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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 10:29

 

 

L’argent est un grand facilitateur des échanges, mais il n’a pas bonne presse dans le Nouveau Testament et dans un certain nombre de textes symboliques comme les contes eux-mêmes. Il est suspecté d’être une sorte de modèle idéal de l’idole qui vient égarer l’homme comme être de désir. Il faut choisir entre deux maîtres, Dieu ou Mammon. Chacun a en mémoire l’histoire du mauvais riche et du pauvre Lazare (Matthieu 6, 24…). Et Judas trahit son maître, qui était pourtant un ami, soi-disant par amour de l’argent. Enfin dans « Peau d’ours »,  le diable en habit vert a plein de sous dans ses poches et peut en faire cadeau à l’homme qui respectera ses consignes. Par bonheur, le soldat bénéficiaire de ses largesses sait détourner le mauvais sort  qui le menace pendant sept ans d’épreuves en partageant ses richesses avec les plus malheureux. Le militaire triomphe ainsi des tentations de Mammon. Et c’est bien cela qu’il faut retenir : la vraie richesse ne vient pas de l’argent, elle vient du partage.

 

L’homme est un être qui manque

Contrairement aux animaux, l’homme vient au monde dans une véritable nudité, privé provisoirement de ce qui en fera un véritable être humain. Il faudra qu’il dépasse son manque originel en prenant en main sa propre destinée qu’il construira avec le temps. Une telle situation a beaucoup intrigué  les anciens. Ils ont essayé de l’expliquer grâce à des textes mythiques que les hommes n’ont pas su interpréter correctement. Ils ont imaginé une punition liée à une faute originelle. En fait il ne s’agissait pas d’une punition mais d’une promotion, c’est-à-dire d’une sortie de l’animalité. Et, par faute originelle, il fallait comprendre manque originel, comme l’exprime bien le mot « falta » espagnol qui veut dire manque. Contrairement à l’animal, l’homme est un être qui manque et c’est précisément en cela qu’il le dépasse. Je ne voudrais pas balayer d’un trait de plume toute une réflexion qui a pris beaucoup de temps à s’élaborer car il reste vrai que nous pâtissons aujourd’hui de nos errances passées, mais il est encore possible d’inventer d’autres pistes peut-être plus conformes à la réalité.


L’argent n’est pas le remède au manque

Spontanément, nous pensons qu’il faut combler le manque et, dans les contes, le diable est là pour nous offrir la solution de l’argent. Mais le diable a courte vue, car notre manque est structurel et il ne peut véritablement être comblé. Il ne réfléchit que par rapport au passé et notamment par rapport aux lois de l’animalité. En réalité le manque est la richesse de l’homme car il engendre l’avenir et celui que nous nommons le diable est celui qui manque du manque et qui nous enferme dans une stérilité régressive.

 

Le manque est d’abord le moteur du désir

Comme nous l’avons déjà souligné, l’homme est un être de désir, c’est-à-dire un être qui aspire à devenir ce qu’il n’est pas encore. C’est donc dans le manque qu’il puise son élan : autrement dit, le manque est là pour le féconder. Dans le mythe égyptien d’Isis et d’Osiris, la grande Isis est fécondée par le sexe manquant d’Osiris et, dans la théologie chrétienne, la virginité de Marie vient souligner que l’être divin n’est pas engendré par l’homme mais par l’Esprit Saint.

Mais pour faire surgir un désir humain, le manque ne suffit pas car le désir risque de s’enfermer sur lui-même. Il faut y ajouter l’interdit qui se présente comme un obstacle à franchir pour faire naître la relation à l’autre en donnant naissance à la parole. Le désir humain est fondamentalement désir de l’autre et c’est cette ouverture à l’autre que l’interdit est chargé de provoquer.

 En fait l’interdit n’est qu’un temps d’attente pour que le désir puisse ensuite poursuivre sa route. Après avoir donné son espace à l’interdit il appartient ensuite à l’homme de le transgresser pour provoquer un nouveau sursaut dans l’élan du désir.

 

L’ennemi d’une vraie réalisation du désir est la toute-puissance sous toutes ses formes

Le désir n’en a pourtant pas fini avec les obstacles qui se dressent sur sa route. L’un des plus importants est la toute-puissance ; il ne laisse pas de place à l’autre et finit par détruire l’élan créatif de l’homme porté par le désir, qui est fondamentalement désir de l’autre. En ce sens, l’un des textes les plus importants de la littérature mondiale, à savoir le récit du sacrifice d’Isaac ou d’Ismaël, transformé en sacrifice d’Abraham, vient éclairer notre route : ce n’est pas l’enfant qui est à sacrifier, mais la toute-puissance du père qui l’empêche de devenir père à son tour. En même temps la toute-puissance de la victime, davantage mise en relief dans le Coran que dans la bible, n’a plus aucun sens, car  le Dieu d’Abraham Lui-même s‘est défait de sa toute-puissance apparente pour refuser tout sacrifice sanglant et toute humiliation de l’homme, qu’il s’agisse du fils ou du père.

 

L’homme ne peut faire fonctionner l’économie grâce à son désir que s’il se débarrasse de la toute-puissance de l’argent

Nous sommes bien placés, en ce temps de crise, pour reconnaître les méfaits de la toute-puissance de l’argent, qui réduit l’homme en marchandise. L’économie, chargée d’assurer le meilleur environnement matériel et social de l’homme, ne peut remplir sa noble fonction que si elle accepte de remettre l’argent à sa place, le faisant passer du statut de maître au statut de serviteur. La toute-puissance de l’argent nous aliène et contrarie le devenir de l’économie en crise. En réalité la soi-disant toute-puissance de l’argent ne fait que voiler la toute-puissance de ceux qui le manipulent à leur profit et au détriment de tous les autres. La toute-puissance de l’argent érigé en système n’est qu’un alibi monstrueux pour leur permettre de tirer les marrons du feu. Il appartient au politique, aidé par l’expertise d’économistes compétents, de contrarier le jeu des manipulateurs tout-puissants et de permettre à l’argent de se mettre au service de l’homme.

 

Même s’il peut favoriser la toute-puissance de l’homme, l’argent peut aussi féconder l’économie grâce à l’investissement

Lorsqu’il n’est pas transformé en idole, l’argent peut nous rendre des services prestigieux : non seulement il favorise un développement des échanges dans l’espace mais il permet aussi dans le temps la création de nouvelles richesses grâce à l’investissement. Sans la fécondation de l’investissement, l’économie est vouée au ralentissement et à la stérilité. Dans le conte chinois « Echange et partage », l’un des personnages se demande pourquoi ses orangers au feuillage magnifique ne produisent aucun fruit. Le dieu de l’Ouest consulté en Inde lui fait dire d’enlever les sacs d’or et d’argent enfouis à la racine des arbres. L’argent accumulé ne produit rien. Il ne devient une semence productive que lorsqu’il est investi. Ayant compris la leçon, le propriétaire d’orangers, aidé par son messager, retire son précieux magot enfoui dans la terre pour le mettre au service de sa plantation. Aussitôt l’eau arrose le verger et les orangers produisent des fruits magnifiques.

 

Seul le partage avec l’autre, y compris dans la connaissance et la recherche, produit une vraie richesse

Pour produire une vraie richesse, il convient de rejoindre l’élan de la création qui nous précède. Or, dans son dynamisme interne, comme le dit Bergson dans « L’évolution créatrice », la nature « ne procède pas par association et addition d’éléments, mais par dissociation et dédoublement ». Elle fait surgir ce qui est nouveau et le multiplie en partageant (en divisant).

 Dans l’Evangile, la multiplication pains n’est pas seulement une démonstration de la puissance du Christ, elle est surtout une révélation du miracle de la création toujours présente. Pour nourrir la foule, la solution de l’argent n’est pas la bonne. Mieux vaut entrer dans la dynamique du partage qui est aussi dynamique de la création, même s’il n’y a au départ que cinq pains d’orge et deux menus poissons. Sans doute s’agit-il d’une métaphore, mais elle dévoile un chemin ouvert à tous les hommes pour construire leur avenir, qu’il soit matériel  ou spirituel, qu’il s’agisse de travail technique, de formation ou de recherche. Le miracle de la création est toujours offert pour que l’homme puisse devenir lui-même créateur et accomplir son destin.

 

La dynamique de l’économie suppose un juste partage entre celui qui investit et celui qui travaille

Pour simplifier nous dirons que celui qui investit est celui qui offre l’instrument de travail. Or, depuis tous les temps, les rapports entre propriétaire (investisseur) et travailleur ont toujours été problématiques. Dans le conte chinois « Echange et partage », apparemment très ancien, c’est une telle question qui a mis en éveil un jeune paysan : pourquoi ne gagne-t-il pas sa vie sur un lopin de terre concédé par un propriétaire exigeant, alors qu’il travaille durement. Il faudra la durée d’un pèlerinage en Inde et l’éclairage énigmatique d’un dieu pour trouver une solution à son problème. Le propriétaire ne veut pas entrer dans la loi du partage : il n’accepte pas de partager avec celui qui travaille sur une partie de ses terres, le tenant complètement à sa merci. D’après le conte, la toute-puissance du propriétaire ou de l’investisseur semble être à la racine des différentes toutes-puissances qui brident l’économie. C’est pourquoi elle est incompatible avec un système basé sur le partage créateur. Dans le conte, les grands propriétaires finissent par mourir parce qu’ils n’ont plus leur place.

 

La production de richesses n’aboutit réellement que si elle favorise la construction du sujet

Si les individus entrent dans l’élan de la création, grâce au partage, la production de biens et de  services contribue aussi à la construction de sujets. Nous n’en sommes pas encore là, même si quelques prémices laissent entrevoir une telle perspective. Et pourtant la constitution du sujet est devenue aujourd’hui une exigence politique, du fait de la mondialisation, qui pourrait contribuer à broyer les individualités si certaines précautions ne sont pas prises à temps. Dès maintenant nous sommes mis au pied du mur pour avancer en sortant de la crise. Nous entrons dans un système d’interactions  et il nous appartient de faire en sorte que ces interactions se fassent dans la dynamique du partage en mettant fin progressivement aux toutes-puissances ; elles contrarient l’ouverture à l’autre et la construction de véritables sujets.

Etienne Duval

 

 

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commentaires

fer 12/06/2014 04:10

http://VisitsToMoney.com/index.php?refId=467872

Gilles D. 13/01/2014 21:52

Bonsoir Etienne ; j'ai pris le relais des Revues d'Olivier ; son blog étant encore en panne. Et du coup, cet article est déclaré chez moi. A vous lire !

Etienne Duval 03/02/2014 17:36

Il me semble que Michel Serres nous dit une chose décisive ; " Si nous vivons une crise, aucun retour en arrière n'est possible. Il faut donc inventer du nouveau". La vie invente la vie. Et si nous l'avions oublié !

Qu'en pensez-vous ?

Temps des crises 03/02/2014 11:25

Temps des crises :
Entretien Michel Serres / Jacques Paugam Canal Académie

« Mais que révèle le séisme financier et boursier qui nous secoue aujourd'hui ? Si nous vivons une crise, aucun retour en arrière n'est possible. Il faut donc inventer du nouveau ». Dans ce livre, Michel Serres, entend relativiser l’importance de la crise économique et financière qui sévit depuis 2007. Notamment vis-à-vis d’autres bouleversements majeurs, intervenus depuis la fin de la seconde guerre mondiale et importants au point d’avoir été passés sous silence. Mais il est bien connu que les nouveautés arrivent « comme un voleur dans la nuit » (Saint Paul) ou sur des « pattes de colombe » (Nietzsche) rappelle Michel Serres.

Parmi ces changements décisifs, l’écrivain cite :
- L’effondrement quasi vertical du nombre d’agriculteurs :
Et des professions associées, qui ne concernent plus aujourd’hui que 1.7% de la population contre 60 à 75% aux alentours 1900. C’est en ce sens que la fin du XXe siècle a sonné « la fin du néolithique » selon Michel Serres, la domestication d’espèces de la faune et de la flore par les hommes ayant commencé au cours de cette période préhistorique.

- La mobilité des personnes et des choses :
Dans les années 2006-2007, la moyenne de distance d’origine des marchandises présentes dans un grand magasin américain était déjà de 8 à 10 000 km. De même, en 2008, les compagnies aériennes ont transporté un tiers de l’humanité.

- Les progrès de la santé et la révolution des pratiques médicales.
Depuis les années 50 à 70, avec l’arrivée des antibiotiques et des sulfamides, les maladies infectieuses sont sinon éradiquées, du moins efficacement soignées. Ce qui forme un contraste considérable avec la période pré-seconde guerre mondiale, au cours de laquelle, sur dix patients, un médecin recevait au moins trois syphilitiques et quatre tuberculeux, comme le rappelle M. Serres. Le progrès est d’autant plus évident en ce qui concerne la douleur dont on n’imagine pas à quel point elle pouvait être une expérience inévitable et quotidienne, par le passé …

Vous pouvez poursuivre l’entretien audio : Michel Serres / Jacques Paugam autour de Temps des crises à l’adresse suivante : http://plusconscient.net/societe/77-francais/278-michel-serres-temps-des-crises

Michèle Vallet 03/02/2014 09:34

TERRE du CIEL – Lyon, en collaboration avec Colibris 69 Reliance et La Monnaie locale, vous invite à la conférence de


Philippe LECONTE

(ancien président du conseil de surveillance de la NEF , coopérative de finances solidaires)



le jeudi 20 février -19 h 30 -

à la MJC Laennec-Mermoz

21 rue Genton 69008 LYON

métro Mermoz



« Combattre l'argent rare et redonner à l'argent ses fondements humains »

Quel sens fondamental donnons-nous à l’argent ? Retrouve-t-on aujourd’hui ce sens dans notre système économique et financier ? L’argent est il un moyen ? Un objectif ? Contribue-t-il à ouvrir un chemin concret de détente du tissu social et d’actions citoyennes ?



Place : 5€ - réservation très conseillée (places limitées) sur contact@lyon-terreduciel.org

(Votre réservation sera valable jusqu’à 19h 15)



Terre du Ciel- Lyon - 21 ter, Av. du Point du Jour 69005 Lyon - Tél 09 81 104 164

Un autre anonyme 02/02/2014 10:08

J'aimerais savoir quelle idée on peut tirer de cette histoire pour la solution de crise actuelle.

Anonyme 02/02/2014 09:08

Le Vieil Homme qui plante de l'Or

Il était une fois un Padicha cruel qui se livrait jour et nuit à des orgies.
L'Etat déclinait de jour en jour. Le peuple était si pauvre que dix familles n'avaient qu'une seule marmite. Le Padicha et ses ministres ne s'en souciaient nullement et continuaient à l'exploiter.
Les simples gens étaient à bout de patience. Un jour, ils se réunirent pour se consulter. L'un dit:
- Pourquoi ne présente-t-on pas une supplique au Padicha pour lui demander de réduire un peu les impôts et taxes excessifs?
Tout le monde fut d'accord avec lui. A ce moment-là, un vieil homme sortit de la foule en disant:
- Je crois que la supplique ne servirait à rien. Ce n'est pas que le Padicha ignore notre souffrance, c'est qu'il ne veut pas la soulager. J'ai une idée qui pourrait faire tomber le Padicha dans un piège...
Intrigué, on lui demanda:
- Dis voir qu'elle est ton idée ?
Le vieil homme répliqua:
- Ne m'en demandez pas plus. Si on avait de l'or, je pourrais tout arranger.
Tout le monde lui fit confiance et il réussit à trouver 20 kg d'or. Le vieil homme l'enterra sous un tas de sable près d'un chemin où le Padicha passait chaque fois qu'il partait pour la chasse au jour saint.
Ce jour-là, le Padicha et ses ministres sortirent de la ville pour aller chasser. Le vieil homme s'assit sur le sable, faisant semblant de le cribler avec soin. Par curiosité, le Padicha s'approcha de lui:
- Qu'est-ce que tu fais là?
- Oh, Votre Majesté! Un dicton dit: "Celui qui a un métier sera toujours joyeux, celui qui n'en a pas restera pauvre." Je suis en train de faire mon métier!
En entendant cela, le Padicha s'étonna:
- Quel est ton métier?
- Mon métier est merveilleux. Toutes les semaines, je plante de l'or sur ce sable et je le récolte au jour saint, répondit le vieil homme.
Ne comprenant toujours pas, le Padicha demanda:
- Comment peux-tu le récolter? Le vieil homme continuait à cribler et dans son crible apparut de l'or brillant. Le Padicha le regardait, les yeux grands ouverts.
Constatant la convoitise du Padicha, le vieil homme lui dit:
- Votre Majesté! Vous voyez, c'est un bon métier, malheureusement je n'ai pas beaucoup de capital pour planter!
Le Padicha crut qu'il tombait au bon moment et dit:
- Dans ce cas-là, je te fournis de l'or et on cultive ensemble.
Le vieil homme accepta avec plaisir. Le lendemain matin, il obtint 10 kg d'or fourni par le Padicha. Au jour saint, il y ajouta encore 10 kg et offrit le tout au Padicha.
Le Padicha était ravi d'avoir vu sa mise doubler. Pourtant il était encore un peu sceptique. Il lui donna alors 10 kg d'or pour faire un nouvel essai.
Au jour saint suivant, le vieil homme offrit à nouveau au Padicha 20 kg d'or.
Cette fois, le Padicha lui fit complètement confiance et voulut planter en abondance. La décision prise, il lui donna la clé du trésor d'état.
Le vieil homme distribua de l'or au peuple. Au jour saint, il se présenta tout en pleurant devant le Padicha qui lui demanda précipitamment ce qui s'était passé; cependant le vieil homme pleurait de plus belle.
- Hélas! Votre Majesté, l'or que j'ai planté est mort de sécheresse!
Hors de lui, le Padicha hurla:
- Ce n'est pas vrai, je ne crois pas que l'or puisse mourir de sécheresse!
Très calme, le vieil homme répondit:
- Votre Majesté, puisque vous pensez qu'on peut planter de l'or dans le sable, comment ne croyez-vous pas qu'il puisse mourir de sécheresse dans le sable! C'est le ciel qui décide. Nulle chose n'est assurée d'une bonne croissance. Espérons une récolte abondante la prochaine fois.
Sur ce, le Padicha ne sachant où donner la tête ne trouva rien à répliquer.

Fin de l’histoire.

Monique Douillet 13/01/2014 17:30

Bonjour Etienne,
Je n'ai pas su comment rédiger une intervention à partir de mes commentaires sur ton écrit.
Mais les voici, sur celles de tes phrases qui m'ont interpellée à la lecture.


" Et, par faute originelle, il fallait comprendre manque originel, comme l’exprime bien le mot « falta » espagnol qui veut dire manque".

Oui, voilà qui change tout !

Dans le midi de la France (sans doute traduction de l’occitan) j’ai souvent entendu, « cela me fait faute » pour me manque.

Alors, que lui manquait-il à Ève ?

Mais c’est bien le diable qui lui a procuré !



"Le diable est celui qui manque du manque et qui nous enferme dans une stérilité régressive."

Donc le diable donne, il « gâte » l’homme ? Un enfant gâté ne désire plus rien. Quant au diable, ne désire-t-il plus rien ? Si, supplanter Dieu.



"Le désir n’en a pourtant pas fini avec les obstacles qui se dressent sur sa route. L’un des plus importants est la toute-puissance."

Je dirais le seul.

"En réalité la soi-disant toute-puissance de l’argent ne fait que voiler la toute-puissance de ceux qui le manipulent à leur profit et au détriment de tous les autres."

Oui, à mon sens le désir de toute puissance est le vrai problème, plus fort que celui de l’argent !

L’argent n’est qu’un des moyens d’obtenir la toute puissance.

Avec la toute puissance l’homme aspire à se mesurer à Dieu.

À partir d’un certain niveau de fortune, l’argent se développe de façon exponentielle, il n’est plus besoin de courir après, et ceux qui l’ont atteint ne désirent plus rien. J’avais lu, sous les années Giscard d’Estaing, un roman de Françoise Chandernagor qui mettait en scène le cercle des hommes les plus puissants du monde. Ces hommes ne se mêlaient plus aux autres, se tenaient à l’écart des festins, ne mangeaient que des pâtes et buvaient de l’eau, ils n’avaient plus aucun désir de consommation, seule l’accession au pouvoir suprême les guidait.



"Le dieu de l’Ouest consulté en Inde lui fait dire d’enlever les sacs d’or et d’argent enfouis à la racine des arbres. L’argent accumulé ne produit rien. Il ne devient une semence productive que lorsqu’il est investi."

Oui, au reste, les sacs d’or seront offerts au pèlerin qui va les employer pour le partage .(Mais les sages ne font pas long feu au pouvoir.)

Etienne Duval 13/01/2014 17:59

Jacques, je vois que tu t'amuses comme un chat, non pas à tirer les marrons du feu, mais à tirer sur les fils du texte comme s'il s'agissait d'une pelote de laine. Je n'en suis pas fâché pour autant !

Jacques Besombes 13/01/2014 17:48

TIRER LES MARRONS DU FEU
Ci-dessous quelques éléments relatifs aux aventures paradoxales d’une expression courante.
Sens initial :
Entreprendre quelque chose de risqué ou dangereux pour le profit de quelqu'un d'autre.
Sens d'aujourd'hui :
Tirer avantage d'une situation pour soi-même, parfois malhonnêtement.


Cette expression est citée dès 1640 sous la forme 'tirer les marrons du feu avec la patte du chat'.
Mais elle a été popularisée par Jean de la Fontaine dans sa fable 'Le singe et le chat'.

Le Singe et le Chat

Bertrand avec Raton, l'un Singe et l'autre Chat,
Commensaux d'un logis, avaient un commun Maître.
D'animaux malfaisants c'était un très bon plat ;
Ils n'y craignaient tous deux aucun, quel qu'il pût être.
Trouvait-on quelque chose au logis de gâté,
L'on ne s'en prenait point aux gens du voisinage.
Bertrand dérobait tout ; Raton de son côté
Etait moins attentif aux souris qu'au fromage.
Un jour au coin du feu nos deux maîtres fripons
Regardaient rôtir des marrons.
Les escroquer était une très bonne affaire :
Nos galands y voyaient double profit à faire,
Leur bien premièrement, et puis le mal d'autrui.
Bertrand dit à Raton : Frère, il faut aujourd'hui
Que tu fasses un coup de maître.
Tire-moi ces marrons. Si Dieu m'avait fait naître
Propre à tirer marrons du feu,
Certes marrons verraient beau jeu.
Aussitôt fait que dit : Raton avec sa patte,
D'une manière délicate,
Ecarte un peu la cendre, et retire les doigts,
Puis les reporte à plusieurs fois ;
Tire un marron, puis deux, et puis trois en escroque.
Et cependant Bertrand les croque.
Une servante vient : adieu mes gens. Raton
N'était pas content, ce dit-on.
Aussi ne le sont pas la plupart de ces Princes
Qui, flattés d'un pareil emploi,
Vont s'échauder en des Provinces
Pour le profit de quelque Roi.


On y voit le chat Raton retirer du feu au profit du singe Bertrand les marrons qui y grillent.
Le fait que l'expression ait été abrégée a pu contribuer à en fausser l'interprétation.
http://www.expressio.fr/expressions/tirer-les-marrons-du-feu.php
Locution verbale

Jacques Besombes 13/01/2014 17:46

Etienne,

J'ai bien lu ton texte, je n'ai rien à redire si ce n'est ... que je continue à me méfier des mots surtout quand ils deviennent supports de notions aussi abstraites : ARGENT, MANQUE, DÉSIR TOUTE PUISSANCE ou bien SUJET mot qui persiste à me faire penser à ASSUJETTI et dont les sens courants sont assez différents de celui que tu lui donnes :




sujet, nom
Féminin ette.
Sens 1 Personne dépendante, soumise à une autorité. Ex Les sujets du roi. Anglais subject




sujet, nom masculin

Sens 1 Matière, thème, ce qui est en question. Ex Un sujet de conversation. Synonyme matière Anglais subject

Sens 2 Cause, motif, raison. Ex Un sujet de dispute. Synonyme cause Anglais cause

Sens 3 Etre vivant sur lequel on pratique des expériences, des analyses, des observations... [Biologie]. Ex Le sujet est en forme. Synonyme cobaye Anglais subject

Sens 4 Fonction grammaticale qui donne au verbe son genre et son nombre [Grammaire]. Ex Le sujet de la phrase. Synonyme article Anglais subject




Tu trouveras en outre en fichier joint et juste pour s'amuser quelques articles courts relatifs à l'INVERSION DE SENS de certaines expressions dont celle que tu as utilisé dans ton texte au sens dit "actuel" : TIRER LES MARRONS DU FEU.

Amicalement, à bientôt,

Etienne Duval 13/01/2014 17:40

Merci Monique de ton application à lire le texte et à donner tes commentaires.

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