme.<br /> En démontant les mécanismes de la violence des riches à l’heure de « leur » mondialisation et en dévoilant leur arbitraire, leurs subterfuges économiques, politiques et idéologiques, nous avons voulu alerter sur la force et la détermination d’une classe sociale mobilisée pour la défense de ses intérêts, quitte à mettre en péril les autres classes, voire la planète elle-même. L’idée d’un changement radical peut faire peur, mais à tort. Tout au contraire, puisque le chaos c’est maintenant et qu’il est installé dans une spirale infernale. Il n’y a pas d’autre solution que de rompre avec un capitalisme devenu irresponsable, l’appât du gain immédiat faisant perdre le sens du possible et de la solidarité. Il faut faire rendre raison à ce système économico-politique qui a fait son temps. Sa perpétuation ne pourrait déboucher que sur une déflagration mondiale où le sens de l’intérêt collectif laisserait la place à une régression atroce par rapport aux acquis de l’époque des Lumières. Avec l’obscurité de la nuit réactionnaire pour quelques siècles.
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BLOG DE PAUL JORION<br /> <br /> LA FINANCE ET MME TOUT-LE-MONDE, <br /> un entretien au coin du feu <br /> 20 septembre 2013 par Paul Jorion | <br /> <br /> Pour vous, le coupable numéro 1, c’est la spéculation !<br /> <br /> Si la population a de moins en moins de pouvoir d’achat, l’argent qui est disponible au sommet et qui était autrefois investi dans des entreprises pour fabriquer des produits ne l’est plus, puisqu’il y a de moins en moins de gens qui peuvent les acheter… Désormais, il n’est plus utilisé que pour faire des paris sur les variations de prix : c’est la spéculation à tout va qui déforme la formation des prix. A quoi bon investir dans l’industrie, la fabrication de biens ou les services, quand la spéculation permet de rapporter en quelques secondes des centaines de millions de dollars ou d’euros ? La spéculation pénalise les producteurs quand les prix baissent exagérément et les consommateurs quand les prix sont trop élevés !<br /> Il faut interdire la spéculation<br /> Il faut interdire la spéculation. On croit qu’elle a toujours existé. Mais non ! On ne regarde pas assez l’histoire : les spéculateurs ont été longtemps assimilés à des délinquants. Elle est restée interdite en France jusqu’en 1885. Il suffisait de deux articles dans le Code pénal et un autre dans le Code civil. Dans un système où tout va bien, la spéculation passe inaperçue. Mais quand ça va mal, la spéculation peut tuer la bête !<br /> Les « hedge funds » qui ne font que spéculer<br /> Sur un marché à terme qui va permettre à des producteurs de vendre et à des acheteurs d’acheter à un prix déterminé, comme pour le blé par exemple, il n’y a que 5 à 20% de véritables négociants qui ont vraiment quelque chose à vendre… Les autres 80% sont là pour faire fluctuer les prix uniquement : ce sont les fameux « hedge funds », qui ne font que spéculer. Et aujourd’hui, même les assurances vie s’adressent à ces hedge funds qui, pour payer les intérêts, vont jouer avec les prix des denrées alimentaires, des matières premières. Ces paris ponctionnent des sommes astronomiques sur l’activité de l’économie réelle. Et sont criminels lorsqu’il s’agit des denrées alimentaires.<br /> <br /> La dissociation entre l’économie réelle et la sphère financière<br /> Cette dissociation entre l’économie réelle et la sphère financière fait que le système est à bout de souffle, à l’agonie. Et tout ce que les États font pour le renflouer ne profite qu’aux plus riches qui continuent à chercher comment placer leur excédent d’argent tandis que les pauvres s’enferment dans une spirale de surendettement : pour eux, l’argent s’assimile à une reconnaissance de dettes !<br /> Un exemple… Aux Etats-Unis, les étudiants ont pris l’habitude d’emprunter pour financer leurs études à l’université, car elles coûtent cher. Jusqu’à présent, les employeurs calculaient les salaires d’embauche en tenant compte de cet endettement. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, car il y a pénurie d’emplois. Une jeune étudiante qui s’était endettée de 120 000 dollars a eu l’idée de partager cette somme en 6 parts de 20 000 et a proposé à ceux qui les rembourseraient une part de 1% sur ce qu’elle gagnerait pendant toute sa vie. Or c’est exactement comme çà que le servage a commencé !!!<br /> L’erreur çà a été de reconstruire le système à l’identique entre 2008 et 2010. Ça n’a fait qu’aggraver les choses : on voit bien que de nombreux États sont ruinés.<br /> Celui qui devait être sauvé par le robot a tout simplement été éjecté : où est le progrès ?<br /> On espérait qu’avec l’apparition des machines, toute la société bénéficierait d’un allègement du travail. Mais en réalité le travail n’est pas allégé : un partage se fait entre ceux qui travaillent autant qu’avant et ceux qui sont mis au chômage : le bénéfice a été partagé entre les investisseurs et les dirigeants des entreprises. Celui qui devait être sauvé par le robot a tout simplement été éjecté. Et, en plus, on a inventé les stock options qui ont mis au même niveau les intérêts des investisseurs et des dirigeants. Cela représente aujourd’hui 43% de leurs gains, alors que la fiscalité les appelle « exceptionnels. Et pendant ce temps-là, les produits financiers se sont de plus en plus sophistiqués… Et quand on crie au génie pour les dernières trouvailles comme les imprimantes « 3D », on s’aperçoit que le premier produit qu’elles ont servi à fabriquer, ce sont des armes à feu ! C’est ça le « progrès » !!! ???<br /> <br /> Wikipedia<br /> Paul Jorion1, né le 22 juillet 19462 à Bruxelles, est un chercheur en sciences sociales, de nationalité belge, ayant fait usage des mathématiques dans de nombreux champs disciplinaires : anthropologie, sciences cognitives, et économie3.<br /> Il a enseigné dans les universités de Bruxelles, Cambridge, Paris-VIII[réf. nécessaire] et de Californie à Irvine. Il a également été fonctionnaire des Nations-unies (FAO), participant à des projets de développement en Afrique. Il détient depuis 2012 la chaire « Stewardship of Finance » (la finance au service de la communauté), à la Vrije Universiteit Brussel.
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BLOG DE PAUL JORION<br /> <br /> STOPPER LA SPECULATION<br /> <br /> 5 avril 2012 par Paul Jorion<br /> | <br /> Divers organes de presse reprennent une déclaration que j’ai faite à l’AFP (Le Point, Le Nouvel Observateur, L’Express, 20 minutes, Le Républicain Lorrain<br /> <br /> RENNES – L’anthropologue et économiste Paul Jorion, ancien financier qui avait prévu la crise des subprimes, estime que le futur président devra d’abord tenir compte de la gravité de la situation et « stopper la spéculation ».<br /> <br /> Q: Qu’attendez-vous du président après son élection ?<br /> R: J’attends tout d’abord qu’il prenne des mesures tenant réellement compte de la gravité de la situation, comme cela a pu être fait en 1933 par Franklin Roosevelt. Si c’est Nicolas Sarkozy qui est réélu, j’attends qu’il fasse – mieux vaut tard que jamais – ce qu’il a promis en septembre 2008, à savoir refonder le capitalisme. Si c’est François Hollande qui est élu, j’attends des mesures dans le même ordre d’idées, mais plus radicales, à savoir mettre en place les éléments du système qui remplacera le capitalisme dont la faillite a été constatée en 2007.<br /> <br /> Q: Que devra-t-il faire en premier ?<br /> R: Stopper la spéculation. Je le réclame depuis 2007. Ce n’est pas compliqué: il y avait deux articles qui l’interdisaient dans le code pénal (art. 421 et 422) et un autre dans le code civil (art. 1965). Ils ont été abrogés en 1885 sous la pression des milieux d’affaires, au terme d’une campagne qui a duré près de trente ans. Il suffit de restaurer ces articles.<br /> <br /> Q: Ce qu’il ne devra surtout pas faire ?<br /> R: Il ne devra surtout pas se mettre aux ordres du Fonds monétaire international (FMI) et prendre des décisions qui poursuivent la mise en application du programme ultralibéral de cet organisme depuis soixante-dix ans, et qu’il impose en ce moment à la Grèce.<br /> © 2012 AFP<br /> <br /> Appuyer sur Blog de Paul Jorion pour avoir l'article...
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EN GRECE, LES PREMIERES MESURES ANTIAUSTERITE IN QUIETENT L’UE ET AU-DELA<br /> <br /> Le Monde.fr avec AFP | 29.01.2015 à 12h02 • Mis à jour le 29.01.2015 à 18h03 <br /> Abonnez-vous<br /> à partir de 1 € Réagir Classer <br /> Partager facebook twitter google + linkedin pinterest <br /> <br /> L'essentiel<br /> • Le nouveau premier ministre grec, Alexis Tsipras, a réitéré sa volonté de négocier un allégement de la dette d'Athènes, tout en revenant sur les mesures d'austérité.<br /> • L'Union européenne a réagi en rappelant que les Grecs ne devaient cependant pas transférer leur fardeau aux citoyens des autres pays de la zone euro.<br /> <br /> Arrêt des privatisations, remontée du salaire minimal, réembauche de fonctionnaires : au lendemain des premières mesures antiaustérité du nouveau gouvernement grec, qui ont fait dévisser la Bourse d'Athènes, l'Union européenne (UE) durcit le ton.<br /> <br /> « Nous respectons le suffrage universel en Grèce, mais la Grèce doit aussi respecter les autres, les opinions publiques et les parlementaires du reste de l'Europe », a affirmé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, au Figaro, en soulignant qu'« il n'[était] pas question de supprimer la dette » d'Athènes, même si « des arrangements sont possibles ».<br /> <br /> « IL EST NORMAL QU'ELLE RESPECTE SES ENGAGEMENTS »<br /> Le ministre français de l'économie, Emmanuel Macron, s'est montré moins conciliant que d'autres responsables socialistes, qui s'étaient déclarés favorables à un rééchelonnement de la dette grecque.<br /> « Il n'y pas de dérogation spécifique due à la nouvelle situation politique, sinon quel signal enverrions-nous aux autres gouvernements ? (...) La Grèce a des engagements vis-à-vis de la zone euro, et il est normal qu'elle respecte ses engagements. »<br /> La France est prête à ce que le poids de la dette grecque soit allégé mais pas à une annulation, a déclaré de son côté le ministre des finances, Michel Sapin. Dans un entretien publié jeudi sur Libération, le ministre assure que la France est prête à négocier sous conditions de sérieux budgétaire et de réformes structurelles.<br /> <br /> LES INÉGALITÉS NE SONT PAS DUES À LA TROÏKA<br /> L'alternance politique en Grèce et les changements décidés par le nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras « ne doivent pas se faire au détriment » des autres Européens, a plaidé de son côté le ministre de l'économie allemand, Sigmar Gabriel. Les inégalités en Grèce ne sont pas le fait de la « troïka » mais de problèmes propres au pays, a-t-il insisté.<br /> Même le président du Parlement européen, Martin Schulz, premier dignitaire européen à être reçu à Athènes, jeudi après-midi, a été moins débonnaire que d'habitude. Sur LinkedIn, dans un point de vue intitulé « Ni drame ni drachme en Grèce », M. Schulz observe que « si le nouveau gouvernement Syriza veut 'dire non à tout', alors l'élan de M. Tsipras pourrait être de courte durée ».<br /> Réagissant à l'arrêt annoncé de la privatisation du port du Pirée, près d'Athènes, Pékin s'est dit jeudi « très préoccupé ». Le conglomérat chinois Cosco a déjà acquis deux terminaux du port du Pirée, près d'Athènes, et a été pressenti pour le rachat des 67 % de parts que l'Etat grec possède dans la société de ce port. Le processus de privatisation avait été lancé par le précédent gouvernement d'Antonis Samaras.<br /> La Bourse d'Athènes a ouvert en hausse jeudi, soutenue par les valeurs bancaires, au lendemain d'une chute de 9,24 % largement provoquée par ces dernières, les investisseurs s'inquiétant des mesures annoncées par le nouveau gouvernement Tsipras. Dans la soirée, l'indice a également fini dans le vert, avec un bond de 3,16 %.<br /> <br /> Appuyer sur Le Monde pour retrouver le journal
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LES INEGALITES REDUISENT LA CROISSANCE, AFFIRME L’OCEDE<br /> Aux Etats-Unis, la minorité des 1% les plus riches encaissait 9% du revenu global en 1981. Elle en touche désormais près de 20% (Crédits : Reuters) Ivan Best | 09/12/2014, 7:03 - 753 mots Contrairement à une idée bien établie, les inégalités ne sont pas un facteur de croissance, au contraire. C'est ce qu'affirme désormais l'OCDE <br /> C'est la fin d'une vérité bien établie : celle d'un « trade-off » entre inégalités et croissance. Traditionnellement, on estime que les sociétés peuvent faire un choix entre une croissance élevée, mais avec des inégalités importantes -Etats-Unis, par exemple- ou plus d'égalité, mais au prix d'une croissance plus faible (cas de la France). Dans une étude publiée ce mardi, l'OCDE décide de tordre le cou à cette idée tenace. Pour les experts, les inégalités ne peuvent être associées à une croissance supplémentaire, elles sont au contraire un facteur de moindre croissance.<br /> 8,5% de PIB en moins<br /> Cet arbitrage entre croissance et lutte contres égalités n'en est pas un, estiment désormais les experts. « Une nouvelle analyse de l'OCDE donne à penser que les inégalités de revenu ont une incidence négative, statistiquement significative, sur la croissance à moyen terme » écrivent-ils aujourd'hui. Selon leurs calculs, l'évolution moyenne des inégalités des 20 dernières années, au sein des pays de l'OCDE, ferait perdre 0.35 point de croissance par an sur 25 ans, soit une perte cumulée de PIB de 8.5 % à terme.&quot;<br /> Ainsi, écrivent les économistes,<br /> « on estime que le creusement des inégalités a coûté plus de 10 points de croissance au Mexique et à la Nouvelle-Zélande, près de 9 points au Royaume-Uni, à la Finlande et à la Norvège, et de 6 à 7 points aux États-Unis, à l'Italie et à la Suède. À l'inverse, une situation plus égalitaire avant la crise a contribué à faire progresser le PIB par habitant en Espagne, en France et en Irlande.<br /> L'argument de la liberté d'entreprendre<br /> Comment expliquer cette nouvelle prise de position de l'OCDE ? Après tout, il paraît logique qu'une grande liberté d'entreprendre -qui provoque souvent de plus fortes inégalités- engendre une croissance forte, alors qu'un système de redistribution, destiné à corriger les inégalités, vienne entraver l'initiative et donc réduire le niveau de l'activité économique. Les experts ne croient plus en cet argument. Ils mettent en avant la perte de capital humain -qui mine évidemment la croissance- liée à une faible formation de toute une partie de la population, victime des inégalités :<br /> Les faits viennent corroborer l'une des théories avancées quant à l'impact des inégalités sur la croissance, à savoir qu'en entravant l'accumulation de capital humain, les inégalités de revenu compromettent les possibilités de s'instruire pour les populations défavorisées, limitant ainsi la mobilité sociale et le développement des compétences.<br /> Cette affirmation est fondée sur une étude statistique, soulignent les experts<br /> L'analyse de données sur l'éducation et des résultats de la récente enquête de l'OCDE sur les compétences des adultes (PIAAC) révèle que le capital humain des personnes dont les parents ont un faible niveau d'instruction diminue à mesure que les inégalités de revenu sont plus prononcées. Ce qui n'est pratiquement pas le cas, voire pas du tout, avec un niveau d'instruction parental moyen ou élevé. La tendance se vérifie aussi bien au plan quantitatif (par ex., durée de la scolarité) que qualitatif (par ex., niveau de compétences).<br /> Exemple avec les maths: les experts constatent qu'un<br /> accroissement de six points des inégalités de revenu (correspondant à l'écart États-Unis-Canada en 2010) se traduit par un recul de six points du résultat obtenu par les individus d'origine modeste. Cela explique près de 40 % du fossé observé par rapport aux individus dont les parents ont un niveau d'instruction moyen.<br /> En somme, insiste l'OCDE,<br /> il ressort de l'analyse que les inégalités conditionnent fortement les perspectives des personnes défavorisées en matière d'instruction et de progression sociale.<br /> « La redistribution ne nuit pas à la croissance »<br /> A rebours des préconisations libérales habituelles, les économistes affirment que « la redistribution par l'intermédiaire des impôts et des prestations est le moyen le plus direct de corriger les inégalités ». Et de poursuivre<br /> « la redistribution n'est pas en soi un frein à la croissance économique ». Bien sûr, cela ne signifie pas pour autant que les mesures prises en ce sens ont toutes le même effet positif sur la croissance. Des politiques de redistribution mal ciblées et non centrées sur les outils les plus efficaces peuvent se solder par un gaspillage de ressources et être source d'inefficience.<br /> L'auteur <br /> Ivan Best<br /> <br /> <br /> Appuyez sur le titre pour avoir l'article
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Les 1% les plus riches possèderont en 2016 la moitié de la richesse mondiale<br /> <br /> Inégalités Pour endiguer le phénomène, Oxfam réclame &quot;l'organisation cette année d'un sommet mondial sur la fiscalité pour réécrire les règles fiscales internationales&quot;. (Crédits : reuters.com) latribune.fr avec AFP | 19/01/2015, 7:27 - 338 mots A l'approche du forum économique mondial de Davos, l'organisation Oxfam dénonce le creusement rapide du fossé entre grandes fortunes et le reste de la population mondiale. <br /> &quot;L'ampleur des inégalités mondiales est tout simplement vertigineuse&quot;.<br /> La dénonciation de cette inquiétante réalité, à l'approche de la 45e édition du forum économique mondial de Davos (Suisse), qui se tiendra de mercredi 21 janvier au samedi 24 janvier, vient de l'ONG Oxfam, pour laquelle d'ailleurs &quot;le fossé entre les grandes fortunes et le reste de la population se creuse rapidement&quot;.<br /> Etude à l'appui, l'organisation non-gouvernementale indique en effet que &quot;la part du patrimoine mondial détenu par les 1% les plus riches est passée de 44% en 2009 à 48% en 2014, et dépassera les 50 % en 2016&quot;. Ce qui signifie que le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépassera en 2016 celui des 99% restants.<br /> &quot;En 2014, les membres de cette élite internationale possédaient en moyenne 2,7 millions de dollars par adulte&quot;, souligne l'association.<br /> &quot;Le reste du cinquième (20%, ndlr) le plus riche de la population possède 46% du patrimoine mondial, alors que 80% de la population mondiale ne se partage que les 5,5% restant&quot;, précise encore Oxfam.<br /> Réécrire les règles fiscales internationales pour un monde plus juste<br /> L'organisation, dont la directrice générale Winnie Byanyima va coprésider le forum de Davos, appelle ainsi les dirigeants internationaux à s'attaquer &quot;aux intérêts particuliers des poids lourds qui font obstacle à un monde plus juste et plus prospère&quot;. Elle exhorte notamment les Etats à adopter un plan pour lutter contre les inégalités, en contrant l'évasion fiscale, en promouvant la gratuité des services publics, en taxant davantage le capital et moins le travail, en instaurant des salaires minimum ou encore en mettant en place une protection sociale pour les plus pauvres.<br /> Oxfam réclame également &quot;l'organisation cette année d'un sommet mondial sur la fiscalité pour réécrire les règles fiscales internationales&quot;.<br /> Plus de 300 dirigeants politiques, dont la chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, le Premier ministre chinois Li Keqiang et le secrétaire d'Etat américain John Kerry, sont attendus cette semaine à Davos.<br /> <br /> Appuyez sur le titre pour avoir l'article
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Les hedge funds : des &quot;fonds vautours&quot; devenus boucs émissaires<br /> Le Monde.fr | 27.01.2012 à 12h28 • Mis à jour le 16.03.2012 à 12h41 | Par Anna Villechenon<br /> Crise de la dette, spéculation, pratiques obscures : les hedge funds sont régulièrement les premiers cités parmi les acteurs de la finance de l'ombre. Si leur rôle dans la crise financière est particulièrement critiqué, leur fonctionnement reste méconnu.<br /> • De quoi &quot;hedge fund&quot; est-il le nom ?<br /> Les hedge funds sont des fonds d'investissement pratiquant la gestion alternative, avec un niveau de risque élevé : utilisation massive des produits dérivés, ventes à découvert, spéculation à la baisse, effet de levier…<br /> Autrement dit, ce sont des fonds spéculatifs qui exploitent les anomalies du marché et les failles de la réglementation financière pour réaliser des opérations juteuses. De cette manière, ils sont en capacité d'offrir des rendements plus élevés que des fonds &quot;classiques&quot;.<br /> Selon le cabinet d'analyse financière Eurekahedge, ils sont au nombre de 11 500 au niveau mondial. Peu ou pas – encore – réglementées, leurs pratiques sont donc peu transparentes, voire franchement opaques, notamment quand elles concernent les produits dérivés qui s'échangent le plus souvent de gré à gré, sans passer par des plateformes de trading organisées, et échappent donc à une grande partie des contrôles.<br /> La majorité des fonds spéculatifs sont montés par des gestionnaires indépendants qui ont fait fortune dans la gestion d'actifs. Cependant, certains d'entre eux appartiennent à de grandes banques ou en sont partenaires, comme Goldman Sachs Asset Management, par exemple.<br /> • Où sont implantés les hedge funds ?<br /> La moitié des hedge funds sont implantés dans des paradis fiscaux ou en &quot;offshore&quot; (Iles Caïman, Jersey, etc.). L'autre moitié est implantée d'abord aux Etats-Unis, puis en Europe et en Asie, indique Guillaume Monarcha, responsable de la recherche chez Orion Financial Partners.<br /> &quot;Ils s'implantent en offshore pour les avantages fiscaux et juridiques. C'est également lié à la distribution, car tous les investisseurs ne peuvent pas forcément investir où ils le souhaitent, pour des questions de régulation. Certains fonds spéculatifs jouent alors sur les deux tableaux : une partie de leur distribution se fait en offshore, l'autre non&quot;, souligne M. Monarcha.<br /> A rebours, fuir les paradis fiscaux peut également constituer une stratégie intéressante. &quot;Si vous voulez attirer des investisseurs plus prudents, les activités d'un fonds localisé hors paradis fiscal sont considérées a priori comme plus transparentes&quot;, relève Cyril Regnat, stratégiste chez Natixis.<br /> • Pourquoi les hedge funds sont-ils surnommés &quot;fonds vautours&quot; ?<br /> Jugés opportunistes, les hedge funds souffrent d'une très mauvaise image depuis le début de la crise, dont ils sont accusés d'avoir tiré profit, notamment en spéculant sur les dettes souveraines des pays en difficulté.<br /> Dernier exemple en date, et pas des moindres, celui de la dette souveraine hellénique : &quot;les hedge funds ont, pour certains, acheté de la dette grecque très décotée en espérant être remboursés à 100 % à la maturité du titre&quot;, expliquait Jean-François Robin, fin janvier. &quot;Ils ont spéculé sur un pays mourant&quot;, regrettait-il.<br /> Par conséquent, &quot;ces fonds d'investissement n'ont pas forcément intérêt à ce qu'un accord, avec une clause les obligeant à accepter le 'haircut' [la décote sur les titres], soit trouvé&quot;, remarquait M. Robin, alors que les négociations sur la restructuration de la dette grecque patinent depuis plusieurs jours.<br /> &quot;Si l'on observe la répartition des activités des hedge funds par stratégie, ceux qui ont potentiellement spéculé sur la dette grecque représentent moins de 5 %&quot;, nuance M. Monarcha. Ils ne sont ainsi qu'une poignée à participer aux négociations à Athènes.<br /> Ces pratiques sont, dans certains cas, punies par la justice. Ainsi, l'Américain David Einhorn et son hedge fund Greenlight Capital, soupçonnés d'avoir spéculé sur l'effondrement de la banque Lehman Brothers en 2008, ont été condamnés jeudi 26 janvier par la Financial Services Authorithy (FSA, l'autorité de contrôle de la City de Londres) à une amende de 7,2 millions de livres (8,6 millions d'euros) dont 3,6 millions pour M. Einhorn, pour un abus de marché.<br /> • Quel est le rôle des hedge funds dans l'économie ?<br /> Ils fondent leur stratégie d'investissement en pariant sur l'évolution des marchés. Cette tactique, bien que mûrement réfléchie, n'est pas infaillible. Réputés invincibles par certains, les hedge funds doivent néanmoins composer avec la volatilité des marchés, particulièrement importante en temps de crise.<br /> Ainsi, un rapport de Hedge Fund Research, publié le 26 octobre 2011, révélait que le troisième trimestre 2011 avait été l'un des pires de l'histoire du secteur, avec une baisse de 6,2 % de la performance. Or, le salaire des managers dépend en grande partie de la performance, puisque leur rémunération provient essentiellement de la commission de 20 % qu'ils touchent sur les résultats.<br /> C'est pourquoi, face à un paysage boursier en pleine mutation, les hedge funds redéfinissent leur portefeuille et se séparent des obligations comme du cash, pour se reporter sur les actifs réels – valeurs d'entreprise et matières premières – qui, eux, ont la cote.<br /> • D'où vient le mythe de l'infaillibilité des hedge funds ?<br /> Pour Guillaume Monarcha, il s'agit d'&quot;un mythe totalement faux, vieux du début des années 2000. Lors de l'explosion de la bulle Internet, de nombreuses classes d'actifs un peu risqués ont été fortement ébranlées&quot;.<br /> &quot;C'est à ce moment-là que les hedge funds ont acquis leur réputation d'invincibilité, car ils avaient soi-disant résisté, en maintenant leur performance, c'est-à-dire en n'ayant ni perdu ni gagné d'argent&quot;, rappelle-t-il.<br /> &quot;En réalité, cet équilibre est artificiel et repose sur le fait que certains fonds ont gagné de l'argent et que d'autres en ont perdu, insiste M. Monarcha. Ils ont ainsi créé une illusion de performance absolue, ce qui leur a permis de se développer fortement à partir de 2002&quot;.<br /> Il en va de même concernant leur supposée influence sur l'économie et leur capacité à générer une crise. En effet, les paris que font les hedge funds contribuent surtout à amplifier la volatilité des marchés. &quot;En spéculant sur les matières premières, à la hausse ou à la baisse, ils influent sur le cours de ces dernières, impactant indirectement l'inflation&quot;, explique M. Monarcha à titre d'exemple.<br /> Boucs émissaires évidents de la crise, les hedge funds y ont joué un rôle bien moindre que leur sulfureuse réputation ne laisse à penser. Leur faible nombre et la relative modestie de leurs encours ne leur confèrent qu'un pouvoir limité sur les marchés financiers. Tout juste peuvent-ils tenter d'en retirer un maximum de plus-values, et en cela, ils ne se distinguent guère des autres investisseurs.<br /> Anna Villechenon
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Ce que j'ai lu me donne à penser qu'ils (Pinçon-Charlot) sont vraiment &quot;dans le concret&quot;, par exemple avec &quot;Le Président des riches, Enquête sur l'Oligarchie dans la France de Sarkozy&quot;, La Découverte, (Poche) 2011, et les autres, &quot;ça sent la chair humaine&quot;, comme aurait dit Marc Bloch.<br /> Ils expliquent d'ailleurs pourquoi ils sont pratiquement les seuls à aller sur ce terrain.<br /> Bonne lecture. On verra surtout ce qu'ils pourront faire, ce qu'on admettra qu'ils fassent... En attendant, les discours à leur sujet sont bien amusants : avant / après / et ensuite ...<br /> Bien cordialement<br /> Gérard
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ALEXIS TSIPRAS EN FEVRIER 2013<br /> « Notre solution pour l’Europe »<br /> Le 3 janvier, l’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) concédait qu’une « erreur » avait conduit l’institution à sous-estimer l’impact négatif des mesures d’austérité qu’elle prône par ailleurs. Ce faisant, il apportait une caution inattendue à l’analyse que présente ici M. Alexis Tsipras, porte-parole de Syriza, la principale force de la gauche grecque.<br /> par Alexis Tsipras, février 2013, Le monde diplomtique <br /> Février 1953. La République fédérale d’Allemagne (RFA) croule sous les dettes et menace d’entraîner l’ensemble des pays européens dans la tourmente. Préoccupés par leur propre salut, ses créanciers — dont la Grèce — prennent acte d’un phénomène qui n’a surpris que les libéraux : la politique de « dévaluation interne », c’est-à-dire la réduction des salaires, n’assure pas le remboursement des sommes dues, au contraire.<br /> Réunis à Londres au cours d’un sommet exceptionnel, vingt et un pays décident de réévaluer leurs exigences à l’aune des capacités réelles de leur partenaire à faire face à ses obligations. Ils amputent de 60 % la dette nominale cumulée de la RFA et lui accordent un moratoire de cinq ans (1953-1958), ainsi qu’un délai de trente ans pour rembourser. Ils instaurent également une « clause de développement » autorisant le pays à ne pas consacrer au service de la dette plus d’un vingtième de ses revenus d’exportation. L’Europe vient de prendre le contre-pied du traité de Versailles (1919), jetant les fondations du développement de l’Allemagne de l’Ouest après la guerre.<br /> C’est précisément ce que la Coalition de la gauche radicale grecque (Syriza) propose aujourd’hui : procéder à rebours des petits traités de Versailles qu’imposent la chancelière allemande Angela Merkel et son ministre des finances Wolfgang Schäuble aux pays européens endettés, et nous inspirer de l’un des plus grands moments de clairvoyance qu’ait connus l’Europe d’après-guerre.<br /> Les programmes de « sauvetage » des pays d’Europe du Sud ont échoué, creusant des puits sans fond qu’on invite les contribuables à tenter de remplir. Parvenir à une solution globale, collective et définitive du problème de la dette n’a jamais été aussi urgent. Et l’on comprendrait mal qu’un tel objectif soit escamoté de façon à assurer la réélection de la chancelière allemande.<br /> Dans ces conditions, l’idée avancée par Syriza d’une conférence européenne sur la dette, sur le modèle de celle de Londres sur la dette allemande en 1953, représente, selon nous, la seule solution réaliste et bénéfique pour tous : une réponse globale à la crise du crédit et au constat de l’échec des politiques menées en Europe.<br /> Voici donc ce que nous demandons pour la Grèce :<br /> — une réduction significative de la valeur nominative de sa dette publique cumulée ;<br /> — un moratoire sur le service de la dette, afin que les sommes conservées soient affectées au redressement de l’économie ;<br /> — l’instauration d’une « clause de développement », afin que le remboursement de la dette ne tue pas dans l’œuf le redressement économique ;<br /> — la recapitalisation des banques, sans que les sommes en question soient comptabilisées dans la dette publique du pays.<br /> Ces mesures devront s’adosser à des réformes visant à une plus juste répartition des richesses. En finir avec la crise implique en effet de rompre avec le passé qui a permis de l’engendrer : œuvrer à la justice sociale, à l’égalité des droits, à la transparence politique et fiscale, bref à la démocratie. Un tel projet ne pourra être mis en œuvre que par un parti indépendant de l’oligarchie financière, cette poignée de chefs d’entreprise qui ont pris l’Etat en otage, d’armateurs solidaires entre eux et — jusqu’en 2013 — exemptés d’impôt, de patrons de presse et de banquiers touche-à-tout (et en faillite) qui portent la responsabilité de la crise et s’efforcent de maintenir le statu quo. Le rapport annuel 2012 de l’organisation non gouvernementale (ONG) Transparency International désigne la Grèce comme le pays le plus corrompu d’Europe.<br /> Cette proposition constitue à nos yeux la seule solution, à moins de se satisfaire du gonflement exponentiel de la dette publique en Europe, où elle dépasse déjà, en moyenne, 90 % du produit intérieur brut (PIB). C’est ce qui nous rend optimistes : notre projet ne pourra pas être rejeté, car la crise ronge déjà le noyau dur de la zone euro. La procrastination n’a d’autre conséquence que d’accroître le coût économique et social de la situation actuelle, non seulement pour la Grèce, mais également pour l’Allemagne et pour le reste des pays ayant adopté la monnaie unique.<br /> Pendant douze ans, la zone euro — inspirée des dogmes libéraux — a fonctionné comme une simple union monétaire, sans équivalent politique et social. Les déficits commerciaux des pays du Sud constituaient l’image renversée des excédents enregistrés au Nord. La monnaie unique a par ailleurs servi l’Allemagne, en « refroidissant » son économie après la coûteuse réunification de 1990.<br /> Briser, enfin, la collusion entre milieux politiques et économiques <br /> Mais la crise de la dette a bouleversé cet équilibre. Berlin a réagi en exportant sa recette de l’austérité, ce qui a aggravé la polarisation sociale au sein des Etats du Sud et les tensions économiques au cœur de la zone euro. Apparaît désormais un axe Nord-créditeurs / Sud-débiteurs, nouvelle division du travail orchestrée par les pays les plus riches. Le Sud se spécialisera dans les produits et les services à forte demande de main-d’œuvre avec des salaires planchers ; le Nord, dans une course à la qualité et à l’innovation, avec, pour certains, des salaires plus élevés.<br /> La proposition de M. Hans-Peter Keitel, président de la Fédération allemande de l’industrie (BDI), dans un entretien accordé au site Internet du Spiegel, visant à transformer la Grèce en « zone économique spéciale » (1) révèle le véritable objectif du mémorandum (2). Les mesures prévues par ce texte, dont la portée s’étend au moins jusqu’en 2020, se soldent par un échec retentissant, que reconnaît désormais le Fonds monétaire international (FMI). Mais, pour ses concepteurs, l’accord a l’avantage d’imposer une tutelle économique à la Grèce, qu’il ramène au rang de colonie financière de la zone euro.<br /> Son annulation constitue donc le préalable à toute sortie de crise : c’est le médicament qui est mortel et non la dose, comme le suggèrent certains.<br /> Il faudra par ailleurs s’interroger sur les autres causes de la crise financière en Grèce. Celles qui conduisent au gaspillage de l’argent public n’ont pas changé : le coût de construction de routes au kilomètre le plus élevé d’Europe, par exemple ; ou encore la privatisation des autoroutes en guise de « prépaiement » de nouveaux axes… dont la construction a été interrompue.<br /> L’extension des inégalités ne saurait être réduite à un effet secondaire de la crise financière. Le système fiscal grec reflète la relation clientéliste qui unit les élites du pays. Telle une passoire, il est criblé d’exemptions et de passe-droits taillés sur mesure pour le cartel oligarchique. Le pacte informel qui, depuis la dictature, soude le patronat et l’hydre à deux têtes du bipartisme — Nouvelle Démocratie et Mouvement socialiste panhellénique (Pasok) — en scelle le maintien. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’Etat renonce aujourd’hui à obtenir les ressources dont il a besoin par l’impôt, lui préférant la réduction continuelle des salaires et des retraites.<br /> Mais l’establishment — qui a survécu de justesse aux élections du 17 juin (3), en semant la peur quant à une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro — vit sous l’assistance respiratoire d’un second poumon artificiel : la corruption. La difficile tâche consistant à briser la collusion entre milieux politiques et économiques — une question qui ne concerne pas que la Grèce — constituera l’une des priorités d’un gouvernement populaire conduit par Syriza.<br /> Nous réclamons donc un moratoire sur le service de la dette pour changer la Grèce. Faute de quoi, toute nouvelle tentative d’assainissement financier fera de nous autant de Sisyphes condamnés à l’échec. A ceci près que, cette fois, le drame ne concerne plus seulement l’antique cité de Corinthe, mais l’Europe dans son ensemble.<br /> Alexis Tsipras<br /> Dirigeant de la Coalition de la gauche radicale grecque (Syriza)
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Ce n'était pas une critique de ma part. C'est plus l'état de mes humeurs par rapport à la sociologie que je pratique aussi. Et c'est un peu pour cela que je m'en méfie. Ce que tu me dis des Pinçon-Charlot me rassure s'ils vont vraiment dans le concret. En tout cas merci de tes apports à ce blog.
G
Oui, je me réfère volontiers aux &quot;Pinçon-Charlot&quot; car - je ne suis pas sociologue - de tous les sociologues que je connais (peu, en vérité) ce sont eux qui vont le plus loin dans le réel concret : le repérage précis et l'organisation des hommes et des femmes qui sont au coeur du &quot;système&quot;. Et ils n'euphémisent rien. Où est l'idéologie ?<br /> Je me réfère également, volontiers, à Frédéric Lordon, qui invite les sociologues -et les historiens ! à sortir de leurs disciplines et d'être un peu philosophes, par exemple, ce qui leur permettrait de voir par quels affects sont déterminées nos analyses rationnelles. Bien entendu, le conseil ne vaut pas pour toi qui le fais constamment, <br /> Par ailleurs, je me disais ces derniers temps que les événements qu'on sait illustrent terriblement, entre autres sujets, la toute-puissance du &quot;symbolique&quot; dans les comportements (in)humains. Réflexion à suivre, je pense.<br /> Salut, cher Etienne, à la prochaine.
E
Que faire ? C’est bien la question principale. Pour trouver la réponse, tu te réfères à Michel et Monique Pinçon. Ce sont, je pense, de très bons sociologues. Mais, comme je suis un peu sociologue moi-même, je me méfie de la sociologie, car il me semble qu’elle n’atteint pas vraiment le réel, elle n’atteint pas le sujet. C’est pourquoi j’ai toujours essayé de faire de la psychosociologie plutôt que de la sociologie. Et puis, je dois avoir un peu tort, mais je crains toujours que les sociologues ne fabriquent leur propre idéologie, leur propre pensée commune, modulée selon les tendances, qui peut s’écarter de la dimension scientifique. Ceci étant, je pense comme toi que les moralisations éthiques ont peu de poids et qu’il faut s’attaquer au système. C’est bien un peu le système que j’ai essayé de mettre en relief, un système dévoyé par la spéculation. Il est bien possible que le pavé jeté dans la mare par le Grèce soit susceptible de faire bouger les choses et, en particulier l’Europe.
G
Bien entendu, je suis encore d'accord sur l'essentiel de l'analyse : l'argent devenu une valeur en soi, un but, complètement déréalisé et désymbolisé, qui rend fou et tue la société, l'humain et, plus concrètement, les hommes eux-mêmes.<br /> Bien. Mais &quot;que faire ? &quot;.<br /> Pour ma part j'ai repris, de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, L'argent sans foi ni loi, Conversation avec Régis Meyran, Edition Textuel, 2012. C'est tout expliqué dedans, d'une manière très concrète. L'argent est le produit d'un système très concret, qu'il faut analyser d'un point de vue sociologique très précisément, d'un point de vue politique sans illusion, et d'un point de vue économique hors des nuages de fumée.<br /> L'argent, tel qu'on le subit, est produit par un ensemble de décisions dans des systèmes institutionnels faits pour ça, protégés par le politique et par la pensée dominante, le &quot;libéralisme triomphant&quot; -depuis les années 1980- qui fait passer pour naturelle, donc intouchable, sa propre domination. (J'entendais hier matin une explication -une justification ! - de la décision que prépare la Banque européenne : favoriser un peu d'inflation, prêter aux Etats, afin, disait-on sans aucun recul, de &quot;forcer les consommateurs à consommer&quot;. Je me refuse à être un &quot;consommateur&quot;, enrôlé au service la consommation, de la &quot;croissance&quot;, c'est-à-dire du profit).<br /> Les &quot;Pinçon-Charlot&quot;, soulignent très précisément le mécanisme, la sociologie et la réalité politique de ces décisions qui créent l'argent-roi, soulignent du même coup que les &quot;spéculations&quot; théoriques (cette fois) et les moralisations éthiques, sont nécessaires, utiles ; mais sont en fait de peu de poids. Elles ont pour effet de culpabiliser la masse, les salariés (traders compris), les chômeurs, les retraités, les précaires etc., au profit, finalement, de ceux qui créent l'argent par la spéculation, le divinisent, et en ramassent l'essentiel. C'est le &quot;système&quot; qu'il faut voir tel qu'il est, en identifiant précisément le groupe social qui le fait fonctionner (on dirait même : &quot;la classe sociale&quot;, la seule qui existe réellement comme telle, disent ailleurs les Pinçon Charlot , ce que proclame aussi Warren Buffet en connaissance de cause). On verrait aussi qu'en face de ceux-là, à côté des auxiliaires plus ou moins consentants, il y a &quot;la masse&quot;, atomisée et pour le moment passive et apathique comme le souhaitait la Trilatérale en 1973.<br /> Allons voir ce qui se passe en Grèce. Attendons voir ce qui se passera à Bruxelles, Paris, Berlin, Londres...<br /> Gérard Jaffrédou<br /> 25 Janvier 2015, 19h. <br /> PS : On peut lire aussi, des mêmes Pinçon-Charlot , &quot;Mon premier manuel d'économie&quot; (je ne sais plus l'éditeur). Et la BD &quot; Riche, pourquoi pas toi.&quot; Ed. Dargaud.<br /> Pour comprendre comment la &quot;pensée libérale&quot; nous a mangé la cervelle, voir : de Serge Halimi, &quot;Le Grand bond en arrière, Comment l'ordre libéral s'est imposé au monde&quot;, Agone, 2012, 785 p. Et pour mémoire et comme antidote, Bernard Maris, Antimanuel d'économie, T. 1 et T. 2, Bréal, 2003 et 2006. Il va nous manquer énormément.
E
Merci Claire. On en reparlera au prochain groupe de la parole.
C
Merci cher Etienne , pour le blog , cela me semble passionnant et on en parlera abondamment<br /> Le jour venu .
E
Il faut que le pouvoir politique, au niveau national et au niveau européen, reprenne ses droits pour réguler le fonctionnement des banques et des fonds de toute nature. Plus facile à dire qu'à faire !
W
Allez sur wikipedia, en appuyant sur le titre.
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J
&quot;Hedge Funds&quot;, très compliqués mais comment est-ce possible?
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O
Occupy Wall Street (Wikipedia)<br /> <br /> Occupy Wall Street (OWS) ou Occupy New York (en français : « Occupons Wall Street/New York » ) est un mouvement de contestation pacifique dénonçant les abus du capitalisme financier. Le mouvement débute le 17 septembre 2011 alors qu'environ 1 000 personnes manifestent dans les environs de Wall Street, le quartier de la bourse à New York. Une partie des manifestants érigent des installations de fortune dans le parc Zuccotti, « occupant » l'endroit dans une sorte de sit-in. Au cours des semaines suivantes, plusieurs centaines de manifestants vivent et dorment dans le parc.<br /> Très actif sur les réseaux sociaux, le mouvement s'inspire du printemps arabe, en particulier des révolutions tunisienne et égyptienne, ainsi que du mouvement des Indignés en Europe1.<br /> À partir du 9 octobre, le mouvement s'étend à l'ensemble des États-Unis et des manifestations similaires se tiennent dans 70 grandes métropoles avec la participation de 600 communautés. Le 15 octobre, date choisie pour être la première journée mondiale de protestation pour de vraies démocraties, le mouvement Occupy s'étend dans environ 1 500 villes de 82 pays.<br /> À la mi-novembre, dans la nuit du 14 au 15, les manifestants sont expulsés du parc par la police de New York, qui y interdit le campement.<br /> Malgré la fin de l'occupation, le mouvement poursuit des moyens de pression, notamment par des actions éclair et ciblées2[réf. insuffisante].<br /> Principales revendications<br /> « Ce que nous avons tous en commun, c'est que nous sommes les 99 % qui ne tolèrent plus l'avidité et la corruption des 1 % restanttrad 1. »<br /> — OccupyWallSt.org, ‘Occupy Wall Street' to Turn Manhattan into ‘Tahrir Square'3<br /> Selon Adbusters, un des premiers organisateurs des manifestations, le principal objectif de la protestation est de demander au président Barack Obama « d'ordonner une commission présidentielle pour mettre fin à l'influence que l'argent a sur la représentation (du peuple) à Washington »trad 2,4,3.<br /> Les manifestants protestent notamment contre le sauvetage des banques avec des fonds publics, les expulsions de logements par les banques et le taux élevé de chômage5,6.<br /> Septembre 2011<br /> À la suite des appels de la fondation Adbusters et du collectif Anonymous à protester contre Wall Street9,10,11, le début de l'occupation est prévu pour le 17 septembre12.<br /> Lors d'une conférence de presse tenue avant le début des protestations, le maire de New York Michael Bloomberg affirme que « le peuple a le droit de protester, et s'il veut protester, nous serons heureux de nous assurer qu'il aura des lieux pour le faire »trad 3,3.<br /> Le premier jour d'occupation de Wall Street, environ 1 000 personnes sont présentes13[réf. insuffisante]. Les officiers du NYPD interdisent aux manifestants d'ériger des tentes, invoquant des règles contre le flânage. Roseanne Barr s'adresse aux manifestants14. Environ 80 arrestations ont été faites le 24 septembre15, après que les manifestants ont forcé la fermeture de plusieurs routes16,17. La majorité des 80 arrestations mettaient en cause le blocage du trafic routier, tandis que certaines autres mettaient en cause la résistance aux forces de l'ordre.<br /> Octobre 2011<br /> <br /> Manifestations, le 14e jour de l'occupation.<br /> Les indignés tentent de traverser le pont de Brooklyn. La police new-yorkaise arrête 700 contestataires18. Plusieurs manifestants arrêtés portent plainte le 4 octobre contre la ville de New York, son maire et sa police, affirmant que la police les a trompés en les poussant à aller sur la route du pont avant de les interpeller parce que cela était interdit19.<br /> En date du 9 octobre, 900 villes à travers le monde sont occupées parmi lesquelles Auckland, Sydney, Hong Kong, Taipei, Tokyo, São Paulo, Paris, Madrid, Berlin, Hambourg, Leipzig et un bon nombre d'autres villes20. Le mouvement s'étend à d'autres villes américaines telles Boston, Chicago, Los Angeles, Washington, Miami, Portland (Maine), Denver et Kansas City21,22,23,24,25. Le 5 octobre, de 5 000 à 12 000 personnes défilent dans les rues du quartier financier de New York en soutien au mouvement26. Elles marquent le début d'un soutien politique et syndical au mouvement26. Le 6 octobre, le mouvement s'étend à 146 villes américaines27, dans 45 États américains, ainsi qu'à 28 villes à l'étranger28.<br /> Des militants projettent d'occuper des villes canadiennes à partir du 15 octobre21. Le 15 octobre, des manifestations sont organisées dans environ 1 500 villes de 82 pays29, suivant l'appel de la plate-forme Democracia Real Ya[réf. nécessaire]. À New York, 6 000 personnes manifestent à Times Square. Ailleurs, 4 000 personnes manifestent à Londres, 6 000 à Berlin, 5 000 devant le siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, plusieurs milliers à Paris20, Montréal et Toronto, 200 000 à Rome (où des violences ont été commises), 600 à Séoul, 200 à Hong Kong, etc29,30,31,20. En même temps, selon El Pais, environ 500 000 personnes étaient rassemblées Puerta del Sol à Madrid32.<br /> Le président Barack Obama encourage les manifestants durant le 16 octobre33 et la maison-Blanche explique qu'Obama travaille sur les intérêts des 99 %34.<br /> Novembre 2011<br /> Le 12 novembre, environ 10 000 personnes manifestent à nouveau devant le siège de la BCE. Ils dénoncent les excès de la spéculation et demandent au gouvernement américain le démantèlement des grandes banques35.<br /> Dans la nuit du 14 au 15, les manifestants sont expulsés du parc par la police de New York36. Il n'est désormais plus toléré d'y camper36,37.<br /> Le 17 novembre, des milliers de manifestants soulignent les deux mois du mouvement dans les rues de New York38. On dénombre une dizaine de manifestants et de policiers blessés ainsi qu'environ 200 arrestations38.<br /> Personnalités impliquées dans la contestation
H
Un « hedge fund » ou &quot;fond spéculatif&quot; est un organisme de détention collective d’actifs financiers, dont la particularité réside dans le rendement élevés de ces placements. Leur dirigeant sont payé en fonction de leurs performances. <br /> Les &quot;hedge funds&quot; recherchent des rentabilités élevées et utilisent abondamment les produits dérivés, en particuliers les options. Ils combinent deux activités :<br /> • La vente courte : ils empruntent des titres et les vendent en anticipant de les racheter à un prix plus bas sur lesmarchés avant le moment où ils devront les rembourser au prêteur ;<br /> • l’effet de levier, c’est-à-dire la capacité à engager un volume de capitaux qui soit un multiple plus ou moins grand de la valeur de leurs capitaux propres. <br /> Le premier hedge fund a été créé en 1949 aux Etats-Unis. Ils se sont développés rapidement au cours des années 60 et après une phase de déclin dans les années 80, retrouvent une phase d'exapnsion dans les années 90 suite à la libéralisation financière. En 2010, on compte environ 10 000 hedge funds avec un montant d'actif géré de plus de 1 427 milliards de dollars.<br /> Les hedge funds ont joué un rôle dans les différentes crises financières internationales depuis les années 1990.<br /> <br /> Appuyer sur le titre
E
C'est tout simplement la réalité, ce qui montre la perversité du système et l'urgence qu'il y a à intervenir.
D
L’argent n’est pas mauvais en soi. Au contraire il favorise les échanges.<br /> Tout es dit dans ce début. C'est sa fonction première et la seule véritable.<br /> Ton développement est juste, mais sans doute inefficace.<br /> Un espoir : le changement de pratique de la B.C.E.<br /> A condition que la finance réinvestisse ses liquidités dans l'économie de production et de consommation, réelle.<br /> D'après ce que tu as écris, cela me parait fort douteux.<br /> Bien à toi.<br /> -- <br /> denis jeanson
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E
Merci de ta promptitude à répondre. J'essaie simplement d'ouvrir les yeux des lecteurs en montrant que les méfaits de notre système viennent de la spéculation et surtout des &quot;hedge funds&quot;, qui pervertissent le fonctionnement de l'économie. C'est à ce niveau qu'il faut essayer de faire quelque chose. J'essaie aussi d'attirer l'attention sur la désymbolisation en chaîne de l'existence humaine, ce qui n'est pas une mince affaire.
O
Merci à Olivier Schmidt-C, qui fait référence à cet article dans son blog de blogs, que vous pouvez découvrir en appuyant précisément sur Olivier SC.
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G
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