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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 16:02

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/28/Parson_Russell_Terrier.jpg/250px-Parson_Russell_Terrier.jpg

 

Whisky, le chien du Bon Dieu

 

Je viens de découvrir que le Bon Dieu a un chien : il s’appelle « Whisky ». Vous pensez qu’il s’agit du fruit de mon imaginaire. Non c’est la pure et simple réalité.


Le compagnon

Elisabeth, une voisine, vient de rentrer d’une maison de repos. Mais une grave maladie la tient encore prisonnière dans son appartement.  Bien plus son mari est mort, il y a un peu plus de deux mois. Il avait peur de voir disparaître sa compagne et le sort a voulu qu’il s’en aille sans crier gare, après quelques semaines de clinique. Elisabeth reste seule, mais non pas tout à fait, car elle a, avec elle,  le petit chien Whisky.


Les promenades de Whisky

Avec Maria, une autre voisine, nous nous consultons. Il faut faire quelque chose. Qui va s’occuper des courses et surtout qui va promener le chien ? Vraiment, je ne me vois pas emmener cette petite bête dans la cour intérieure. J’aurais l’air trop ridicule. Ce sera tout mais pas ça.  C’est alors qu’en imagination, j’aperçois le mari disparu, qui me fait les gros yeux. Avec le temps, il était devenu un ami. Je ne peux supporter le reproche de l’au-delà : je suis obligé de faire le saut. Oui c’est d’accord, j’accompagnerai Whisky pour une ou deux promenades journalières.


Whisky, grand personnage

Alors, me voilà avec la laisse dans les mains et le petit chien qui trottine derrière moi. Les habitants sont étonnés ; ils reconnaissent l’animal, l’interpelle et lui font des caresses. Malgré sa petite taille, Whisky est un grand personnage, beaucoup plus important que je ne le suis moi-même. Mais quand même sa réputation rejaillit sur moi. Je deviens celui  qui l’accompagne dans sa promenade, autrement dit son homme de compagnie. C’est un monde bien étrange que je suis en train de découvrir.


Le tisseur de relations

Dans la cour intérieure où je m’engage, il y a d’autres chiens. On dirait qu’ils se sont donné rendez-vous. Là ils sont les rois et deviennent le centre de toutes les conversations : « Alors, ma petite fille, comme tu es belle !… César a été malade cette nuit, je ne pouvais l’empêcher d’aboyer… ». Et puis, de fil en aiguille, chacun passe aux nouvelles de la famille. D’autres relations s’ébauchent entre les propriétaires des petits animaux. Manifestement, sans le vouloir, le chien est un merveilleux passeur. Comme l’araignée qui tisse sa toile, il tisse des liens entre les habitants, quelle que soit leur condition sociale. Grâce à Whisky, je donne des nouvelles d’Elisabeth. Elle sort de l’anonymat et trouve une place nouvelle et un peu privilégiée dans la communauté des habitants que les chiens, avec d’autres, et en particulier les enfants, contribuent à construire.


L’odeur du paradis

C’est drôle comme quoi Whisky m’interpelle sur les questions les plus fondamentales. On dirait qu’il connaît la voie des humains au point de devenir leur guide dans les situations difficiles. Il peut être le guide des aveugles que nous sommes. Il paraît que, depuis très, très longtemps, Dieu Lui-même a confié au chien le soin d’emmener les hommes jusqu’au paradis. C’est en tout cas, ce que nous révèle un conte mauritanien.

L'ancêtre du chien avait manifesté à l’homme, son maître, une grande fidélité. Il lui gardait sa maison, son troupeau, il l'accompagnait partout et ne lui coûtait presque rien, car, pour sa nourriture, le chien se contentait des restes de son maître. L’homme l'aimait beaucoup et l'avait pris comme son compagnon de tous les jours. Toute leur vie, ils avaient vécu ensemble sans aucun problème.

Dieu fut tellement ému et content de cette amitié que le jour de leur mort, car ils étaient morts le même jour, Il décida de leur donner la plus grande des récompenses : le Paradis.
L'homme et son chien, très contents, prennent donc la direction du Paradis ; l’homme devant, le chien derrière. Quand ils arrivent à la porte, l'homme entre, avance un moment puis se retourne pour regarder son chien. Il le voit debout devant la porte, la tête dedans et le reste du corps dehors. Il l'appelle lui demandant de se dépêcher pour entrer, le chien répond :
- « Il me suffit de respirer l'odeur du paradis ». Et il se dépêche de rebrousser chemin…

http://www.conte-moi.net/contes/chien-et-ses-compagnons

Et depuis, il se laisse toujours guidé par cette odeur exquise venue d’on ne sait où, qui, depuis les temps les plus anciens, ne l’a jamais quitté.


Du flair du chien au flair de l’homme

Personnellement, je pense qu’avec son flair, le chien a un sens que nous avons perdu. Il ne se laisse pas conduire par les méandres du raisonnement, il va droit au but, « au bout de son désir », passant, grâce  à son instinct, de l’inconscient au conscient, de l’invisible au visible ou du visible à l’invisible. Naturellement plein de compassion pour les hommes, il nous enseigne que l’attention à l’autre est le moyen privilégié pour se trouver soi-même et que la fidélité est une vertu majeure pour la vie en société. Sans même le vouloir, il nous invite à sortir de notre cécité, à passer du flair du chien au flair de l’homme, guidés par « l’odeur » enfouie d’un amour indicible qui nous précède.

Etienne Duval

 

Télécharger Whisky

 

 

 

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Published by Duval Etienne
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Le chien de Saint Augustin 10/11/2013 20:55

Pontage de l’abandon

Ces deux opérations ne concernent pas seulement l’évolution des choses, des images et des signes, mais aussi la notre, historique, collective, relationnelle, intime, psychique, religieuse, subjective, pathétique, colérique et amoureuse, enthousiaste et désespérée.
Nous nous élevons vers le haut (altus) grâce, certes, aux aliments (alo, qui signifie nourrir, alimenter, donc faire croître), mais aussi, mais surtout, par nos réunions et nos séparations, par nos relations et leurs déchirements, nos plaisirs et nos chagrins d’amours et ruptures, rires et sanglots. Nous nous approchons pour aimer, pleurons de nous désunir.
La naissance, le sevrage, le départ le matin à l’école, l’adolescence, le début dans la vie, l’amour même, quelquefois, où l’amertume suit les répits au paradis, le divorce, la maladie, la douleur, l’agonie, la mort…autant de coupures successives, cruelles, inévitables, qui cassent nos existences de dures souffrances. Depuis que nous nous séparâmes du ventre de notre mère, sue l’angoisse notre chair d’éclipse et de déréliction. Première et constante, ô douleur universelle des enfants, des femmes et des hommes : l’abandon. Nous en consolerons-nous jamais ?
Si toi aussi tu m’abandonnes, à qui confierai-je désormais mon espérance ? Eli, Eli, lama sabactani, mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Pourtant, nous survivons à ces déchirures, nous continuons par delà ces discontinus, nous grandissons que de les dépasser. Blessés pour toujours, nous ne cessons pas de nous recoudre pour survivre, c’est à dire vivre plus. Par systoles et diastoles notre cœur, brisé, recollé, bat.
Coupure, dures ; douces coutures, déchirures dures raccommodements doux.
Qu’ai-je à raconter, sinon ce courage là ?
Je n’en aurai jamais vécu d’autre.

Ma voisine déchirure, tu es ma prochaine et ma lointaine, mon entaille et mon attache, sécatrice et cicatrice, ma réunion et tes abandons, ta présence et mon absence, tu es ma mort et ma vie, mon mal et mon bien, c’est à dire Dieu et mon amour.

Ce qu’il faut s’enquiller de dureté pour se faire doux !
MICHEL SERRES.
Saint-Emilion Pâques 2007

En un clique vous verrez : Le chien de Saint Augustin

Des chiens qui chantent Noël 08/12/2013 09:07

Cliquez !

Etienne Duval 28/11/2013 08:19

Il me semblait bien, et je l'ai souligné, qu'il y avait un lien entre le chien et la psychanalyse. Pour être un bon psychanalyste, il faut avoir du flair comme le chien. Les chiens semblent ressentir certaines choses bien avant que nous en ayons conscience.

Sigmund Freud et ses chiens 27/11/2013 21:24

L’amour de Freud pour ses chiens est un fait souvent marginalisé dans le corpus critique de sa vie et de son œuvre. La cynophilie du grand maître de la psychanalyse est relégué à l’anecdotique, comme un trait négligeable, digne d’intérêt uniquement en ce qu’il peut apporter aux matières plus élevées, plus profondes. L’élément canin a fait son apparition relativement tard dans la vie de Freud, ce qui ne diminue aucunement l’impact que l’animal aura eu sur lui, ce qui, en fait, l’aura augmenté, grâce à une certaine concurrence de circonstances historiques et personnels.
C’est en 1925, par le biais de sa fille Anna, que le septuagénaire a connu son premier coup de foudre canin. Souhaitant un compagnon de promenade, Anna acquit alors Wolf, un berger allemand magnifique et intelligent avec qui Freud forma un lien d’amitié si intense qu’il suscitait en Anna une petite crise de jalousie, comme en témoignent ces lignes écrites par elle la même année :
Je n’ai pas donné de cadeau à papa pour son anniversaire parce qu’il n’y a aucun cadeau approprié pour l’occasion. J’ai simplement apporté une photo de Wolf que j’ai prise à la blague, parce que j’affirmerai toujours qu’il a transféré la totalité de son intérêt pour moi sur Wolf. Ça lui a beaucoup plu.

Dorénavant, à l’occasion de son anniversaire, ses chiens lui offraient un poème écrit par Anna sur des bouts de papier qu’elle plaçait sous leur collier. La photo de Wolf resta accrochée au mur de son bureau de Berggasse 19 en 1938, quand, menacé par le régime nazi, Freud a quitté Vienne pour Londres…

Pour lire la suite de cet article cliquez sur le titre
" Sigmund Freud et ses chiens "

Etienne Duval 27/11/2013 10:04

Whisky est un caniche adorable, mais je me suis souvent promené avec le beauceron d’un ami et cet animal plus puissant, apparemment plus proche du loup, attirait encore davantage les passants et jouait très bien son rôle de passeur et de médiateur.

Comme tu le suggères, il y a un désir plus ou moins inconscient de la rencontre avec le loup, car il s’agit d’une rencontre avec nous-mêmes, avec la violence qui nous constitue et qui donne naissance à la parole. En ce sens, nous sommes tous un peu chaperons rouges. Et le conte dit bien que le loup est notre père… C’est bien un peu aussi notre violence originelle que révèlent les manifestations des bonnets rouges, complètement différents des chaperons rouges, car la violence originelle continue à nous constituer, mais elle ne peut trouver son rôle qu’en nous montrant le chemin de la parole et de la négociation.

Le mystère du chien, c’est qu’il ne parle pas, et pourtant il nous apprend à parler !

Jean-Claude Boulliat 27/11/2013 10:03

Merci pour cette belle histoire ! Oui, belle car le chien est ici un passeur, un médiateur, un créateur involontaire (?) de relations, un chemin vers l'ivresse c'est à dire la joie de la relation. Merci Whisky ! Cela n'est pas toujours le cas. Cela dépend sans doute de la taille et de la race du chien ainsi que de l'humeur du maître. Ne dit-on pas "tel chien tel maître..."? Il y a naturellement un effet de miroir entre le chien et le maître. Celui qui se promène avec un Chow-Chow à la tête de lion et à la langue bleue n'a sans doute pas les mêmes sentiments que celui ou celle qui se promène avec un Yorkshire terrier, ou un chien des pharaons à tête d'Anubis, ou un lévrier d'Irlande qui peut mesurer jusqu'à 90cm au garrot, ou un Dalmatien, ou un Griffon-Singe, ou un Bullmastiff ou un Rottweiler...Autant d'hommes ou de femmes, autant de sentiments, autant de chiens...Nous ne savons pas toujours qu'il y a 300 races de chiens domestiques, autant que de variétés de fromages en France ! Autant d'hommes, autant de palais, autant de chiens, autant de chemins vers le paradis...
Et pourtant tous les chiens domestiques descendent d'un ancêtre commun:le Loup. Pour les hommes on cherche encore. Apprivoiser le chien ne serait-il pas une façon d'apprivoiser le loup qui somnole toujours, s'éveille souvent et court parfois en nous et hors de nous ? Pourquoi depuis 12000 ans l'homme a-t-il besoin d'un chien comme compagnon pour maîtriser et combattre le loup qui court à travers l'humanité, derrière ses troupeaux et ses chaperons rouges.
Mais quel esprit pousse les chaperons rouges à s'aventurer seuls et sans chien dans les forêts des origines ?
Désir de la rencontre du loup ? Dernier bouc émissaire des chiens domestiques, ancêtre rejeté dans la forêt des mystères, tenu aux marges de nos cités et de nos vies et restant condamné à la vie sauvage ?
Le chien rassure et le loup fait peur et pourtant ils ont la même origine. Ils accompagnent ou ils poursuivent toujours dans les mêmes buissons des mêmes sentiments les mêmes chaperons rouges.

Au fait Whisky est-il un Kyi Leo, un Épagneul King Charles, un Chihuahua, un Bichon, un Caniche, un Shih Tzu, un Lhassa Apso, un Spitz...? Si nous pouvions savoir sa tête et sa taille...nous le suivrions plus facilement sur le chemin du paradis...!

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