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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 17:08
23 janvier 2015
 

Allusion au roi Midas et à ses oreilles d'âne

 

La nécessité de sortir de la spéculation pour sauver l’homme et redonner sa place à la création
 

Avec la crise monétaire ce n’est pas simplement l’économie, c’est l’homme lui-même qui est en danger. L’argent n’est pas mauvais en soi. Au contraire il favorise les échanges. Mais lorsqu’il quitte sa fonction de service pour devenir le maître à qui tout est référé, il est comme un virus destructeur qui inverse tous les processus conduisant à la construction de l’homme et du sujet.

Les ravages de la spéculation et tout particulièrement des « hedge funds »

Normalement, la finance est au service de la production et c’est de cette manière qu’elle contribue à engendrer de la richesse. Or pour produire il faut investir. En fait, il se trouve, aujourd’hui qu’il n’existe plus suffisamment de fonds disponibles pour l’investissement : il est plus facile de faire fructifier son argent en spéculant qu’en produisant. Grâce à l’appui des traders, il est possible parfois de gagner en quelques jours plus d’argent que l’entreprise ne peut le faire en une année de travail. Mais une telle richesse nouvelle est un leurre, elle est fictive, elle est en quelque sorte déréalisée. L’argent qui est un moyen est devenu une fin. Il est comme un roi qui organise toute la société autour de lui, mais, en voulant la développer, il finit par la déconstruire. C’est ainsi que le nouveau système complètement perverti met en place d’énormes fonds dont la seule fonction est de spéculer en jouant sur la fluctuation des prix. On les appelle des « hedge funds ». Aussi, sur les marchés, une bonne partie des négociants n’ont-ils rien à vendre ;  ils sont là pour jouer, y compris avec les matières premières et les produits de grande nécessité, comme les denrées alimentaires. Ils finissent par empocher les bénéfices à la baisse et à la hausse des cours, qu’ils provoquent sournoisement.
 

Une dissociation entre l’économie réelle et la sphère financière

Il devrait y avoir un jeu dialectique positif entre l’économie et la sphère financière. Or entre les deux il s’est produit une rupture ; le jeu ne fonctionne plus. L’économie manque d’oxygène parce qu’elle manque d’investissement. Les spéculateurs sont de plus en plus riches et les plus pauvres s’engouffrent dans la spirale du surendettement. Le système agonise et il est temps de redresser la barre. Dans le mythe grec de Midas, le roi avait demandé à Dionysos, qui voulait le remercier d’un service rendu, de faire en sorte que tout ce qu’il allait toucher se transformât en or. Comme nos financiers actuels, il faisait un absolu de ce qui devait rester un pur moyen. Mal lui en prit car il fut très vite enfermé dans un piège, se condamnant ainsi à mourir de faim ; sa nourriture se transformait en or avant qu’il n’ait pu l’absorber. Très vite il s’en fut voir le dieu pour sortir de l’impasse. En fait c’était sa mauvaise appréciation de l’harmonie du monde qui était en cause. Il préférait le jeu du dieu Pan sur sa flûte à celui d’Apollon sur sa lyre. Il fallait des oreilles bien exercées pour apprécier la différence. C’est pourquoi il ressortit de l’épreuve avec des oreilles d’âne.
 

L’inversion des processus et la désymbolisation de l’argent

Le parcours de l’homme consiste normalement en un processus de symbolisation, qui vise à intégrer et à mettre à sa place, dans un ensemble cohérent, chaque réalité du monde jusqu’à la mort elle-même. C’est ainsi que peut se construire progressivement le sujet. Si l’argent est retiré de l’ensemble pour être considéré pour lui-même comme un absolu, il sort de la symbolisation et provoque une inversion de tous les processus d’humanisation. Aussi, au lieu de libérer l’homme, il provoque sa régression et son aliénation.
 

Une désymbolisation en chaîne

Avec la désymbolisation de l’argent, c’est le ver qui se met dans le fruit de la vie : la vie se défait et la désymbolisation atteint toutes les autres réalités humaines, comme la rémunération, la technique et le travail... Il faut choisir entre la Vie et Mammon. C’est un phénomène perçu intuitivement, depuis longtemps, par les penseurs, les philosophes  et plus particulièrement les sages de tous les temps. La rémunération est perçue non pas comme un profit pour la collectivité, mais comme une dépense qui vient grever les bénéfices de l’entreprise ; elle n’est même pas considérée comme ce qui doit assurer la survie du travailleur, nécessaire à la production des biens et des services. De son côté, la technique se trouve progressivement privée du souffle qui doit provoquer son bon fonctionnement ; la machine finit par jouer contre l’homme lui-même en provoquant progressivement son éviction. Enfin le travail perd son sens, parce qu’il tend souvent à devenir répétitif ou simplement technique, en se dénouant de sa dimension créatrice.
 

Une nouvelle aristocratie qui contrôle les forces politiques

« Lutter contre les vieux ennemis de la paix - le monopole industriel et financier, la spéculation, la banque véreuse, l'esprit de clan. Ceux-là considèrent le pouvoir [...] comme un simple appendice de leurs affaires privées. Jamais dans toute notre histoire ces forces n'ont été aussi unies contre un candidat, unanimes dans leur haine à mon endroit. Et leur haine me fait plaisir." François Hollande en meeting, chauffé à blanc par des militants socialistes ? Non. Nicolas Sarkozy dans une figure de rhétorique électorale ? Toujours pas. L'auteur de ce discours prononcé au Madison Square Garden en octobre 1936 s'appelle Franklin Roosevelt, candidat sortant à la présidence des Etats-Unis. » (En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/les-lobbies-qui-tiennent-la-france_1409758.html#M1dM0zth95cpvu15.99) Depuis 1936, les lobbies n’ont fait que se multiplier, à Washington, à Paris, à Bruxelles et dans toutes les capitales. Ils sont l’émanation d’une oligarchie économique, qui tend à contrôler insidieusement  les forces politiques de gauche comme de droite.
 

Le triomphe de la pensée unique

Bien souvent nous croyons penser, mais c’est l’idéologie ambiante qui le fait pour nous. Sous l’effet de l’argent, elle uniformise les modes de réflexion, allant jusqu’à imposer la langue de la finance (l’anglais) pour tous les échanges, qu’ils soient économiques, culturels ou même scientifiques. Sans doute la réalité est-elle plus complexe, et les uns et les autres nous sommes prêts à réagir, mais nous le faisons avec les outils que la pensée unique a préfabriqués pour nous, si bien que nous finissons par tourner en rond. Il nous devient très difficile et presque impossible de changer de perspective pour inventer un nouvel avenir.
 

Un phénomène de décréation

Comme nous l’avons déjà suggéré, la désymbolisation du monde joue contre la vie qui invente la vie. Elle détruit la vision du réel et écarte les visionnaires qui pourraient nous entraîner à transformer le monde. Non seulement la création devient presque impossible, mais nous nous enfermons dans une spirale de décréation comme dans une sorte de descente aux enfers. Alors qu’il faudrait de véritables sujets, créateurs de différences,  pour affronter la mondialisation, c’est l’assujettissement qui nous guette à chaque instant, uniformisant les individus au point d’en faire des clones engendrés par le dieu argent et apparemment heureux de fusionner ensemble.
 

La solution passe par une progressive suppression de la spéculation et l’interdiction des « hedge funds »

Il faut revenir aux causes de la crise dans laquelle nous nous enfonçons : la principale est la spéculation qui trouve son accomplissement dans les « hedge funds ». Dans l’immédiat, il semble indispensable d’interdire ces fonds qui écartent les ressources financières, nécessaires à l’investissement, pour introduire le mensonge dans l’économie. Ils donnent naissance à des richesses fictives, qui enrichissent un petit nombre et finissent par appauvrir tous les autres, en commençant par les classes moyennes. C’est ainsi qu’il sera possible à terme de supprimer la spéculation, qui contribue à inverser le sens de l’argent en provoquant sa désymbolisation.

P.S. Cet article a bénéficié d’un travail commun avec Marie-Louise Fleckinger. Il s’est appuyé sur la réflexion de Paul Jorion dans son blog et de Michel et Monique Pinçon dans « La violence des riches » (La découverte/poche). Il a également bénéficié des intuitions de Charles Péguy dans son ouvrage « L’argent ». Par ailleurs, le mythe de Midas est aussi à l’arrière-fond de ce qui est ici proposé.

Etienne Duval

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Published by Duval Etienne
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commentaires

Aviron 25/01/2015 15:39

Profondément d'accord avec ton analyse mais je m'interroge sur les moyens à mettre en oeuvre pour aboutir à la progressive suppression de la spéculation et à l'interdiction des "hedge funds".

Romaric Godin - Le Tribune 19/02/2015 15:15

CE QUE VEUT L’ALLEMAGNE DANS LA CRISE GRECQUE
La Tribune du 19 février, par Romanic Godin
La position de l'Allemagne est logique : son coup de force de lundi a fonctionné, Athènes a cédé en premier. Elle veut que sa victoire soit complète. Alexis Tsipras a commencé à nouer autour de son cou la cravate que lui a offert Matteo Renzi le 3 février dernier et Berlin juge bon que l'on serre le nœud jusqu'au bout. L'enjeu pour le ministre allemand des Finances est central : il s'agit de prouver qu'aucune élection ne peut modifier les règles fixées auparavant et que la zone euro est prête pour cela à aller jusqu'au bout. Ainsi les électeurs espagnols tentés par Podemos ou irlandais tentés par le Sinn Fein devront y réfléchir à deux fois avant de placer leur bulletin dans l'urne. Le résultat sera que la démocratie en zone euro deviendra une démocratie encadrée par des règles destinées à appliquer certaines politiques économiques plutôt que d'autres. Wolfgang Schäuble est sur le point de réussir son pari.
Dans la réunion de l'Eurogroupe de ce vendredi 20 février, Athènes va devoir décider si elle refuse d'aller plus loin dans les concessions, ou si elle place l'urgence financière avant toute chose. Dans le second cas, elle devra céder à la logique allemande. Mais maintenant qu'elle a cédé la première, rétablir l'équilibre sera difficile. A moins que l'Eurogroupe décide de se dresser contre le maximalisme de Wolfgang Schäuble. Ce que les ministres des finances de la zone euro ont refusé de faire lundi...

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Gille Bridier 11/02/2015 18:37

SWISSLEAKS ET LUXLEAKS, de bonnes nouvelles pour la démocratie

Gilles Bridier

Appuyer sur le titre pour avoir l'article dans son contexte.
Economie
10.02.2015 - 0 h 00
mis à jour le 10.02.2015 à 7 h 51


L’évasion fiscale n’est plus seulement dénoncée; elle est matérialisée. Ce qui fait beaucoup plus mal aux fraudeurs.
Les scandales révélés par les SwissLeaks et autres LuxLeaks auparavant sont une bonne nouvelle pour la démocratie. Car, enfin, la lutte contre l’évasion fiscale entre dans le concret. Et avec elle, on peut espérer que ce fléau pour la démocratie, qui permet à certains contribuables de se soustraire à l’impôt, va enfin reculer.
Acquitter l’impôt est le premier des actes citoyens, car c’est la contribution de chaque citoyen au bon fonctionnement de la démocratie. Mais en contradiction totale avec cet axiome de base, les gouvernements ont très longtemps fermé les yeux sur des pratiques bancaires totalement couvertes et protégées par des Etats laxistes comme le Luxembourg ou la Suisse. Résultat: un trou de 1.000 milliards d’euros en Europe dans les caisses publiques, à cause de l’évasion!
En réalité, comme tous les pays participaient peu ou prou au phénomène, aucun n’avait véritablement intérêt à s’y attaquer, sauf à balayer d’abord devant sa porte. Le plus invraisemblable étant que des géants bancaires ayant pignon sur rue comme HSBC ou UBS (ils ne sont pas les seuls à proposer des filières d’évasion) aient pu inciter leurs clients à transgresser les lois en vigueur, en se plaçant eux-mêmes hors-la-loi et sans craindre d’éventuels retours de bâton.
Sans équité fiscale, la démocratie dépérit
Ainsi, depuis les années 70 et la libéralisation des mouvements de capitaux dans le monde, l’idée selon laquelle l’un des devoirs du citoyen vis à vis de la collectivité est de payer ses impôts, s’est considérablement altérée. On ne s’étonnera pas que, parallèlement, le sentiment d’appartenance à la collectivité se soit distendu.
Car en laissant s’instaurer une fuite de capitaux qui se traduit par exemple pour la France par un manque à gagner de quelque 60 milliards d’euros par an, on arrive vite à diviser les contribuables en deux catégories: ceux qui paient leurs impôts et supportent la charge du financement des services publics et des investissements de la collectivité. Et ceux qui se dérobent au fisc et profitent des services publics sans contribuer eux-mêmes à ces divers financements publics. Totalement inéquitable. Et sans équité, pas de collectivité soudée possible. On comprend vite pourquoi.
Par exemple, pour compenser le manque à gagner de l’évasion, les gouvernements ont dû accroître la pression fiscale, de 38,8% du PIB de l’Union européenne en 2011 à 39,4% en 2012, selon une enquête d’Eurostat. Pour la seule zone euro, la charge fiscale globale (impôts et cotisations sociales) est passée de 39,5% à 40,4% en 2012, et a continué à croître en 2013. La France, pour sa part, s’inscrivant dans le mouvement de hausse globale pour atteindre 45% de pression fiscale en 2012.
Mais surtout, on constate que la taxation du travail est en réalité la principale source de recettes fiscales dans presque tous les Etats membres; elle est même deux fois plus élevée que la taxation sur le capital. Ainsi en moyenne, les impôts sur le travail ont représenté en Europe 51% des recettes fiscales contre 20,8% pour les impôts sur le capital. Et alors que le capital va se loger dans des paradis fiscaux, la fiscalité sur le travail augmente plus vite que la fiscalité sur le capital, contrairement à une idée reçue. En France par exemple, 52,3% des recettes fiscales proviennent du travail, contre 23,6% pour le capital – le reste venant de la ponction sur la consommation.
Quand le travail est à ce point plus imposé que le capital et que, en plus, le capital s’expatrie pour échapper au fisc, les déséquilibres deviennent trop flagrants. Car ces inégalités de traitement favorisent les inégalités de revenus, dont certains sont imposés alors que d’autres ne le sont pas. Les limites de la démocratie sont atteintes. Car lorsque des milliards sont détournés et font défaut aux Etats, c’est sur les contribuables qui paient leurs impôts que la charge est reportée, d’une façon ou d’une autre. Insoutenable.
La Grèce, illustration en grandeur réelle
On voit, en grandeur réelle, le problème que l’évasion fiscale peut poser à un pays avec le cas de la Grèce.
L’évasion fiscale y aurait atteint 12 à 15% du PIB, soit 40 à 45 milliards d’euros! «Si nous pouvions en récupérer ne serait-ce que la moitié, le problème de la Grèce serait résolu», avait déclaré le directeur de la brigade grecque des contrôles fiscaux Nikos Lekkas, en 2012, au quotidien allemand Die Welt. Avec, par exemple dans le collimateur, la profession des armateurs qui profite d’un système dérogatoire, menaçant de délocaliser tous les bateaux battant pavillon grec au cas où elle perdrait ses avantages.
Depuis, les Grecs ont dû consentir de lourds sacrifices mais les armateurs ont conservé leurs avantages, ralentissant la remise à flots de l’économie grecque. Au point que de nombreux grecs, écœurés par la corruption et les passe-droits, ont été séduits par les discours populistes du parti néonazi Aube dorée, fort aujourd’hui de 17 députés au Parlement grec. La démocratie grecque a été la première victime de l’évasion fiscale pratiquée à grande échelle dans le pays.
La dérive démocratique a été enrayée avec les dernières élections: l’électeur a donné la parole au contribuable. Le triomphe du parti de gauche anti-austérité Syriza qui a porté Alexis Tsipras au poste de Premier ministre, impose maintenant au gouvernement grec de mener au pas de charge la réforme fiscale qui devra rétablir une certaine équité fiscale pour restaurer les comptes du pays et desserrer l’étau de l’austérité. Pour redonner un peu d’oxygène à la démocratie tout en rassurant les créanciers d’Athènes.
Argent et politique, liaisons dangereuses
On mesure ainsi le caractère vital pour les pays de disposer d’une classe politique indépendante du pouvoir de l’argent, non pour le combattre mais pour maintenir une égalité de traitement entre tous les citoyens et acteurs économiques. Certains intérêts particuliers comme ceux des armateurs grecs et de l’Eglise, deuxième propriétaire foncier du pays, dussent-ils en souffrir.
En prenant les opinions publiques à témoin, les révélations du consortium international de journalistes d’investigations ont obligé les Etats à réagir pour contraindre les plus laxistes d’entre eux à coopérer dans la lutte contre l’évasion fiscale. L’année 2015 pourrait être celle d’un véritable virage, notamment en Europe dans le sillage des Etats-Unis, a assuré Pierre Moscovici, commissaire européen en charge de la fiscalité.
Il ne s’agit pas d’empêcher la circulation des capitaux ni d’interdire l’ouverture de comptes à l’étranger, mais de rendre impossible de se soustraire au fisc. L’instauration du transfert automatique de données devra obliger tous les détenteurs de comptes à l’étranger à s’acquitter de leurs impôts pour les sommes déposées. La médiatisation des noms des contrevenants, qui s’ajoute à l’amende, rend l’évasion encore plus dissuasive. Non pas pour que la démocratie se transforme en dictature, mais pour qu’elle retrouve ses valeurs originelles.
Gilles Bridier

Jean-Jacques Meyel 11/02/2015 09:06

Appuyer sur le titre pour avoir le texte dans le Figaro.

Jean-Jacques Meyel 11/02/2015 09:04

GRECE, COUP D'ENVOI D'UNE NEGOCIATION A HAUT RISQUE

• Home ECONOMIE Conjoncture

o Par Jean-Jacques Mevel
o Publié le 10/02/2015 à 19:08
Les ministres des Finances de la zone euro ont convoqué une réunion extraordinaire pour entendre leur homologue grec.
Les Américains, du moins les amateurs de sensations fortes, parlent du «jeu de la poule mouillée»: deux bolides foncent l'un vers l'autre et le premier qui donne un coup de volant pour éviter le choc frontal a perdu. Chacun reste maître de son destin, à la différence de la roulette russe. Mais cela peut finir aussi mal.
À deux doigts de la faillite, la Grèce et son nouveau pilote, Alexis Tsipras, sont lancés sur une trajectoire de collision avec l'Europe. L'accrochage peut se produire dès ce mercredi soir, lors d'un rendez-vous d'urgence des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe). Pour un maximum d'effet, il peut attendre jeudi et le sommet européen. Un second Eurogroupe, lundi, servira de filet de sécurité. En tout cas, le choc ou la dérobade devront avoir lieu avant le 28 février à minuit, heure à laquelle l'UE sera en droit de couper les vivres au Trésor d'Athènes.
L'impatience monte
La dramaturgie compte autant que la substance dans ces heures tendues. Les autres pays de l'euro, à commencer par l'Allemagne, veulent circonscrire le débat à l'intérieur des règles de la discipline économique existante: pas de rallonge de crédit sans que la Grèce se plie aux conditions de ses créanciers. «Nous ne sommes pas en train de négocier un nouveau programme» avec la Grèce, a insisté mardi le grand argentier allemand Wolfgang Schäuble. Ce sont les créanciers qui ont obtenu la convocation ce mercredi d'un Eurogroupe extraordinaire, avec l'espoir ténu de déminer le rendez-vous des chefs.
Le contestataire Alexis Tsipras entend au contraire porter la bataille sur le terrain politique. C'est-à-dire au sommet, face à Angela Merkel, incarnation impériale de l'austérité aux yeux de beaucoup de Grecs. Dans le huis clos, il n'est pas sûr qu'il obtienne gain de cause. Les «grands» veulent parler de la Russie, de l'Ukraine et de lutte contre le terrorisme. «La Grèce n'est pas à l'ordre du jour de ce sommet, lâche sèchement un organisateur. Si j'étais conseiller de M. Tsipras, je lui recommanderais le plus grand doigté.»
Crédit-relais jusqu'à l'été
En public, la fermeté du premier ministre reste intacte. Il refuse en bloc un plan de sauvetage avec ses contreparties, la retenue budgétaire et la présence à Athènes de la troïka des créanciers. L'impatience, pourtant, est chaque jour plus manifeste. Le temps passe, l'argent va manquer. D'un débat tapageur sur l'annulation de la dette, le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, est passé en peu de jours à la recherche insistante de financements à très court terme. «Ce que la Grèce veut maintenant, c'est un crédit-relais jusqu'à l'été, mais nous ne lâcherons rien sans condition», insiste à Bruxelles le représentant d'un grand pays créancier. Pour éviter le choc, qui pourrait être très lourd de conséquences financières pour la Grèce, qui donnera le premier coup de volant?
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/02/10/20002-20150210ARTFIG00360-grece-coup-d-envoi-d-une-negociation-a-haut-risque.php

Fabrice Lhomme et Gérard Davet 10/02/2015 10:06

SWISSLEAKS par Fabrice Lhomme et Gérard Davet (Le monde)

« SwissLeaks » : révélations sur un système international de fraude fiscale
LE MONDE | 08.02.2015 à 21h56 • Mis à jour le 09.02.2015 à 07h56 | Par Fabrice Lhomme et Gérard Davet
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Les chiffres donnent le vertige. Le Monde publie le premier volet d’une enquête à la fois spectaculaire et inédite. Fruit d’investigations hors norme, menées entre Paris, Washington, Bruxelles ou Genève, elle dévoile les dessous d’un vaste système d’évasion fiscale accepté, et même encouragé, par l’établissement britannique HSBC, deuxième groupe bancaire mondial, par l’intermédiaire de sa filiale suisse HSBC Private Bank.
Le Monde, qui enquête sur l’affaire HSBC depuis son origine, est entré début 2014 en possession de données bancaires mondiales, portant sur la période 2005-2007 et établissant une gigantesque fraude à l’échelle internationale. Nous avons partagé ces données avec une soixantaine de médias internationaux, coordonnés par l’ICIJ, consortium de journalistes d’investigation. Leur révélation est susceptible d’embarrasser de nombreuses personnalités, de l’humoriste français Gad Elmaleh au roi du Maroc Mohamed VI en passant par l’acteur américain John Malkovich, mais surtout d’ébranler les milieux bancaires internationaux.
Selon les enquêteurs, 180,6 milliards d’euros auraient transité, à Genève, par les comptes HSBC de plus de 100 000 clients et de 20 000 sociétés offshore, très précisément entre le 9 novembre 2006 et le 31 mars 2007. Une période correspondant aux archives numérisées dérobées chez HSBC PB par Hervé Falciani, ancien employé de la banque.
En effet, à la fin de l’année 2008, cet informaticien français avait fourni aux agents du fisc français les données volées chez son employeur. Saisie de ces faits en janvier 2009, la justice française enquête depuis sur une toute petite partie des « listings Falciani », à savoir les quelque 3 000 ressortissants hexagonaux suspectés d’avoir dissimulé leur argent chez HSBC PB, et ce avec la complicité de la banque – de ce fait mise en examen comme personne morale pour « démarchage bancaire et financier illicite » et « blanchiment de fraude fiscale ».
Lire aussi : « SwissLeaks » : le dossier d’instruction vertigineux contre HSBC
Plus de 5,7 milliards d’euros auraient été dissimulés par HSBC PB dans des paradis fiscaux pour le compte de ses seuls clients français… Bercy a saisi la justice de soixante-deux cas seulement (dont celui de l’héritière de Nina Ricci, dont le procès doit s’ouvrir dans quelques jours à Paris), la plupart des contribuables hexagonaux « démasqués » par les listings Falciani ayant, il est vrai, régularisé entre-temps leur situation fiscale.
Le 28 janvier 2014, sous le titre « Listes HSBC : la saga d’une enquête explosive sur l’évasion fiscale », Le Monde publiait une première série d’articles dévoilant les dessous de l’enquête judiciaire française. Mais il manquait l’aspect mondial…
Quelques jours plus tard, une personne se présentait à l’accueil du journal, boulevard Auguste-Blanqui, à Paris. Cette source, dont nous protégeons l’anonymat, nous remit une clé USB contenant la totalité des fichiers établis à partir des « données Falciani », dans le plus grand secret, à compter de 2009, par les services fiscaux français, parfois en dépit des réticences du pouvoir politique.
Qui trouve-t-on sur ces listings – transmis par Bercy à plusieurs administrations étrangères –, et dont nous révélons les noms lorsqu’ils présentent un intérêt public ? Des trafiquants d’armes ou de stupéfiants, des financiers d’organisations terroristes, des hommes politiques, des vedettes du showbiz, des icônes du sport ou des capitaines d’industrie… Désireux, dans leur grande majorité, de cacher leur argent en Suisse. Et cela, bien sûr, très souvent, à l’instar des clients français, dans la plus parfaite illégalité. La disparité des profils des détenteurs de comptes est assez frappante. Les chirurgiens français désireux de blanchir leurs honoraires non déclarés y côtoient des diamantaires belges, des protagonistes de l’affaire Elf ou de nombreuses familles juives dont les avoirs avaient été mis en lieu sûr, en Suisse, au moment de la montée du nazisme en Europe…
Le paravent de structures offshore
Nombre d’entre eux ont été illicitement démarchés en France par les gestionnaires de comptes de la banque. Tous ont été encouragés par le comité exécutif d’HSBC PB à mieux camoufler leur argent derrière le paravent de structures offshore, généralement basées au Panama ou dans les îles Vierges britanniques, et ce afin d’éviter certaines taxes européennes, notamment la taxe ESD, instituée en 2005. Les enquêteurs disposent désormais d’éléments matériels attestant ces différents délits.
Lire aussi : « SwissLeaks » : HSBC, la banque de tous les scandales
A affaire exceptionnelle, traitement exceptionnel : destinataire exclusif de ces informations explosives, Le Monde a décidé, au printemps 2014, afin d’en assurer le traitement le plus exhaustif et le plus rigoureux possible, de les partager avec des médias internationaux grâce à l’ICIJ, basé aux Etats-Unis, qui avait déjà collaboré avec Le Monde notamment lors des opérations « Offshore Leaks » (en 2013) et « LuxLeaks » (en 2014). Au total ont été mobilisés, dans la plus grande discrétion, 154 journalistes de 47 pays travaillant pour 55 médias (Le Guardian en Grande-Bretagne, le Süddeutsche Zeitung en Allemagne, l’émission « 60 minutes », de CBS, aux Etats-Unis…).
HSBC Private Bank comme les autorités politiques et judiciaires suisses contestent depuis le début de l’affaire aussi bien les chiffres établis par le fisc et la justice française que l’utilisation de ces données, au motif que ces dernières sont le produit d’un vol. Son auteur, Hervé Falciani, qui tenta de revendre ses fichiers avant de se raviser et de les fournir aux autorités françaises, a d’ailleurs été mis en accusation par le ministère public de la Confédération helvétique, le 11 décembre 2014, pour « espionnage économique », « soustraction de données » et « violation du secret commercial et bancaire ».
La Suisse, qui voit d’un très mauvais œil les investigations menées par la justice et le fisc français, considère surtout que les données initiales ont été trafiquées, ce que dément formellement l’enquête judiciaire française – de même que les investigations du Monde. Le 27 février 2014, les deux juges d’instruction français chargés de l’affaire concluaient d’ailleurs à propos des listings que leur « authenticité [avait] été vérifiée par les auditions de nombreux titulaires de comptes qui ont du reste transigé avec l’administration fiscale sur la base de ce fichier ». De son côté, HSBC PB semble prête à en faire de même avec la justice française afin d’éviter un procès ruineux – et pas seulement en termes d’im

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/02/08/swissleaks-revelations-sur-un-systeme-international-de-fraude-fiscale_4572319_3234.html#MSqj3yhFzcYUGYkv.99

Appuyer sur le titre

Wikipedia 24/01/2015 22:51

Allez sur wikipedia, en appuyant sur le titre.

Jean Puel 24/01/2015 11:09

"Hedge Funds", très compliqués mais comment est-ce possible?

Occupy Wall street, un mouvement contre la spéculation 24/01/2015 22:47

Occupy Wall Street (Wikipedia)

Occupy Wall Street (OWS) ou Occupy New York (en français : « Occupons Wall Street/New York » ) est un mouvement de contestation pacifique dénonçant les abus du capitalisme financier. Le mouvement débute le 17 septembre 2011 alors qu'environ 1 000 personnes manifestent dans les environs de Wall Street, le quartier de la bourse à New York. Une partie des manifestants érigent des installations de fortune dans le parc Zuccotti, « occupant » l'endroit dans une sorte de sit-in. Au cours des semaines suivantes, plusieurs centaines de manifestants vivent et dorment dans le parc.
Très actif sur les réseaux sociaux, le mouvement s'inspire du printemps arabe, en particulier des révolutions tunisienne et égyptienne, ainsi que du mouvement des Indignés en Europe1.
À partir du 9 octobre, le mouvement s'étend à l'ensemble des États-Unis et des manifestations similaires se tiennent dans 70 grandes métropoles avec la participation de 600 communautés. Le 15 octobre, date choisie pour être la première journée mondiale de protestation pour de vraies démocraties, le mouvement Occupy s'étend dans environ 1 500 villes de 82 pays.
À la mi-novembre, dans la nuit du 14 au 15, les manifestants sont expulsés du parc par la police de New York, qui y interdit le campement.
Malgré la fin de l'occupation, le mouvement poursuit des moyens de pression, notamment par des actions éclair et ciblées2[réf. insuffisante].
Principales revendications
« Ce que nous avons tous en commun, c'est que nous sommes les 99 % qui ne tolèrent plus l'avidité et la corruption des 1 % restanttrad 1. »
— OccupyWallSt.org, ‘Occupy Wall Street' to Turn Manhattan into ‘Tahrir Square'3
Selon Adbusters, un des premiers organisateurs des manifestations, le principal objectif de la protestation est de demander au président Barack Obama « d'ordonner une commission présidentielle pour mettre fin à l'influence que l'argent a sur la représentation (du peuple) à Washington »trad 2,4,3.
Les manifestants protestent notamment contre le sauvetage des banques avec des fonds publics, les expulsions de logements par les banques et le taux élevé de chômage5,6.
Septembre 2011
À la suite des appels de la fondation Adbusters et du collectif Anonymous à protester contre Wall Street9,10,11, le début de l'occupation est prévu pour le 17 septembre12.
Lors d'une conférence de presse tenue avant le début des protestations, le maire de New York Michael Bloomberg affirme que « le peuple a le droit de protester, et s'il veut protester, nous serons heureux de nous assurer qu'il aura des lieux pour le faire »trad 3,3.
Le premier jour d'occupation de Wall Street, environ 1 000 personnes sont présentes13[réf. insuffisante]. Les officiers du NYPD interdisent aux manifestants d'ériger des tentes, invoquant des règles contre le flânage. Roseanne Barr s'adresse aux manifestants14. Environ 80 arrestations ont été faites le 24 septembre15, après que les manifestants ont forcé la fermeture de plusieurs routes16,17. La majorité des 80 arrestations mettaient en cause le blocage du trafic routier, tandis que certaines autres mettaient en cause la résistance aux forces de l'ordre.
Octobre 2011

Manifestations, le 14e jour de l'occupation.
Les indignés tentent de traverser le pont de Brooklyn. La police new-yorkaise arrête 700 contestataires18. Plusieurs manifestants arrêtés portent plainte le 4 octobre contre la ville de New York, son maire et sa police, affirmant que la police les a trompés en les poussant à aller sur la route du pont avant de les interpeller parce que cela était interdit19.
En date du 9 octobre, 900 villes à travers le monde sont occupées parmi lesquelles Auckland, Sydney, Hong Kong, Taipei, Tokyo, São Paulo, Paris, Madrid, Berlin, Hambourg, Leipzig et un bon nombre d'autres villes20. Le mouvement s'étend à d'autres villes américaines telles Boston, Chicago, Los Angeles, Washington, Miami, Portland (Maine), Denver et Kansas City21,22,23,24,25. Le 5 octobre, de 5 000 à 12 000 personnes défilent dans les rues du quartier financier de New York en soutien au mouvement26. Elles marquent le début d'un soutien politique et syndical au mouvement26. Le 6 octobre, le mouvement s'étend à 146 villes américaines27, dans 45 États américains, ainsi qu'à 28 villes à l'étranger28.
Des militants projettent d'occuper des villes canadiennes à partir du 15 octobre21. Le 15 octobre, des manifestations sont organisées dans environ 1 500 villes de 82 pays29, suivant l'appel de la plate-forme Democracia Real Ya[réf. nécessaire]. À New York, 6 000 personnes manifestent à Times Square. Ailleurs, 4 000 personnes manifestent à Londres, 6 000 à Berlin, 5 000 devant le siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, plusieurs milliers à Paris20, Montréal et Toronto, 200 000 à Rome (où des violences ont été commises), 600 à Séoul, 200 à Hong Kong, etc29,30,31,20. En même temps, selon El Pais, environ 500 000 personnes étaient rassemblées Puerta del Sol à Madrid32.
Le président Barack Obama encourage les manifestants durant le 16 octobre33 et la maison-Blanche explique qu'Obama travaille sur les intérêts des 99 %34.
Novembre 2011
Le 12 novembre, environ 10 000 personnes manifestent à nouveau devant le siège de la BCE. Ils dénoncent les excès de la spéculation et demandent au gouvernement américain le démantèlement des grandes banques35.
Dans la nuit du 14 au 15, les manifestants sont expulsés du parc par la police de New York36. Il n'est désormais plus toléré d'y camper36,37.
Le 17 novembre, des milliers de manifestants soulignent les deux mois du mouvement dans les rues de New York38. On dénombre une dizaine de manifestants et de policiers blessés ainsi qu'environ 200 arrestations38.
Personnalités impliquées dans la contestation

Hedge funs selon le glossaire international 24/01/2015 15:17

Un « hedge fund » ou "fond spéculatif" est un organisme de détention collective d’actifs financiers, dont la particularité réside dans le rendement élevés de ces placements. Leur dirigeant sont payé en fonction de leurs performances.
Les "hedge funds" recherchent des rentabilités élevées et utilisent abondamment les produits dérivés, en particuliers les options. Ils combinent deux activités :
• La vente courte : ils empruntent des titres et les vendent en anticipant de les racheter à un prix plus bas sur lesmarchés avant le moment où ils devront les rembourser au prêteur ;
• l’effet de levier, c’est-à-dire la capacité à engager un volume de capitaux qui soit un multiple plus ou moins grand de la valeur de leurs capitaux propres.
Le premier hedge fund a été créé en 1949 aux Etats-Unis. Ils se sont développés rapidement au cours des années 60 et après une phase de déclin dans les années 80, retrouvent une phase d'exapnsion dans les années 90 suite à la libéralisation financière. En 2010, on compte environ 10 000 hedge funds avec un montant d'actif géré de plus de 1 427 milliards de dollars.
Les hedge funds ont joué un rôle dans les différentes crises financières internationales depuis les années 1990.

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Etienne Duval 24/01/2015 11:11

C'est tout simplement la réalité, ce qui montre la perversité du système et l'urgence qu'il y a à intervenir.

Denis Jeanson 24/01/2015 10:44

L’argent n’est pas mauvais en soi. Au contraire il favorise les échanges.
Tout es dit dans ce début. C'est sa fonction première et la seule véritable.
Ton développement est juste, mais sans doute inefficace.
Un espoir : le changement de pratique de la B.C.E.
A condition que la finance réinvestisse ses liquidités dans l'économie de production et de consommation, réelle.
D'après ce que tu as écris, cela me parait fort douteux.
Bien à toi.
--
denis jeanson

Etienne Duval 24/01/2015 10:55

Merci de ta promptitude à répondre. J'essaie simplement d'ouvrir les yeux des lecteurs en montrant que les méfaits de notre système viennent de la spéculation et surtout des "hedge funds", qui pervertissent le fonctionnement de l'économie. C'est à ce niveau qu'il faut essayer de faire quelque chose. J'essaie aussi d'attirer l'attention sur la désymbolisation en chaîne de l'existence humaine, ce qui n'est pas une mince affaire.

Olivier SC 23/01/2015 23:06

Merci à Olivier Schmidt-C, qui fait référence à cet article dans son blog de blogs, que vous pouvez découvrir en appuyant précisément sur Olivier SC.

Google 24/01/2015 09:06

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