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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 18:44

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La figure révolutionnaire du Christ pour Saint Paul

 

En ces moments où notre attention est attirée par les remous de plusieurs peuples en révolution, la relecture de Saint Paul nous montre que le christianisme est fondé sur un acte révolutionnaire opéré par le Christ lui-même. Il ne s’agit pas d’une révolution, qui s’inscrirait dans un environnement particulier, mais d’une révolution radicale, qui ouvre la voie pour la libération de la liberté elle-même. Elle se présente comme l’accomplissement et la matrice de toute révolution.
 

Le souffle de la révolution au cœur du christianisme pour Saint Paul

Dans l’épitre aux Galates, chapitre 5, Saint Paul sent une menace peser sur les premiers chrétiens : certains voudraient imposer aux nouveaux convertis la circoncision exigée par le judaïsme. Le risque d’un retour en arrière est manifeste et la révolution opérée par le Christ est en danger. L’apôtre est hors de lui. Dès le début du chapitre, il fait  jouer ensemble les deux mots, liberté et libération, qui se renforcent l’un et l’autre, pour souligner la dimension originale du christianisme. « C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés ; tenez donc ferme et ne vous mettez pas à nouveau sous le joug de l’esclavage » (Ga, 5,1, traduction Osty). Et un peu plus loin, il insiste à nouveau : « Pour vous, frères, c’est à la liberté que vous avez été appelés » (Ga, 5, 13).
 

Le désir fondamental d’être soi et l’avènement du sujet

Ici, le Christ répond à un désir fondamental de l’homme, au désir d’être soi, qui est aspiration à la liberté. D’emblée, il ouvre l’espace le plus large possible à la construction et à l’avènement du sujet. L’homme n’est pas fait pour l’esclavage, sous toutes ses formes. Il doit pouvoir respirer, à pleins poumons, dans le souffle même de la liberté. Et, dans son épitre, l’apôtre cherche moins à imposer une doctrine nouvelle qu’à engager les fidèles dans l’acte de penser, qui est libération de l’esprit au cœur de lui-même. Il s’agit de faire sortir les fidèles de l’idéologie ancienne, qui conditionne encore leur manière de réagir, en leur apprenant à penser par eux-mêmes. Un combat est mené entre l’idéologie qui pense pour vous et la pensée elle-même, qui implique l’affirmation du sujet. Penser c’est toujours penser par soi-même. Saint Paul a tellement réussi en ce sens qu’il continue, aujourd’hui encore, à alimenter notre propre pensée en lui fournissant les éclairages les plus essentiels. Peut-être nous rappelle-t-il ainsi que le fait de penser est un des fondements essentiels de notre liberté.

 

L’ancrage dans l’élan de la vie et le souffle de l’Esprit

L’apôtre Paul cherche à nous faire entrer dans l’élan de la vie ou l’élan même de la création. Il parle du pneuma, qui est littéralement le souffle de la vie et il l’oppose à la chair, qui échappe à ce souffle. Malheureusement le mot grec a été mal traduit : le traducteur parle d’esprit, faisant penser à une dialectique qui n’existe pas dans le texte entre ce qui est spirituel et ce qui est charnel. Nous avons, en effet, oublié qu’esprit veut dire souffle de vie et nous orientons le sens d’un tel mot en direction d’une réalité particulièrement éthérée, qui est contraire à la vérité « Je le dis : conduisez-vous par le souffle de vie, et vous n’accomplirez pas la convoitise de la chair » (Ga, 5,  16). Et il insiste ainsi jusqu’au verset 26, multipliant les mots et les évocations  pour nous ancrer dans le souffle créateur de la vie et nous écartant délibérément de tout comportement qui se situerait en dehors d’un tel élan. Or c’est aussi le désir lui-même qui est en cause, pour les hommes, car il est porteur du dynamisme de la vie.

En passant par le souffle de la vie, Paul veut faire comprendre que le Christ nous entraîne du côté de l’Esprit, utilisant le même mot « Pneuma », mais avec une majuscule. Autrement dit il ne suffit pas d’adhérer au Christ, il est également nécessaire de se convertir au Souffle créateur de l’Esprit comme il l’a fait lui-même. Il faut aller jusqu’au bout de l’ancrage dans l’élan de vie en s’arrimant à ce qui apparaît comme le Souffle fondamental. C’est L’Esprit qui justifie en nous installant dans une juste position. « Vous vous êtes exclus de Christ, vous qui cherchez la justification dans la Loi ; vous êtes déchus de la grâce. Pour nous, en effet, c’est par l’Esprit que nous attendons de la foi la justice espérée » (Ga 5, 4 et 5).

 

L’inscription de l’autre dans le sujet

Pour Paul et encore plus pour le Christ, le désir d’être soi qui conduit à l’avènement du sujet ne nous enferme pas dans une individualité refermée sur elle-même. La Loi, comme réalité structurante, débarrassée de ses particularités, a précisément pour but d’inscrire l’autre à l’intérieur du sujet. Aussi, en désirant être soi, l’homme est amené à désirer que le prochain soit aussi lui-même. Il devient impossible de s’aimer soi-même sans aimer l’autre car l’autre est intérieur à soi comme sujet. « … la Loi tout entière tient pleinement en une seule parole, en celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Ga, 5, 14).

 

Le scandale de la croix ou la mort comme passage vers la vie

A travers la révolution réalisée par le Christ pour que l’homme puisse accéder à la liberté du sujet, il reste encore à donner une place à la mort au sein même de l’être soi. Autrement dit, c’est non seulement l’autre qui est inscrit dans le sujet, c’est également la mort. Pour ceux qui ont peur de la mort, la croix apparaît scandaleuse : elle est proprement incompréhensible et même insensée au point d’arrêter les disciples de bonne volonté. Mais pour ceux qui acceptent de lui faire une place en eux-mêmes, elle devient passage vers la vie. Comment pourrais-je évoluer si je ne voulais rien perdre de cette vie qui est la mienne ? Comment la chenille pourrait-elle devenir papillon si elle n’acceptait pas de mourir en tant que chenille ? Et sous l’action de l’Esprit, la mort du Christ sur la croix  et à sa suite notre propre mort sont une sorte de rupture nécessaire pour passer à un autre niveau et accéder à la vie éternelle. Ainsi les paroles de Paul deviennent-elles plus compréhensibles. « Pour moi, frères, si je prêche  encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté ? Il est donc aboli, le scandale de la croix !... Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises » (Ga, 11 et 24). La croix du Christ révèle la nécessité de croiser la mort et la vie pour faire triompher la vie.

 

Le temps de la révolution est ouverture à l’engendrement du sujet chez l’homme

Par l’acceptation de sa mort sur la croix pour faire triompher la liberté, le Christ  a posé un acte historique engageant l’humanité dans la voie d’un  nouvel engendrement. Il a, en effet, éclairé le passage qui conduit à la pleine libération de l’homme, à condition qu’il se convertisse au souffle créateur de la vie et finalement à l’Esprit, qui est  le souffle fondamental, capable de libérer chacun des humains, au plus intime d’eux-mêmes.

Etienne Duval

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Published by Duval Etienne
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commentaires

voyance par mail gratuite 01/09/2014 17:05

Je suis de retour sur ton site, toujours aussi envoûtant. Une nouvelle découverte pour moi cette fois, ton blog ! Un moment de bonheur et d'émerveillement. Merci

Yves Bajard 19/04/2014 08:37

Ma méconnaissance des Évangiles m'interdit de prétendre avoir compris l'intégralité du propos ainsi que les commentaires qui l'accompagnent, toutefois il entre en résonance avec deux extraits des "Lettres à Lucilius" de Sénèque qui me tiens lieu de livre de chevet.
Un premier passage où il fait référence à Hécaton (Philosophe grec stoïcien du Ier siècle avant JC) :
"Tu me demandes, écrit-il, quel progrès j'ai fait ? Je suis devenu mon ami." Grand progrès ! il ne sera plus jamais seul. Sache-le, si tu as cet ami-là, tu as le genre humain pour ami. Adieu.(Lettre VI)
De toute évidence, si "l'ici et maintenant" nous permet d'entrevoir ce souffle qui anime toute chose, comment ne pourrais je pas respecter et aimer ce même élan de vie chez celui qui à mes côtés.
Dans la Lettre XXXVI, Sénèque écrit :
"La mort ne cause aucun mal : pour ressentir un mal, il faut exister! Et si tu éprouves un désir aussi vif de prolonger ta vie, songe qu'aucun des objet soustraits à ton regard n'est perdu : ils retournent tous au sein de la nature d'où ils émanent et que bientôt ils retrouveront. Ils cessent d’exister mais ne meurent pas ; et la mort que nous redoutons et fuyons, interrompt notre vie sans pour autant nous l’arracher : un jour viendra où à nouveau nous verrons la lumière. Mais beaucoup refuseraient ce retour si l'oubli ne leur était pas donné en même temps. Plus tard, je te montrerai plus rigoureusement que ce qui semble mourir change seulement de forme. Il faut partir avec sérénité car on doit revenir* .Observe le retour cyclique de certains phénomènes : tu ne verras rien s'éteindre dans l'univers, mais toute chose décliner et remonter alternativement."
*Cela dit, il semble bien que Sénèque n'est jamais fait la démonstration de l'évidence d'une telle Renaissance.

Etienne Duval 19/04/2014 08:57

J'apprécie beaucoup la remarque de Sénèque : "Je suis devenu mon ami" et ainsi j'ai le genre humain comme ami. L'Evangile dit : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même". Il est évident alors que si je veux aimer le prochain, il faut commencer par m'aimer moi-même. Et le Coran ajoute : "Tuer une âme..., c'est comme d'avoir tué l'humanité entière; et faire vivre une âme c'est comme de faire vivre l'humanité entière" (Sourate sur Caïn et Abel, verset 32). Ainsi tuer l'autre c'est se tuer soi-même, en même temps que tous les humains.

Claude 01/04/2014 20:39

Bien compliqué pour moi ces idées : ces vérités sont elles réservées aux spécialistes?
Je ne crois pas.
J'aime dire nos croyances en langage commun, plus partageable, quitte à perdre en finesse sur le sens.
Plutôt que Dieu dire "la Vie",
Plutôt qu'Esprit dire "souffle de Vie" ou "Energie" ou "Instinct de Vie".
Le printemps revient, la guérison arrive, la parole reçue remet en route. Plutôt que Ressusciter dire "Revivre".
Merci.

Etienne Duval 18/04/2014 17:30

Ce que tu exprimes veut tout simplement dire que je n'ai pas été clair. Lorsque ¨Paul dit que le projet du Christ est de libérer la liberté elle-même, cela m'apparaît comme l'accomplissement de toute révolution, dans la mesure où la révolution est une recherche de libération. Pour plus de clarté, il aurait fallu que je mette en clair le texte de Paul lui-même.

Monique Douillet 18/04/2014 17:21

J'ai lu le texte sur le Christ, figure révolutionnaire et je peux dire que je n'ai rien capté de ton processus de pensée, ni sur le souffle et l'esprit ni sur les paroles de Paul au sujet de la circoncision et pas davantage le lien avec l'Ukraine et les pays arabes. Je suis allée lire les autres interventions sur le blog qui m'ont encore plus dépassée, à part la belle lettre de Mozart.

Etienne Duval 15/04/2014 15:34

Je vais répondre point par point au questionnaire que tu me présentes non pas pour me situer par rapport à un professeur mais pour réfléchir avec toi, car c’est cela la problématique d’un blog.
1. Personnellement, je suis toujours optimiste par rapport aux révolutions dans la mesure où je sens la dynamique de la création, portée par l’Esprit, pour amener l’homme à devenir lui-même.
2. Le royaume de Dieu est, pour moi, effectivement, l’accomplissement de la création, car, comme tu l’as compris, je pense que l’Esprit Saint est au cœur de l’évolution humaine. Il y a deux logiques : une logique de la Vie qui symbolise et une logique, en dehors de la vie, qui désymbolise et opère une décréation. Pour le Royaume de Dieu, je pense à la logique de symbolisation.
3. Le sujet n’est sujet que pour autant qu’il fait sa place à l’autre. Je n’évacue pas la Loi au sens noble du terme, car c’est elle qui va me permettre d’inscrire l’autre dans le sujet : « tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
4. La mort fait partie de la vie, avec son coté tragique, et il ne peut y avoir de résurrection que si je commence par lui faire sa place.
5. Je me situe entre la foi de la communauté chrétienne et l’interpellation des non croyants. Je prends au sérieux la foi des Juifs, mais aussi leur non foi, je prends au sérieux la foi des Musulmans mais aussi leur non foi, je prends aussi la foi de la communauté humaine, mais je porte aussi sa part de non foi.

Michel 15/04/2014 15:33

Etienne, voici quelques remarques de premier jet sur ton texte :
1. Je te trouve un peu optimiste dans ton regard sur les révolutions en cours, surtout pour les faire servir de pesée à la révolution du Christ.
2. Je fais partie des craintifs qui pensent qu’il ne faut pas tout mélanger. Le royaume de Dieu est-il purement et simplement l’aboutissement de l’histoire. C’est vrai tu parles d’accomplissement, c’est différent.
3. Qu’est-ce qui requiert que le sujet – l’être soi – soit ouvert à l’autre ? La loi congédiée comme « idéologie » et reconvoquée pour ce rôle ? (Il me semble te l’avoir déjà demandé.)
4. Qu’est-ce-qui requiert qu’une place soit donnée à la mort ? N’y perd-t-elle pas son côté tragique ?
5. D’où écris-tu ?

Mort de Mozart 10/04/2014 09:51

Secret sur la mort de Mozart

Mais alors qui a tué Mozart ? S'il semble bien que le compositeur ait été empoisonné, la vérité est autre : « L'erreur a été de chercher un criminel, avance Michèle Lhopiteau-Dorfeuille... Cet acharné du travail, qui écrivait sa musique "jusqu'à en avoir mal aux doigts", prenait un médicament, la liqueur de Van Swieten, très employée alors pour se redonner des forces, qui n'était en fait qu'une solution de mercure... D'où le goût de métal qu'il disait ressentir parfois ».

Sa mort prématurée pourrait être la conséquence d'une insuffisance rénale engendrée par ce remède. Ce qui expliquerait le changement d'écriture sur les partitions du Requiem : les articulations gonflées, il aurait dicté la suite de son œuvre à un élève (trop médiocre pour en être l'auteur, malgré ses dires). Quant à son enterrement, Mozart eut droit à un cercueil et à quelques amis pour suivre le corbillard. Si son épouse était restée à la maison, c'est que tel était l'usage...

http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/article/documentaire/76775/secrets-d-histoire-leve-le-voile-sur-la-mort-de-mozart.html

Hubert Marrel 18/03/2014 14:43

Ca c'est une super bonne idée... !
Ca fait un moment que "tout ce qui tourne autour la parole du Christ et du reste..." ne me "dit" plus rien... tant je l'ai entendu, repris, médité, que je lis encore tout de même (la phrase journalière de Taizé) mais c'est de plus en plus comme si je me sentais complètement à côté de la plaque de ce à quoi se réfère l'Eglise.
Voilà où j'en suis. Merci Etienne d'amener du nouveau. Je voudrais écrire bien sûr. Mais j'y arrive pas. D'autant que, fils unique, ma maman est partie ce 24 février... J'attends encore un peu pour pouvoir peut-être exprimer quelque chose.
Mais nous avons chaque fois chorale au moment où tu fais tes réunions.
A plus

Etienne Duval 01/04/2014 15:02

J'ai l'impression de vivre maintenant la vie éternelle, comme si j'étais déjà dans le processus de résurrection. Dans toute notre existence, la mort, sous toutes ses formes, se présente tellement comme la condition de la vie et même comme son accélérateur que j'ai peine à croire que tout s'arrête le jour de notre disparition. Et je n'ai donc aucune difficulté à accepter le témoignage ultime du Christ, nous disant qu'il a dépassé les limites de la mort et qu'il est pleinement vivant. Pour moi, la vie éternelle c'est une totale présence à soi, aux autres, à Dieu et une grande attention à ceux qui sont dans les joies et les peines de la vie terrestre.

Josiane Bochet 01/04/2014 14:51

De ton article je retiens la grandeur de penser par soi-même mais aussi la difficulté pour y parvenir tant il me semble que j'ai du mal à échapper aux croyances , à l' idéologie . Exemple l'écologie . Les affirmations non fondées l'emportent souvent sur les
études ... J'aimerais bien aussi te demander ce que tu mets derrière " la vie éternelle " ...
Merci pour toutes tes réflexions qui me décollent du quotidien !

Anne 01/04/2014 08:45

C'est volontairement que je n'ai pas parlé du souffle qui incite, qui éclaire, qui fait écouter (le texte de la tentation de Luc est "encadré" par l'intervention de l'Esprit). J'ai pensé à des personnes peu habituées à décoder l'Ecriture.Je suis toujours aussi rétive pour entrer dans le dialogue via les blogs.Ce n'est pas raisonné;

Amicalement

Etienne Duval 31/03/2014 22:12

Je pense personnellement que Jésus est révolutionnaire dans son lien avec l'Esprit, qui représente le souffle fondamental, susceptible de libérer la vie dans chaque être humain.

Anne 31/03/2014 21:18

Révolution ? Jésus interpelle chacun en tant que personne. Quelq'un qui peut changer, être transformé.

Jésus engage ses interlocuteurs à risquer, à se risquer. A aller à l'encontre du "codifié", rigidifié

Jésus propose de se mettre en accord avec soi-même, de "s'aimer" pour découvrir l'autre, le proche comme un égal, un partenaire dans la quête de l'Amour (donné, reçu du Père)

Jésus libère de tous les conditionnements (race, sexe, métier, etc.), parce qu'il est la Vie, le chemin, la Vérité.

Jésus libère des peurs, de la peur de la finitude (je suis né). Peu à peu il aide à être moins « éclaté », plus ouvert et au quotidien, et à l'inconnu de demain, et à la mort en perspective.

Dans nos déserts, il est l'eau vive, la source intarissable

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